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PIERRE DANIELLOT : 10EME INSCRIT À LA SOLITAIRE DU FIGARO PAPREC

Dernière mise à jour : 4 août 2023

Tour du mondiste sur le bateau familial pendant ses 19 premières années, Pierre accumule des milliers de milles à travers les mers et océans du globe. En 2019, il rentre en France et intègre rapidement le Team Vendée Formation, sa porte d’entrée vers ses ambitions de coureur au large !

1. Pierre, j’ai une première question. Si demain soir je te croise en soirée et que je te demande : ” Pierre, qu’est-ce que tu fais dans la vie ? “. Qu’est-ce que tu me réponds ?

Je dirais que j’ai eu un parcours un petit peu atypique. J’ai passé toute mon enfance à grandir dans les Îles, un petit peu à droite à gauche dans plusieurs pays. Mon père a construit son bateau quand j’étais jeune et nous avons rapidement quitté la France. J’ai passé toute mon enfance à grandir entre l’Amérique centrale, le Venezuela, la Colombie, les Antilles, et aussi la Polynésie.

J’ai suivi mes cours à bord d’un bateau pendant près de 20 ans, et j’ai passé mon bac en candidat libre. À 19 ans, après l’obtention de mon bac, j’ai quitté Tahiti et je suis partie de mon plein gré, un petit peu tout seul. En ne connaissant personne, je suis arrivé en France à Nantes, ou j’ai été embauché par « Black Pepper Yatch, un chantier naval qui a fabriqué l’Imoca « L’Occitane en Provence ».

De là, j’ai réussi à mettre un petit pied dans le domaine de la course au large. Je suis vraiment parti de Tahiti pour pouvoir me lancer dans ma passion, qui était aussi mon mode de vie. Je voulais m’épanouir dans ce domaine, mais je savais qu’il n’y avait pas d’avenir dans la course au large là où j’habitais. Je suis donc rentré en France où j’ai intégré le Team Vendée Formation pendant 2 ans en tant que Co-Skipper, aux côtés de Charlotte Yven. Depuis 2023, j’ai récupéré le bateau en tant que Skipper Principal. C’est un petit peu mes débuts en voile, même si j’ai fait pas mal de voile légère à Tahiti notamment du Diam 24, et beaucoup de Laser. C’est comme ça que j’ai pris goût à la compétition !


2. Tu es Bizuth cette année, quelle image as-tu de la Solitaire du Figaro Paprec ? Sur 100% : Jauge ton niveau d’excitation et d’appréhension.

La Solitaire du Figaro Paprec est une étape qui est indispensable aujourd’hui pour se mettre au niveau des autres marins français, voire mondiaux. C’est une étape incontournable. Si l’on parvient à être performant sur La Solitaire du Figaro Paprec, on sait que ça marchera plutôt bien dans d’autres classes, que ce soit en Class40, ou même en Imoca à l’avenir.

On ne peut vraiment pas y passer à côter. C’est une course incroyable où il y a beaucoup de niveaux, et le parcours est très complexe et dur. Du peux de navigation que j’ai pu faire en Figaro, je n’imagine pas 3 fois 5 jours étalés pour tenir sur le côté psychologique et physique. Ce sera vraiment très intéressant notamment en ce qui concerne la gestion des courants, des concurrents, du sommeil, du stress, de la météo, etc… ça va vraiment être incroyable !

En suivant les traces des meilleurs qui ont déjà fait cette course, on peut citer Jérémie Beyou, Yann Elies, et tant d’autres. C’est un honneur de pouvoir suivre leurs traces et on va essayer de faire aussi bien qu’eux afin de se démarquer et montrer que nous sommes là !!!


3. Dis-nous en plus sur tes sponsors ? ton projet ?

Je suis principalement accompagné par le Team Vendée Formation. C’est une association de formation aux métiers de la course au large qui existe depuis 15 ans maintenant. Ils ont vu passer des marins tels que Benjamin Dutreux, Kevin Bloch, Charlotte Yven, entre autres. Il sont mon sponsor principal et me fournissent le bateau. Ils me suivent toute l’année dans ma gestion de projet pour trouver des partenaires, organiser mes plannings, etc. Le Team Vendée me fournit tout ce dont j’ai besoin pour être autonome en tant que Skipper dans ce domaine.

A côté de ça, je remercie le chantier naval des minimes qui m’aident du côté financier. Je tiens également à mentionner à La Société Protectrice des Animaux, la SPA, avec laquelle j’ai trouvé un accord pour défendre cette belle association dans le monde de la voile, faire parler d’eux et soutenir la protection des animaux.

J’ai également des partenaires techniques tels que Musto, Sailproof, Nautix. Ils me permettent d’avoir le matériel nécessaire à bord du bateau, matériel qui est obligatoire. Pour l’instant, c’est ma première année et je n’ai pas encore beaucoup de partenaire mais cela me permet de faire ma saison en Figaro. J’espère, par la suite, en trouver de plus en plus afin d’avoir un bateau prêt à courir pour obtenir de bons résultats et gravir les échelons progressivement.


4. Ton meilleur et pire moment en navigation ?

Mon meilleur moment en navigation, c’est l’arrivée aux îles Marquises après la traversée du Pacifique avec mes parents, ma sœur et le reste de ma famille. Nous sommes partis des îles Galapagos pour faire la traversée avec le bateau que mon père a fabriqué. Déjà le fait de se dire qu’on arrive à l’autre bout du monde avec un bateau complètement construit par mes parents, c’est juste incroyable. Nous sommes arrivés de nuit après 15 jours de mer dans une grande baie très abrupte. Au petit matin, nous avons découvert toute la végétation de l’île qui est juste incroyable. Pour la petite anecdote, c’est une petite baie connue car on peut distinguer des visages dessinés dans la roche, et c’est vraiment magnifique. C’était une belle surprise, après avoir traversé le Pacifique, et d’être passé par le point Némo (endroit le plus éloigné de toute terre). En plus, j’avais 12 ans et un bras dans le plâtre !!

Mon pire souvenir en navigation, c’était en voyage en Méditerranée. Nous étions passés devant l’Espagne, dans la province d’Almeria. C’est un endroit qui est recouvert de serres agricoles sur des centaines d’hectares. Nous y étions à une période de l’année où les courants regroupent l’ensemble des déchets au même endroit. Nous sommes restés quasiment une journée entière arrêtés au moteur car celui-ci était emmêlé dans les bouts de plastique. Ce n’était pas un bon souvenir…


5. La Solitaire du Figaro Paprec en 3 mots ?

En trois mots La Solitaire du Figaro Paprec, je dirais : Découverte – Partage – Avenir

Découverte, car je suis Bizuth et que c’est la première fois pour moi. On va quand même très loin, où l’on va monter en Irlande pour après descendre le Golfe de Gascogne. Sinon, je vais pouvoir découvrir les passages avec du courant, les points, les effets de vent, etc. Je vais aussi découvrir une intensité de course importante avec trois fois cinq jours de course et deux jours de repos entre chaque. Je dormirai probablement 15 jours d’affilée après la dernière étape, pour pouvoir récupérer ! C’est vraiment la porte pour se mettre dans le bain, car les courses que l’on fait en avant-saison ne dépassent pas les 4 jours. Naviguer 3 fois 5 jours va vraiment être très intéressant et complexe, ça va me permettre d’emmagasiner un maximum d’expériences.

Le partage aussi, car mon projet, ce n’est pas que le bateau et le skipper. Le bateau et le skipper ne représentent qu’une toute petite partie, car derrière, nous avons toute une équipe qui nous suit. Je remercie tout le Team Vendée, le président, la présidente, et toutes les personnes qui nous gèrent. Merci aussi à Guillaume Avria qui est notre préparateur et qui fait un travail incroyable ! Je remercie aussi nos partenaires qui nous permettent de faire ces courses, car sans eux personne ne pourrait naviguer. Et puis, toute ma famille et mes amis qui sont derrière moi. Ce sont eux qui me permettent de garder le moral dans les moments durs, et j’essaie de ne pas les décevoir en faisant toujours mieux ! Cette Solitaire du Figaro Paprec est un vrai moment de partage qui est important pour moi, et un projet voile, c’est très loin d’être seulement le Skipper et son bateau.

Avenir, parce que La Solitaire du Figaro Paprec c’est une porte incroyable. Si demain, j’arrive à faire un résultat sur cette course, je serais personnellement très satisfait de mon travail car c’est un niveau de folie. On se dit aussi que si on fait de bons résultats sur ce circuit, ça peut nous ouvrir des portes pour naviguer sur des bateaux plus rapides, plus puissants et plus visibles.


6. Raconte-nous ta journée type de marin, hors période de course.

Je ne sais pas si j’ai des journées types, mais j’ai probablement des petites routines. Dès que je me lève, je vérifie tout de suite la météo. Je regarde Windy, Windguru pour savoir ce qu’ils annoncent et savoir si on peut aller naviguer ou faire du kitesurf aussi. Je regarde aussi un petit peu les infos, pour ne pas rester centré que sur la voile et savoir ce qu’il se passe dans le monde, car il y a quand même plein de choses qui se passent autour. Après, en ce moment, je prépare le bateau avec des petits bricolages. On rajoute des choses à la “joblist”, et on en retire aussi, ça fait du bien ! Sinon, je lis des petits bouquins de stratégie météo le midi ou le soir pour se coucher moins bête. Sinon, la gestion de projet et la recherche de partenaires me prennent beaucoup de temps, ainsi que les courses et entraînements. Le soir, j’aime bien me faire une petite session de Kitefoil, ça fait toujours du bien, en ces beaux jours, de se mettre à l’eau et de se vider la tête.


7. Quelle chanson inavouable écoutes-tu quand tu es seul au large et qui peut aider contre la fatigue ou l’angoisse ?

Je ne sais pas si c’est inavouable, mais j’ai un petit faible pour la musique techno qui envoie du lourd dans les moments un peu durs. Sinon, je n’écoute pas trop de musique en mer car je préfère écouter le bateau. Une chanson qui me remonte bien le moral, c’est « Hey Mambo » de Dr. Peacock. C’est assez énergique comme musique, mais je trouve que ça donne la pêche et que ça me remonte bien le moral !


8. Ton objectif cette année, tes ambitions futures ?

On a la Solo Guy Cotten qui va être un super entraînement et nous permettre de voir les derniers préparatifs avant La Solitaire du Figaro Paprec. Et bien sûr, La Solitaire est l’objectif de l’année pour moi. Il y a beaucoup de préparation et de travail. L’objectif est de partager un maximum, de réaliser un maximum de résultats, d’apprendre et d’emmagasiner tout ce que je peux en termes de technique pour continuer de progresser. Sinon, on a un beau projet avec Benoit Tuduri, qui est mon co-skipper au Team Vendée Formation et qui participe aussi à La Solitaire du Figaro Paprec en tant que Bizuth. Nous nous sommes inscrits à la Transat Jacques Vabre en catégorie Class40, avec un Scow (Glaces Romane). Le bateau va nous permettre, grâce à Laurent Camprubi qui nous laisse le bateau, de faire notre première transat en course, et d’essayer de réaliser un bon résultat car c’est un bateau de l’année dernière qui fonctionne bien. Il y a moyen de bousculer un peu le classement. Faire La Solitaire du Figaro Paprec et La Transat Jacques Vabre en une année, c’est un objectif assez élevé, mais je pense que nous sommes capables d’y arriver et nous cherchons encore quelques partenaires pour finaliser notre budget pour La Jacques Vabre. On le sent plutôt bien, ça va le faire !


9. Un ancien Figariste qui te sert d’exemple aujourd’hui ?

La personne qui me sert d’exemple est quelqu’un que j’admire, respecte beaucoup, que j’apprécie énormément et avec qui j’ai passé beaucoup de temps sur son magnifique Class40 noir et bleu. Je fais référence à Xavier Macaire avec qui j’ai travaillé l’année dernière en tant que préparateur sur son bateau. Nous avons fait beaucoup de milles en entraînement, et aussi un aller-retour à Marseille pour les partenaires. Il est venu me donner des coups de main sur mon Figaro, me coacher, et j’ai fait le trophée Laura Vergne avec lui cette année. C’est un marin hors pair, je trouve. On a bien matché tous les deux, on va faire des sessions de surf ensemble, de kite ou de Wing aussi. C’est un marin incroyable qui a un calme et une pédagogie que j’adore, et je le remercie vraiment pour ce qu’il a fait : d’avoir pris du temps pour moi et pour nous, de nous avoir appris un maximum de choses aussi. Aujourd’hui encore, il continue de “gazer” comme pas possible avec son Class40. C’est vraiment l’ancien Figariste qui me sert d’exemple, j’aimerais pouvoir marcher dans ses pas et j’espère même être un jour devant lui !

10. Un dernier mot ?

Pour finir, je tiens surtout à remercier toutes les personnes qui m’aident et qui me suivent dans mes projets et ma passion. Je pense d’abord à ma famille et mes amis, et à toutes ces personnes qui croient en moi et qui me suivent depuis longtemps, qui sont à fond derrière moi sur la cartographie en course. Je remercie énormément tous mes partenaires qui me permettent de m’épanouir dans ma passion et mon mode de vie. Pour moi, pouvoir continuer est un rêve, et je ne me vois pas faire autre chose. Ça va être une très belle année, et j’espère faire une bonne place sur La Solitaire du Figaro Paprec et être au départ de la Transat Jacques Vabre en fin d’année, ça sera vraiment incroyable. Pouvoir continuer en course au large serait un rêve, et je remercie l’ensemble des personnes pour tout le bonheur et les possibilités qu’elles m’offrent et qu’elles me procurent.

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