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Yann Chateau, Directeur de Course de La Solitaire du Figaro Paprec

Directeur de Course adjoint de La Solitaire du Figaro pendant plus de dix ans, Yann Chateau a pris les commandes de la Direction de Course l’an dernier. Assisté par Pierre Hays à terre, il suit la flotte en mer sur le catamaran We Explore sur les trois étapes de la course.


@ Alexis Courcoux

Originaire de la campagne normande, Yann découvre la voile dans son enfance. « Mes parents restauraient une maison à Anneville-Ambourville. L’été, pour pouvoir bricoler tranquillement, ils nous faisaient faire des stages de voile au club d’Anneville-sur-Seine. C’est là que le virus de la voile nous a piqué, mon frère Cédric et moi », raconte Yann Chateau. L’Équipe, 420, 470, 49er : les deux frères suivent toute la filière fédérale classique en double avant de découvrir le Match Racing quelques années plus tard. Ils ont 25 ans. « Ça nous a permis de rencontrer plusieurs personnes, dont Benoît Charon, qui gérait un projet Tour Voile en Mumm 30 pour la Basse-Normandie. J’y ai fait mes premières découvertes en stratégie et analyse météo sur des étapes de deux ou trois jours. Je trouvais ça intéressant », poursuit-il. Cette opportunité, et d’autres, lui permettent de naviguer assez régulièrement sur différents bateaux et championnats et de parfaire ses compétences en voile, « un sport où l’on apprend perpétuellement ».


Sa passion, Yann décide d’en faire aussi son métier et bâtit sa carrière professionnelle dans le monde de la voile. Moniteur de voile puis coordinateur sportif, il officie également en tant que coach de coureurs en 420 et Match Racing dans des clubs de la Ligue de Normandie. Cette dernière se rapproche de l’organisation de la Transat Jacques Vabre, Yann met un pied dans la course au large. « On a commencé à travailler sur d’autres courses, dont La Solitaire du Figaro. J’ai dû faire ma première en 2011 en logistique mer. Je plombais et déplombais les bateaux, mouillait les parcours côtiers, les bouées d’arrivée. J’ai découvert cette épreuve assez à part. D’ailleurs, ce qui me manque dans mon rôle de Directeur de Course aujourd’hui, c’est d’être présent aux arrivées parce que les émotions des marins sont assez extraordinaires. Cela fait partie des choses qui m’ont intéressées dans la course, en plus de la météo, du dépassement de soi et de la monotypie qui génère des combats très serrés sur l’eau et passionnants à suivre », explique-t-il. « J’ai beaucoup échangé et appris avec Gilles Chiorri et surtout Francis Le Goff (anciens Directeurs de Course de La Solitaire du Figaro Paprec) sur les parcours, la manière de faire et les missions de la Direction de Course jusqu’à ce que Francis me propose de faire un tuilage en 2021 pour que je me rende compte du rôle de la Direction de Course embarqué en mer. C’était une année géniale ». Yann fait la première étape à terre avec Pierre Hays pour le former sur ses missions, avant d’embarquer sur le bateau de la Direction de Course sur la deuxième étape, de faire la troisième à quatre mains avec Francis Le Goff, puis de faire la dernière en faux solitaire. « Ça m’a permis de découvrir pleinement le rôle de Directeur de Course embarqué. C’est intéressant parce que l’on est au plus proche des coureurs et de la course. On ne rate rien, on sent aussi l’état de fatigue, les difficultés rencontrées par les coureurs… On est sur l’eau aussi donc on voit en temps réel l’état de la mer, des courants… Percevoir l’état de fatigue des coureurs est un point très important, qui permet de pouvoir adapter les parcours en cas de besoin », avance celui qui devient Directeur de Course de La Solitaire du Figaro Paprec en 2022. Une première expérience réussie sur laquelle il prend beaucoup de plaisir.


Adjoint de Francis Le Goff sur de nombreuses autres courses dont La Route du Rhum – Destination Guadeloupe, The Transat CIC ou encore la Transat Jacques Vabre – Normandie Le Havre, Yann continue de régater en parallèle. « Je fais beaucoup de Match Racing avec Match in Black by Normandy Elite Team, skippé par Maxime Mesnil. On a été plusieurs fois Champions de France Open et Elite et Champions d’Europe, avec un meilleur ranking de 3e mondial il y a deux ou trois ans. Je régate aussi en TP 52 avec Paprec depuis une dizaine d’années. C’est un bateau génial. Et c’est sympa de naviguer avec un équipage plutôt amateur contre des équipages professionnels rôdés. Il faut essayer d’improviser quasi à chaque régate. J’ai eu aussi l’occasion de naviguer un peu sur le 100’ Nomad IV. On a gagné la Rorc Transatlantic Race en 2015. On fera la prochaine sur le Wally de 107’ Paprec ».


Quand il ne navigue pas ou qu’il n’officie pas au sein d’une Direction de Course, Yann prépare les régates et courses suivantes. Et gère notamment « la partie documents de course, les fichiers sécuritaires, les balises EPIRB et PLB », un travail assez chronophage. « Je développe aussi des outils informatiques pour nous aider à être plus efficaces sur les gros évènements. Je fais aussi un peu de formation, quelques interventions sur la météo et le routage et fais parfois du routage pour des équipes normandes. C’est bien de varier, c’est toujours enrichissant », indique celui qui a fait de la météo sa spécialité. « La météo est un facteur de performance sur l’offshore. On est obligé de s’y intéresser. Le côté rigolo, c’est que les modèles météo sont faux, ce qui veut dire que l’on se base sur des choses inexactes et que l’on doit réactualiser la météo en permanence. Il y a un enjeu plus fort ». Le peu de temps libre qu’il lui reste, Yann profite de la Sologne où il réside au cœur de la forêt avec sa compagne… et ses poules !



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