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Land’s End, voilà que ça recommence



Depuis ce matin, Gaston Morvan (Région Bretagne - CMB Performance), à la faveur d’une option à terre inspirée à l’heure de laisser le canal Saint-Georges dans son sillage, ouvre, sous spi, la marche de la flotte en direction de Land’s End.


Aux avant-postes, le jeune skipper de l'Aber Wrac'h est suivi par par une meute de concurrents qui ont vu leurs écarts, mesurés après le passage de Chicken Rock, fondre comme neige sous le soleil des mers d’Irlande et Celtique, baignées depuis deux jours par de conditions clémentes.


Cet après-midi, un flux nord-ouest de 10-11 nœuds, donne le tempo sur une petite houle onduleuse. Mais ce soir, en approche de la pointe sud-ouest de l’Angleterre, le vent menace de nouveau de déserter la place, augurant un ralentissement général, et quelques chamboulements aux avant-postes. D’autant qu’Alexis Loison (Groupe RÉEL), chef de file du groupe de l’ouest n’a certainement pas dit son dernier mot. Land’s End, voilà que ça recommence !

Preuve s’il en est, que cette deuxième étape partie de Kinsale pour rallier la Baie de Morlaix, reste ouverte et propice à d’impressionnants retournements de situation. Gaston Morvan, le premier, le disait le matin du départ. À ses yeux, deux ingrédients seraient nécessaires pour venir à bout de ce parcours, sous le signe du petit temps et des forts courants : « la lucidité, et le sang froid ».



Un classement sens dessus dessous


De toute évidence, le pensionnaire du Pôle Finistère Course au Large ne manque ni de l’un, ni de l’autre. Tout comme les deux bizuths Benoît Tuduri (CAPSO en Cavale), et Romain Le Gall (Centre d’excellence voile - Secours populaire 17), ainsi que celles et ceux qui ont aussi bifurqué vers les côtes britanniques et le cap Saint-David. En mauvaise posture la veille, les voilà dans le Top Dix du jour. Les retardataires d’hier sont les leaders d’aujourd’hui. Et vice versa. Au point que le classement de cet après-midi donne l’impression d’avoir été retourné comme un sablier en moins 24 heures.


Dans la même logique, les échappés de Chicken Rock rétrogradent. À leur tour, ils accusent des écarts qui se creusent . Arthur Hubert (MonAToutÉnergie.fr), qui avait doublé le phare de l’île de Man en troisième position, se voit ce soir relégué en queue de flotte. De quoi lui taper franchement sur les nerfs. Pour autant, on devine que le skipper malouin le redoutait, lui qui avertissait hier : « je commence à connaître la Solitaire maintenant. À tout moment, il y a le retour de manivelle. On peut être arrêté aux Scilly et le groupe de derrière passe à l’intérieur et nous met 20 milles. Il faut être prêt à tout ». Il n’a pas fallu attendre le passage de l’archipel de la mer Celtique pour voir ce scénario prémonitoire se réaliser. Dès la sortie de la mer d’Irlande, la flotte a de nouveau fait le grand écart.


Une dernière Manche incertaine


Autre marqueur majeur de ce parcours de 558 milles, servi majoritairement par des petits airs, avec des points de passage sous haute tension rythmés par des courants survoltés : sa lenteur.


Aujourd’hui encore les conditions, annoncées compliquées en Manche, et laissent la possibilité de voir cette fin d’étape traîner en longueur. De quoi inciter aujourd’hui, le Directeur de Course, Yann Chateau, à favoriser des plages de repos aux skippers, qui ne sont visiblement pas au bout de leur peine. Sa consigne du jour : limiter les contacts VHF sur le canal de la course avec le bateau médias, pour éviter de réveiller les skippers qui pourraient s’offrir une petite sieste pas volée.

À l’entame des 100 milles qu’il reste à parcourir pour rallier la Baie de Morlaix, beaucoup d’incertitudes planent encore sur le dénouement de cette étape, qui dévoile tous les atours d’un gros morceau de bravoure. Qui l’emportera, et quand ? Le suspense reste entier avec des premières arrivées estimées à partir 14h30/16h jeudi, mais qui pourraient aussi traîner en longueur. Demain est un autre jour…

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