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GASTON MORVAN : 6EME INSCRIT À LA SOLITAIRE DU FIGARO PAPREC

Breton issu d’une grande famille de marin, il débute sa carrière en Optimist et se distingue rapidement en Laser. Lors de sa première année à bord de Région Bretagne CMB - Espoir en Figaro 3, il remporte le classement Bizuth de la Solitaire du Figaro Paprec. Avec ses solides résultats, il affiche désormais de grandes ambitions pour cette 54e édition.

1. Gaston, j’ai une première question. Si demain soir, je te croise en soirée et que je te demande : ” Gaston, qu’est-ce que tu fais dans la vie ? “. Qu’est-ce que tu me réponds ?

Je suis sur le circuit Figaro sous les couleurs de la Région Bretagne et du CMB. La Solitaire du Figaro Paprec, c’est l’objectif de ma saison et je m’y prépare. Mon CV nautique, c’est des années en voile olympique en laser avec un titre de champion de France Espoir, une septième place sur un championnat du monde, et des podiums sur des coupes d’Europe. J’ai basculé en course au large en 2021 où j’ai fait 1er Bizuth lors de La Solitaire du Figaro. Plus récemment, j’ai fait troisième du championnat de France Élite l’année dernière, et second de la Transat Paprec il y a quelques semaines.


2. Il s’agit de ta troisième participation cette année, quelle image as-tu de La Solitaire du Figaro Paprec ?

Pour moi, c’est une course de légende, c’est un monument de la course au large en France, et même dans le monde. C’est la seule épreuve que l’on court à armes égales sur un format où vraiment le sportif fait la différence. Depuis tout petit, cette course me passionne, et je l’ai beaucoup suivie de par mon environnement familial. Elle me fait encore rêver, et c’est sûr que j’ai très envie de la remporter un jour. En tout cas, je m’investis beaucoup au quotidien pour y arriver !

Sur 100%, comment jauges-tu ton niveau d’appréhension et d’excitation sur cette course ?

C’est toujours dur à estimer, mais de l’appréhension il y en a, et il y a aussi beaucoup d’excitation. Après, il faut réussir à maîtriser ses émotions et arriver avec un bon niveau d’envie et de calme pour bien performer. Je fais attention à ne pas être euphorique parce que j’ai besoin d’être calme pour bien marcher.


3. Tu fais partie de la filière Région Bretagne - CMB, en quoi consiste cette filière ?

Depuis de nombreuses années, la filière forme des skippers à entrer dans le monde de la course au large, et notamment des champions. On peut citer : Franck Cammas, Sébastien Josse, Armel Le Cléac’h, François Gabart, et plus récemment Tom Laperche. C’est une filière qui a fait ses preuves et qui donne les moyens d’aller chercher de belles places, et d’avoir de belles ambitions sur le circuit Figaro. Aujourd’hui, celle-ci s’est bien développée, on est trois skippers avec une belle équipe, des préparateurs, et un super cadre pour performer.


4. Ton meilleur et pire moment en navigation ?

Je peux vous parler de ma première arrivée de Transat Paprec à Saint-Barthélemy où c’était quand même un moment assez fort, même s’il n’y avait pas encore grand monde sur la ligne d’arrivée vu qu’il était 3 heures du matin. Sinon, les bons moments, c’était ma victoire en Bizuth sur La Solitaire du Figaro il y a deux ans à Saint-Nazaire. Un autre moment fort, c’était l’année dernière, sur la dernière étape de La Solitaire où j’avais été au bout de moi-même et j’avais réussi à faire un podium d’étape. En plus, c’était partagé avec Tom, on avait tous les deux faits premier et deuxième. Pour l’équipe, le projet, les partenaires, et pour nous skipper, c’était un moment très fort, en plus c’était avec Elodie Bonafous qui est l’ancienne skipper Océane.

Un mauvais moment en navigation serait l’année dernière lorsque je déchire mon Spi à l’approche du Cap Finisterre. À ce moment-là, tous les espoirs s’envolent, je pense même abandonner la course un moment mais je finis par réussir à réparer et à finir l’étape dans le top 5 quand même.


5. La Solitaire du Figaro Paprec en trois mots ?

C’est un Challenge, c’est une Bataille, et c’est du Sport. Je pense que c’est des mots qui décrivent bien la course, c’est du sport de haut niveau et on y va pour être devant les autres. Ce n’est pas trop l’aventure, c’est quand même plus la course. Autant, la Transat Paprec c’est l’aventure, autant La Solitaire c’est purement la course et la compétition. Il y a un haut niveau de concentration et tout le monde s’y prépare.

Déjà, lors de ma première participation, mon objectif était de boucler la course, de ne pas finir trop loin des leaders, et d’aller au bout du challenge. Maintenant l’objectif n’est plus le même, c’est de faire une belle place donc il y a une petite différence. Mais ça reste un gros challenge, c’est hors-norme de ne pas dormir pendant des jours, d’aller au bout de soi-même, de barrer pendant des heures et des heures. Tout est fait pour que ça soit dur et que ça fasse mal et en même temps c’est beau parce que c’est un chouette sport et on a la chance de le faire. Je pense qu’il y a un mélange de plein de choses, il y a la beauté dans le sport, la glisse car les bateaux sont sensibles et sympas à barrer, et après on a la compétition…


6. Ta journée type de marin lorsque tu n’es pas en course ?

J’essaye de faire un petit peu de sport tous les jours. Après, quand je ne suis pas en course ou en entraînement, j’aime bien pratiquer des sports de glisse dans les Abers d’où je suis originaire. Je fais un peu de kitesurf, de la wing, du bateau, c’est toujours sympa de profiter de ces endroits magiques lorsqu’il fait beau. On passe beaucoup de temps dans nos vies à l’entraînement ou autour des bateaux donc c’est toujours intéressant de sortir un petit peu du cadre “voile”, et de parler de foot ou de n’importe quoi, ça fait du bien !


7. Quelle chanson inavouable écoutes-tu quand tu es seul au large et qui peut aider contre la fatigue ou l’angoisse ?

Il y a du Johnny à bord, du Francky Vincent, des sons de boite de nuit, ça dépend des humeurs du moment mais il y a de quoi bien s’amuser. Après je ne suis pas quelqu’un qui met beaucoup de musique à bord, je mets de la musique lorsque c’est un peu plus monotone, mais il n’y en a pas tant que ça. La musique ne m’aide pas à me concentrer, donc je fais plutôt attention et je la coupe lorsqu’il faut que je sois 100% concentré. Certains ont la musique tout le temps allumée, mais ce n’est pas mon cas, pour moi c’est de temps en temps comme au réveil.

Et la musique pour te réveiller le matin du coup ?

Ahhh, ca je ne peux pas te le dire sinon les autres vont la télécharger !


8. Ton objectif cette année, et tes ambitions futures ?

L’objectif est de prendre du plaisir, de donner le meilleur de moi-même, que tout le monde autour de moi soit content de ce que je vais montrer, et après de faire une belle performance.

Et au-delà ? Il te reste 2 ans dans la filière mais quand tu regardes plus loin, ou est ce que tu te vois ?

Il y a quelque chose qui me fait bien rêver en ce moment et c’est le Trophée Jules Verne en Ultim. Je pense que des tentatives auront lieu à l’hiver 2024. Naviguer en Ultim pour faire le tour du monde c’est ce qui me fait rêver en dehors de La Solitaire qui prend pour le moment beaucoup de place dans ma tête.


9. Un ancien figariste qui te sert d’exemple aujourd’hui ?

Je dirais Franck Cammas, qui a gagné La Solitaire en 1997, l’année de ma naissance. Pour moi, c’est la légende de notre sport, il a fait tellement de disciplines. Il a été en olympisme, en Ultim, mais aussi sur la Volvo Ocean Race… Et il est encore aujourd’hui sur tous les fronts en étant sur du catamaran de sport à foil, sur la Coupe de l’America, ou encore avec Charal sur le programme IMOCA. C’est un profil qui m’inspire tellement et qui me fait rêver. J’ai tellement de respect pour ce qu’il fait, parce que c’est le seul à faire ça, je pense. Quand tu parles avec lui, c’est toujours hyper intéressant et il est toujours très abordable. Depuis tout petit, je n’ai que des posters de Franck Cammas dans ma chambre, ce n’est pas nouveau que je suis fan de lui ! Je l’ai invité à venir naviguer avec moi sur le Tour de Bretagne, ça lui aurait bien plu, mais il était déjà engagé sur une autre course.

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