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Julie Simon, 3e sur la ligne de l'Étape 1 de La Solitaire du Figaro Paprec


© Alexis Courcoux


Julie Simon (DOUZE) a coupé en troisième position la ligne d’arrivée de la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec entre Caen (Calvados) et Kinsale (Irlande) à 08:24:09 heure française, 21 minutes et 44 secondes après Benoît Tuduri (CAPSO – En Cavale). La navigatrice, en lice sur le Trophée Beneteau des Bizuths, aura mis 3 jours 19 heures 22 minutes et 9 secondes pour boucler le parcours théorique de 610 milles de la première étape. En pratique, elle a parcouru 645,07 milles à la vitesse moyenne de 7,06 nœuds.


Julie Simon : « Je n’imaginais pas un scénario comme ça. C’est assez exceptionnel. Mon objectif était au moins de faire une belle étape dans une première moitié. Mais de là à faire un podium… Et effectivement, il ne fallait rien lâcher. Quand on regarde derrière, tout le monde est arrivé dans un mouchoir de poche. Heureusement que j’avais un peu d’avance en tournant le Fastnet que je n’ai pas bien vu car il faisait nuit et il y avait de la brume. Je suis un peu dégoûtée. Il va falloir y retourner. C’était assez fou cette option. Je suis partie toute seule. Je ne voyais personne à partir des Scilly. Et je ne me suis rendue compte que 24 heures après que ça avait payé. C’était incroyable. Je savais que j’étais dans le Top 3 mais des fois, ça veut tout et rien dire. Il suffit que l’on soit plus nord et que ça ne revienne pas d’un côté… Le jeu était assez ouvert en mer Celtique et puis en convergeant, on a commencé à y voir un peu plus clair et puis après, on a fait un dernier sprint avec des empannages dans la nuit noire. Ce n’était pas évident d’empanner complètement dans le noir, d’en sortir, de retrouver sa vitesse et de gonfler le spi. J’ai un peu galéré mais sinon, je me suis pas mal reposée à part les dernières 12 heures où il fallait tout donner pour garder la place mais j’ai fait car tout le reste du temps, ça n’a presque pas servi à grand-chose car il fallait être en embuscade derrière la flotte et faire un bon coup tactique. J’ai bien fait de me reposer même si à certains moments, j’ai perdu des places. Finalement, c’est une bonne chose pour moi pour la suite. Je savais avant les Scilly que je voulais faire un contre-bord un peu nord. Après, je ne l’ai pas fait exactement où je voulais mais tout me faisait passer à cet endroit-là. Tout le groupe a continué tout droit. Je ne comprenais pas. A un moment, je me suis que j’allais prendre mon option, qu’il fallait y croire car à part la flotte, tout me disait d’y aller. Je me suis dit qu’il fallait que je me fasse confiance et que j’y aille. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Mon point fort ce n’est pas la vitesse donc si je me suis dit que restais avec les autres et que j’allais moins vite, ce n’était pas comme ça que j’allais gagner des places donc à un moment donné, il fallait oser. Ça ne m’angoissait pas de ne pas voir les autres à l’AIS. J’ai fait une Mini Transat où je ne voyais personne pendant 11 jours donc je suis rôdée à l’exercice. J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette étape parce que l’on a eu une mer très plate. C’était incroyable. La mer Celtique était plate. On ne pensait pas faire beaucoup de spi et que du près. Au final, on a envoyé toutes les voiles plusieurs fois sur les mêmes bords. Il faut quand même que je prenne mon rythme en course parce qu’il y a peut-être un peu trop de moments où je me repose, je dors là où clairement il faut que j’attaque. Si je tombe sur une course où ça ne revient pas par derrière, je vais manger sévère donc il va falloir que je sois plus d’attaque. Cette étape ne change pas mes objectifs ni ma manière de voir. Elle me donne un peu plus confiance en moi pour la suite. J’ai cette belle étape pour moi. J’ai juste envie de faire de belles étapes et de continuer du mieux que je peux, être contente de moi. Je travaille à mi-temps donc je me suis préparée quasi tous les week-ends. Tous mes congés y sont passés. Ce n’est pas simple et je ne m’étais pas entraînée pour la toute première course. J’ai encore appris plein de trucs. A un moment, il faut se lancer et ne pas avoir peur de faire des courses. On est deux bizuths sur le podium donc c’est bien que l’on est au niveau pour participer. Il y a des coups à faire et on est capable du meilleur ».

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