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Veillée d’armes matinale

C’est avec un nouveau leader que la flotte des 31 solitaires se réveille ce matin. À moins de 130 milles de l’arrivée à Piriac-sur-Mer et du dénouement final de cette 54e édition, Benoît Tuduri (CAPSO en Cavale) ouvre la marche le long des côtes charentaises. Après son passage en tête au pointage du Sprint Intermédiaire sur les coups de 22h hier soir, cet impétueux bizuth tient bon les commandes de la meute qui a entamé sa remontée au près, sitôt la marque virtuelle doublée.


Fini les belles glissades sous spi de la veille, place à une ascension au louvoyage qui s’annonce plus lente et laborieuse. Le nouveau chef de file, suivi de son compagnon d’option, Jules Delpech (ORCOM), navigue en approche de l’île d’Oléron dans un flux de nord-ouest de 10-12 nœuds. Dans son sillage, ses concurrents qui progressent groupés, sont en ordre de marche. Et de bataille, pour une série de virements de bords qui ne manque pas d’enjeux.


A moins de 24 heures du tomber de rideau de cette 54e Solitaire du Figaro Paprec, les attaques menacent de fuser de toutes parts. Plus en arrière, Charlotte Yven (Skipper Macif 2023) et Alexis Thomas (La Charente Maritime) sont les premiers à donner le ton, en déclenchant un virement de bord pour mettre de l’ouest dans leur route. Entre les variations du vent annoncé mollissant, et les courants, tous les coups - décalages tactiques et options stratégiques - sont aujourd’hui, plus que jamais, permis…


 

Les mots à la VHF 🎙


Jules Delpech (ORCOM) : « Deux de mes routages allaient à la côte. Ils allaient chercher ce qu’on appelle la basse pression thermique à la côte, c'est-à-dire que quand l’air chauffe à terre, cela génère une accélération du vent d’ouest, le long de la côte. C’était intéressant, on était dans le cas de figure pour le faire, même si c’était un peu limite parce qu’on avait des nuages avant qu’on arrive. Mais je voyais le soleil derrière moi et le vent qui arrivait avec. J’étais un peu au fond des classements, j’avais pris vraiment cher dans la baie d’Audierne. Je n’ai donc pas trop hésité à lâcher le paquet et à aller chercher cette option là.

Je suis passé à l’extérieur de l’île d’Yeu, entre l'île d’Yeu et le plateau de Rochebonne. Benoît, lui, est passé par l’intérieur, mais il est arrivé plus tôt, avec les nuages.

Dans la descente vers la marque, ça sentait bon, parce qu’on a pas eu beaucoup de molle. En revanche, la marque a été décalée, cela nous a mis un petit coup quand même. Mais dans tous les cas, j’étais confiant parce qu’on allait vite avec de l’air un peu puissant.

C'est clair que cela fait super plaisir de passer en bonne position la marque. Surtout que c’est la deuxième fois en deux courses.

Là, on profite d’avoir du nord-oues pour avancer en bâbord. Dans les prochaines heures, on attend du nord un peu mollissant. Le vent n’est pas très stable, il faut sortir régler les voiles assez régulièrement. Et je dois aussi affiner la stratégie. Mine de rien, il y a quand même un peu de courant. »


Alexis Loison (Groupe REEL) : « Il s’est passé pas mal de choses au passage de la marque intermédiaire. Déjà, je pensais être deuxième derrière Élodie et puis on a vu deux petits malins débouler par la côte : ORCOM et CAPSO en Cavale. Je passe donc quatrième. Quelques milles avant la marque, ça été un peu le feu parce qu’elle était au milieu d’une zone de pêche. Il a donc fallu la décaler dans le Sud. Le directeur de course a très bien géré ça et on a fait plus de portant que prévu.

Je vais essayer de faire mieux que la médaille en chocolat sur cette étape-là. Je me voyais bien passer dans les trois premiers à chaque Sprint Intermédiaire sur cette Solitaire. J’ai donc fait 2,3 et 4.

On n’a jamais été aussi proche de l’arrivée comme on dit. Mais la route est encore longue et semée d’embûches avec un vent actuellement établi mais ça devrait tourner et mollir. Après, on sera dans des conditions de vents thermiques en journée et synoptiques la nuit. Il peut donc y avoir des retournements de situation entre le large et la terre, il faudra trouver où se positionner.

Je suis au près, j’ai 10/12 nœuds de vent et on a passé l’embouchure de la Gironde où c'était bien compliqué avec le courant traversier. Cela donnait pas mal de bascules de vent. Je ne suis pas à 100% mais ça va, je ne suis pas à l’agonie, non plus.J’ai réussi à me reposer notamment au portant. J’avais une super vitesse sous pilote et donc, je ne me suis pas fait prier pour m’allonger en prévision de ce long sprint vers l’arrivée. »


©Alexis Courcoux