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Premières batailles au large d’Oléron

  • il y a 5 heures
  • 4 min de lecture

La première nuit de cette dernière étape de la Solitaire du Figaro Paprec 2026 a eu des allures de parenthèse suspendue. Après un début de soirée encore animé, le vent a progressivement perdu de sa vigueur, obligeant les skippers à rester extrêmement vigilants pour conserver leur place dans les bons couloirs de pression. Au classement en cette première matinée de juin, Paul Morvan (Foricher – French Touch) mène la flotte devant Nicolas Lunven (PRB) et Tom Goron (Xplorassur), qui retrouve les avant-postes à sa plus grande satisfaction.



Sous une généreuse pleine lune éclairant le plan d’eau, les Figaro ont glissé dans une ambiance presque irréelle le long des côtes vendéennes. La mer semblait paisible, mais les nerfs restaient constamment sollicités : surveiller les bascules de vent, anticiper les zones de molle et préserver la vitesse du bateau. Les écarts se sont construits par petites touches, souvent grâce à quelques degrés de vent supplémentaires ou à une simple veine d’air mieux exploitée que celle du voisin.

Un scénario qui devrait se poursuivre au fil de la matinée dans un vent qui ne cesse de mollir. Dès l’entame de ce dernier sprint de la Solitaire du Figaro Paprec, les marins retrouvent toute la complexité de la navigation météo.



En ce début de journée, les solitaires évoluent désormais au large des îles charentaises dans des conditions encore maniables. Les positions restent fragiles : les groupes se reforment, les retardataires reviennent parfois dans le match et chaque nouvelle risée peut redistribuer les cartes. Plus que jamais, la patience et la lecture du plan d’eau semblent être les clés de cette étape.

En résumé : une nuit de lune et de tactique, de vent évanescent au fil des heures et de recalages incessants. Si certains ont pu récupérer après les nombreuses manœuvres du parcours côtier, d’autres ont déjà retrouvé leur fidèle compagnon d’infortune : la fatigue. L’étape ne fait que commencer et elle ne va cesser de se durcir. Il faudra rester lucide pour jeter ses dernières forces dans cet ultime bras de fer.


Paroles de marins



Tom Goron (Xplorassur)

« On a pu renvoyer les spis un peu avant Noirmoutier et faire un super bord, assez rapide et très agréable jusqu’à il y a quelques heures, lorsque le vent a commencé à mollir. Là, ça devient un peu plus compliqué avec les vagues et le peu de vent. Pour moi, ça se passe bien. Je suis sorti en troisième position, il me semble, et aujourd’hui on est dans le match avec les copains. Ça fait du bien de jouer enfin avec eux ; je pense que c’est la première fois de cette Solitaire.

Ça va continuer à mollir jusqu’à ce midi, voire le milieu de l’après-midi, et on va essayer d’avancer doucement vers BXA. Ça risque d’être assez long. Ensuite, on repartira au près et on entrera dans une phase où l’on pourra commencer à se reposer un peu plus. Je me suis bien reposé cette nuit, mais là il va être difficile de dormir tant que le vent ne reviendra pas. On aura ensuite ce long bord de près où il faudra aller vite. »


Paul Loiseau (Région Bretagne – CMB Espoir)

« Cette nuit a été assez fatigante, mine de rien. C’est encore difficile de dire si j’ai été bon pour l’instant, mais le groupe reste compact et je suis dans le bon wagon, donc c’est plutôt cool.

C’est encore un bon départ. Je le disais tout à l’heure dans une vidéo : sur l’ensemble des départs de cette Solitaire, j’arrive à être bien placé. C’est chouette d’être tout de suite dans le coup. Et puis c’est agréable d’avoir cette pleine lune pour éclairer le chemin. Pas besoin de frontale : on voit les vagues en barrant, c’est très sympa. »


Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025)

« Je suis plutôt bien sorti de la baie et ensuite ça a bien déroulé cette nuit. L’écart s’est un peu creusé, mais ça revient par derrière. On a quand même pu dormir et faire quelques siestes.

Je t’avouerais que la fatigue est déjà bien présente. Il va falloir rester concentré et motivé pour la suite, parce qu’elle s’annonce encore compliquée, celle-là. On va essayer de se reposer un maximum pour attaquer la Manche dans les meilleures conditions. Malheureusement, mon objectif sur cette Solitaire est un peu enterré, donc je vais essayer de réaliser une belle étape et de prendre du plaisir sur l’eau. »


Alexis Thomas (Wings of the Ocean)

« Plus on descend vers le sud, plus le vent mollit. C’est un peu compliqué. J’ai réussi à dormir un peu et là, justement, je viens de me réveiller. Enfin, je suis réveillé toutes les cinq à dix minutes par le spi qui se dégonfle faute de vent.

J’étais dans le rythme dès le départ et ça a plutôt été un bon début de course. Je pense qu’il ne faut surtout pas s’affoler. La route est encore très longue. C’est important de bien se préserver, surtout lors des premiers jours, pour pouvoir ensuite envoyer les watts lors de la dernière journée où il sera quasiment impossible de se reposer.

Le vent devrait ensuite basculer au nord-ouest et la flotte va commencer à s’étirer vers l’avant. Quand on enverra les spis à Sein, il pourrait y avoir de gros écarts de vitesse entre ceux qui attaquent et ceux qui restent davantage sur la défensive. Cela promet d’être intéressant. J’espère que ça se passera bien pour nous. En tout cas, je suis chaud, motivé, malgré mes 24 minutes de retard sur Tom. »

 

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