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Yann Chateau : « cette première étape s’annonce passionnante »


Pour la deuxième année consécutive, le Normand Yann Chateau officie au rôle de directeur de course de la Solitaire du Figaro Paprec. Comme le veut la tradition, c’est donc à bord d’un bateau - le catamaran WeExplore de Roland Jourdain cette année -, qu’il veillera au plus près des concurrents sur le bon déroulement de l'épreuve. À la veille du Grand Départ de Caen au large de la Cote de Nacre pour rejoindre Kinsale en Irlande, il nous livre son regard avisé sur la première des trois étapes de cette 54è édition dont il dessiné les parcours.


Quelles sont d’abord les conditions attendues pour le parcours côtier au large d’Ouistreham ?

« Pour ce premier départ, les conditions sont relativement claires sur l’ensemble des modèles. On attend un vent de Nord-Ouest de 12 à 15 nœuds très favorables pour ce parcours côtier qui devrait durer environ une heure. Il consistera en un grand bord de près d’environ 2 milles nautiques, avant une descente vers la bouée en bout de ligne. La flotte poursuivra ensuite vers une marque plus au large, la bouée Ouistreham qui matérialisera la fin de de ce premier Trophée Paprec. »


Et dans quelle configuration météo attendez-vous jusqu’à Kinsale ?

« Cette première étape s’annonce assez passionnante au regard de la série des systèmes météo qui vont se succéder. Les concurrents vont partir avec un flux de Nord-Ouest, avant l’arrivée d’une dépression qui va passer dans le Nord des îles britanniques dans la journée de mardi. Les marins auront déjà fait deux traversées de la Manche dans un vent de secteur Ouest, variable entre 10 et 20 nœuds. Ce nouveau système va apporter un flux soutenu de Sud, se renforçant au fur et à mesure qu'il prendra de la droite pour se stabiliser de nouveau au Nord-Ouest. On attend 25 nœuds en Mer Celtique, dans le Nord des Scilly. Dès lors, le vent pourra ensuite évoluer entre 5 ou 20 nœuds. Aujourd’hui, les modèles divergent encore pour la fin du parcours dont on n’a pas une vision claire, notamment pour le passage du Fastnet, que la flotte pourrait doubler entre mercredi soir et jeudi au petit matin. Mais une chose est sûre, ce sera très varié ! »


Quel regard portez-vous sur le plateau réuni cette année ?

« Comme à son habitude, le plateau est riche avec beaucoup de marins très affûtés, et d’autres qui viennent pour l’aventure, avec l’objectif de finir cette course difficile et exigeante. Mais tous sont très attentifs aux règles de sécurité. Cela me permet de bien travailler avec eux, et cela me rassure ! »


Vous embarquez à bord du bateau Direction de Course, comment fonctionnez-vous ?

« J’ai un adjoint à terre, Pierre Hays, sur lequel je m’appuie beaucoup. On est très proche d’un travail à deux mains. On échange tout le temps, il est disponible H24. Ce renfort à terre est indispensable pour avoir une vision complète de tout ce qui se passe. À bord, les communications ne sont pas toujours très aisées, et cela m’arrive régulièrement de lui demander des informations spécifiques.»


Et terminez-vous la course aussi fatigué que les solitaires ?

« Même si les journées sont rythmées par plein de rendez-vous - les vacations sécurité, les bulletins météo et les diffusion des classements - je ne me plains pas, j’emmagasine plus de sommeil que les skippers qui terminent chaque étape exténués. Je dors entre 3 et 5 heures par tranche de 24 heures sur une étape. Il m’arrive aussi de pouvoir faire un cycle complet d’une heure et demie, voire de trois heures. Quand la situation se corse et que cela devient plus chaud, je prends le rythme des marins, sur la base de petites siestes de 20 minutes. Et à l’arrivée, je suis quand même content de retrouver un lit pour m’accorder une bonne nuit de sommeil ! »



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