Un dernier sprint au ralenti
- il y a 21 heures
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À vingt-quatre heures de l’arrivée à Pornichet, la deuxième étape de La Solitaire du Figaro Paprec s’est transformée en une interminable bataille d’usure. Après les orages et la brume, les 36 skippers se retrouvent désormais piégés dans une immense zone de vents faibles, à moins de 80 milles de l’arrivée à Pornichet. Au classement de 20 h, les trois premiers se partagent toujours la tête mais inversent les positions. Adrien Hardy récupère sa première place devant Paul Loiseau et Marie Gendron. Cette dernière nuit va être très longue pour les skippers.

Consultant de choix, Yoann Richomme donne son analyse sur ce dernier sprint.
« La fin de parcours va être tout aussi compliquée que ce qu’ils vivent quasiment depuis le début. Il y a eu une alternance de passages avec un petit peu de vent et un vent quasi absent. Donc c’est très dur de savoir dire de quel côté ça va passer. Si je me mouille un peu, je donnerais un petit avantage à ceux du nord. Mais bon, ça reste quand même peu évident à déchiffrer. Je suis cette course avec énormément d’attention. Mais là, elle est déjà dure à suivre à terre nerveusement. Alors en mer, je n’imagine même pas. Ils vont revenir de là vraiment usés. J’espère pour eux qu’ils arriveront en fin de journée jeudi.
Ce serait très bien de ne pas passer deux nuits supplémentaires en mer. J’ai l’impression d’être quand même assez déterminant pour la suite de l’épreuve. Au classement, au temps, il peut y avoir des surprises. Si Tom Dolan (Kingspan), Nicolas Lunven (PRB) et Martin Le Pape (Paprec) sont plutôt bien placés dans le paquet de devant, il y en a certains qui ont déjà du retard. Je pense notamment à Loïs Berrehar (Banque Populaire) avec 12 milles de retard. Ça peut s’annoncer compliqué pour lui. »

Dans ces conditions, les skippers avancent à tâtons, comme suspendus entre deux souffles, toujours à la recherche du moindre souffle. Impossible ici de dessiner une stratégie. Il faut faire avec, prendre son mal en patience, la décision finale ne leur appartient déjà presque plus.
À bord des Figaro Bénéteau 3, chacun traque le moindre signe.
Dans cette étape aux allures d’épreuve d’endurance, la flotte navigue toujours sur un axe nord-ouest / sud-est. L’écart entre les extrêmes est ce soir de 40 milles. Chaque skipper espère que la solution viendra dans son secteur. Treize skippers se tiennent en moins de 5 milles. Sur l’eau, les occupations sont peu nombreuses. Entre l’observation des mammifères marins, dauphins, globicéphales et même un requin peau bleue, les marins s’occupent comme ils peuvent en échangeant pas mal sur la VHF. Certains sont plus bavards que d’autres, mais l’ambiance entre les marins est excellente. Tous sont logés à la même enseigne et commencent à parler de la prochaine étape dont le départ a été décalé à dimanche soir. Un soulagement pour eux qui vont pouvoir se reposer un peu plus.
Au classement provisoire, Adrien Hardy mène la flotte devant Paul Loiseau et Marie Gendron. Nicolas Lunven (PRB) se place quatrième, Elie Driver (STEM on the Water) cinquième, François Jambou (Yuman) sixième, Tom Dolan, premier au classement général provisoire, est septième. Eliaz Morineau (Demain sans HPV) complète le top 8.




