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Les premières options se dessinent

Partie de la Baie de Morlaix hier en début d’après-midi, la flotte a entamé l’ultime étape de La Solitaire du Figaro Paprec par une succession de virements de bords le long des côtes bretonnes. Au petit matin, Gaston Morvan (Région Bretagne – CMB Performance) a doublé le premier la marque de passage obligatoire de la Chaussée de Sein à 08h07, suivi de près par Alexis Loison (Groupe REEL) à 8h10 et Elodie Bonafous (Quéguiner – La Vie en Rose) à 08h11.

© Alexis Courcoux


La nuit a été courte pour les marins, qui ont dû composer avec des algues le long des côtes bretonnes, qui les ont obligés à vérifier régulièrement leurs appendices. Certains ont même été contraints de plonger deux fois pour les enlever, à l’instar de Corentin Horeau (Banque Populaire).


Les premières options se sont ensuite dessinées pour les 31 solitaires encore en lice sur cette troisième étape de La Solitaire du Figaro Paprec, Laurent Givry (Cap Horn), ayant décidé de faire route hors course vers Lorient. Après le passage de la cardinale ouest Chaussée de Sein, la flotte s’est scindée en plusieurs groupes pour essayer de tirer la meilleure route possible dans des faibles conditions de vent, et un courant de face. « Le premier groupe est parti à l’est avec pour objectif d’aller à la côte pour se protéger du courant et espérer toucher une brise thermique », observe Pierre Hays, Directeur de Course adjoint de La Solitaire du Figaro Paprec. Un groupe divisé en deux sous-groupes, « le premier emmené par Gaston Morvan, qui a décidé de faire route à l’est en restant au sud de l’île de Sein pour tenter de se protéger rapidement du courant à la côte, et un second emmené par Charlotte Yven (Skipper MACIF 2023), qui a décidé d’optionner au nord de l’île de Sein pour revenir plus rapidement à la côte via le Raz de Sein en jouant avec courant », comme l’explique Pierre Hays. Le reste de la flotte a quant à elle choisi de rester plus au large, avec moins de distance à parcourir sur la route réelle mais avec un fort courant de face. Au pointage de 16h00, l’avantage semblait être dans le camp mené par Elodie Bonafous, Gaston Morvan et l’actuel leader au classement général après deux étapes, Basile Bourgnon (Edenred). Il faudra néanmoins « surveiller ceux qui sont un peu plus au large, comme Philippe Hartz (Marine Nationale – Fondation de la Mer) »18e au pointage de 16h00, comme le note Pierre Hays.


Le courant est désormais favorable pour l’ensemble de la flotte avec un vent tournant à droite et s’orientant progressivement nord-ouest en fin de journée.

 

Ils ont dit :


Robin Marais (Ma Chance Moi Aussi) :

© Alexis Courcoux

« J’essaye de profiter à fond de cette dernière étape. Ce matin, j’ai vraiment bien aimé traverser la chaussée de Sein comme ça. C’est assez rare. J’ai découvert plein de nouveaux cailloux que je ne connaissais pas. C’était magnifique. Sinon hier, j’ai eu des phases un peu plus compliquées en recherche de vitesse. Je ne trouvais pas trop les boutons. Mais cela va être long et il reste plein de coups à jouer. Il faut essayer de se reposer. Cela devrait commencer à rentrer un peu. On devrait rejoindre la route directe dans pas longtemps. Petit à petit, on va ouvrir les voiles et cela va accélérer un peu. On a 8 nœuds de vent. C'est en train de rentrer à l’ouest. Je suis sous gennaker super bordé. La tête de flotte n’est pas trop loin devant. L’objectif immédiat, c’est d’être lucide les dernières 24 heures. La même recette que sur les deux premières étapes. Sur une étape comme ça, tout peut se passer jusqu’au dernier moment. C'est clair que j’aurais préféré une dernière étape comme celle de l’année dernière avec de la brise pour traverser le golfe de Gascogne. Mais Éole en a décidé autrement, et il faut faire avec. Heureusement, cela devrait bientôt glisser un peu. »


Victor Le Pape (Région Bretagne - CMB Espoir) : « Ce début de course est complexe, sur les chapeaux de roues. Je n’ai pas eu le temps de faire beaucoup de siestes. On a des conditions dans lesquelles on ne peut pas trop lâcher l’affaire, parce qu’il n’y a pas beaucoup de vent, et le bateau s’arrête dès qu’on n’est pas dessus. On voit des options un peu tranchées au sein de la flotte. Une dorsale anticyclonique nous bloque le passage, et on ne sait pas trop où ça va nous mener. Donc chacun fait ses choix. Pour l’instant, j’ai choisi de faire la route directe, après un petit détour. J’ai quand même eu bien les jetons de prendre très cher à l’extérieur de l’île de Sein. Je n’avais jamais encore investi comme ça, c’est vrai que ça fait toujours bizarre de tenter une option avec une île qui fait que tu ne peux pas revenir d’un coup d’un seul. Au final, je m’en suis plutôt bien tiré. Et c’est vrai que l’ambiance autour de l’île Sein était presque un peu mythique avec la brume, les cailloux, la houle… J’espère que mon positionnement sera le bon. On sait que cela va être orageux, donc pour la suite on verra bien. Après, le positionnement qui est bon maintenant ne sera pas le bon dans deux jours. Il va falloir rester opportuniste jusqu’à Piriac-sur-Mer. »


Julie Simon (DOUZE) :

© Alexis Courcoux

« Je ne me suis pas beaucoup reposée depuis le lever du jour, et puis le vent n’arrête pas de varier. Ce n’est pas évident au niveau stratégie. Je suis un peu décalée par rapport à la flotte. J’ai vu des nuages avec du vent arriver. On verra ce que ça donne. Mais à moyen terme, ce n’est pas évident. Ce matin aussi, il y avait beaucoup de courant. On était censés passer au sud de la chaussée de Sein, mais finalement on est quelques-uns à avoir traversé les cailloux pour s’en protéger. Mais il y a des algues partout, et je m'en suis pris un bon paquet. Impossible de l’enlever avec la corde à nœuds ou en faisant marche arrière. J’ai dû me résigner à plonger. L’eau n’est pas si froide que ça ! Finalement quand on n’a pas le choix, et qu’il faut y aller, elle paraît presque bonne ! Je n’avais pas besoin de ça pour me réveiller, mais ça donne un petit coup de fouet. Niveau classement, je ne sais pas où j’en suis. Pour le moment j’ai 6 nœuds de sud et ça commence à prendre un peu de droite, comme annoncé à la météo de ce matin. C’est ce que j’attends. Si je peux avoir plus de droite que tout le reste de la flotte, ça me va… C’est mou, la mer est plate et le vent devrait monter. Je vais essayer de faire quelques siestes. Je suis un peu éloignée des autres bateaux, c’est le moment d’en profiter. »


Benoît Mariette (Génération Senioriales) :

© Alexis Courcoux

« Ce début a été assez intense, éprouvant pour tout le monde. Après le départ, on a fait des virements dans les cailloux, puis il y a eu le passage des îles en mer d’Iroise, des algues, des casiers… Après ces premières 24 heures d’étape, je suis déjà assez fatigué. Les conditions sont hyper agréables. Toute la flotte a un peu recollé au passage du Raz de Sein avec le courant. Deux bateaux – Région Bretagne - CMB Performance et Quéguiner – La Vie en Rose - ont pris un peu d’avance, mais derrière il y a un petit groupe en embuscade. Il va encore y avoir du jeu. On attend des conditions plus régulières pour descendre vers la bouée Solitaire du Figaro Paprec. Mais en approche des côtes et dans la remontée, il va sûrement se passer des choses. Cette nuit, on a eu de la brume, et ce matin on ne voyait que les têtes de mâts dépasser, et tout ça en allant jouer dans la chaussée de Sein. Je me régale ! Là, on n’a pas encore traversé la dorsale qui nous barre la route, mais on se rapproche de la sortie. On va envoyer les spis quand le vent va tourner au nord-ouest et on va continuer au portant toute la nuit, et demain probablement. C’est une Solitaire du Figaro assez confort finalement. C’est rare qu’on ne sorte pas les cirés, ni les bonnets la nuit. On n’a plus l’habitude. C’est top, même si par moment j’aimerais plus de vent ; mais c’est pareil pour tout le monde. J’essaye de ne pas du tout faire de calculs par rapport au classement. On ne peut pas contrôler tout le monde. Je fais mon étape comme si c’était la première. »

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