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Land’s End, ou la promesse du début de la fin…

Dernière mise à jour : 15 sept. 2023

Ce matin, après deux nuits de course, la flotte, enfin propulsée par un flux d’ouest d’une quinzaine de nœuds, pointe ses étraves vers le nord-ouest. Les bateaux, gités comme des dahus bâbord amure sous la grisaille ambiante, ont mis le cap sur Land’s End. Dans des régimes de vents contraires qui se succèdent sur le parcours vers Kinsale, impossible de tracer tout droit pour rejoindre la mer Celtique. Les solitaires ne peuvent pas entamer la partie plus hauturière de cette première étape sans un dernier petit détour chez les Anglais. Place donc à une troisième traversée de la Manche du sud au nord, qui donne lieu aux premières options.




Vent ou courant ? C’est là toute la question qui génère de premiers décalages en latéral. D’un côté, les concurrents, qui comme Basile Bourgnon (Edenred) choisissent de privilégier « le courant et la distance la plus courte ». De l’autre, les protagonistes, parmi lesquels figurent la plupart des autres solitaires de tête, qui misent plus sur la bascule du vent au nord-ouest susceptible de leur apporter la primeur d’un virement imminent.


Sur l’eau, il est 16h45 quand Corentin Horeau (Banque Populaire), qui pointe à une dizaine de milles de Land’s End, déclenche cette manœuvre tant attendue. Il est aussitôt imité par Guillaume Pirouelle (Région Normandie), et tous ses plus proches poursuivants. La chorégraphie des étraves de Figaro Beneteau 3, qui mettent de l’ouest dans leur route en se dandinant sur une mer peu agitée, anime l’horizon. Un vent de nord-ouest de 13 nœuds donne le tempo. C’est parti vers les Scilly, où les premiers sont attendus vers 22h00 ce soir…


Les mots de la VHF:


Victor Le Pape (Région Bretagne - CMB Espoir) : « La route est encore longue. À 15h00, sur mon afficheur, il reste 207 milles avant le Fastnet, et il va se passer plein de choses d’ici là. On est un peu moins penché que tout à l’heure, moins comme des dahus et tout va bien à bord. Normalement, on va rencontrer un thalweg, une excroissance de la dépression, pour aller chercher une bascule qui doit engendrer des changements de trajectoires assez conséquents. Normalement on doit toucher un flux de nord-ouest jusqu’aux Scilly, voire un peu plus loin vers l’Irlande. Après on verra ce qu’il se passe, l’avenir nous le dira. Avec Hugo (Dhallenne), on ne s’est pas beaucoup lâchés depuis hier soir. On est à couteaux tirés, à touche-touche. Ça fait un match dans le match chez les bizuths. C’est vrai qu’il y a un peu de monde décalé les uns des autres. On fera les comptes au Fastnet. Je suis revenu aujourd’hui un peu plus dans le paquet. Je fais un peu le yo-yo, mais le moral va bien. J’arrive à dormir, à manger, je me sens bien en mer…Vivement la suite ! »


Benoît Tuduri (Capso - En Cavale) : « J’ai eu quelques soucis techniques. Mais j’ai pu régler un peu ça et maintenant ça s’accélère. Depuis le début, je fais un peu le yo-yo dans les classements. Hier, j’ai tenté une option qui s’est avérée pas trop mal. J’ai vu un bon coup à jouer dans les courants, malheureusement le vent a changé la donne. Il y en a eu plus que prévu, et les autres sont revenus derrière. Mais j’ai quand même gagné quelques places. Je joue le classement général, et je ne m’occupe pas trop de la partie bizuths que je vois plus comme du bonus. J’ai eu des moments un peu moins en forme avec des douleurs aux cervicales assez importantes, mais à part ça, ça va. On entame la partie large du parcours, et c’est ce que je préfère. Je mets un peu de temps à me mettre dans le bain, je ne suis jamais au top de la forme en début de course. Je me suis bien reposé ce matin, le bateau avance, tout roule… Et j’ai ma stratégie bien en place. »

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