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Benoît Tuduri, premier sur la ligne de la 1ère étape de la 54e édition de La Solitaire du Figaro

Dernière mise à jour : 17 sept. 2023

(Update 16/09/2023: Benoît Tuduri a été exclu de la course pour triche avérée)


Le suspens a duré jusqu’au bout sur la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec (Caen – Kinsale). Installé aux commandes de la flotte depuis la mi-journée hier, Benoît Tuduri (CAPSO – En Cavale) s’est présenté le premier sur la ligne d’arrivée de la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec entre Caen (Calvados) et Kinsale (Irlande) à 08:02:25 heure française . Il aura mis 3 jours 19 heures 00 minutes et 25 secondes pour boucler le parcours théorique de 610 milles nautiques de la première étape. En pratique, il a parcouru 648,63 milles à la vitesse moyenne de 7,13 nœuds.

© Alexis Courcoux


Après quatre jours et trois nuits de mer inscrits sous le signe de la concentration, du stress, de la fatigue, de l’effort et de la combativité, Benoît Tuduri s'adjuge (avant jury) le Trophée Beneteau des Bizuths. Une superbe performance pour le vendéen d’adoption de 29 ans, qui participe pour la première fois à la course reine du Championnat de France Elite de Course au Large.


Benoît Tuduri (CAPSO – En Cavale) : « Je ne réalise pas encore en fait. J’étais très concentré jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est ma 4e course en solitaire et ma première étape de Solitaire de toute ma vie. C’est quelque chose, c’est est assez extra ! C’est une victoire que je dédie au projet que j’ai avec les enfants qui sont venus me voir au départ à Caen, au départ de la course, et à tous mes partenaires qui me font confiance. Ça me fait plaisir qu’ils aient suivi ça, car je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde derrière qui doit suivre et qui doit être content de ce qu’il se passe. Je suis moyennement content du début de ma course. Je mets longtemps à me lancer. Je suis un diesel, on va dire (rires). Les débuts de course, ce n’est jamais trop ça. Mais après, j’étais dans le bon paquet, j’ai fait quelques options, bonnes ou moins bonnes. J’ai tenté des choses. En Figaro, on ne lâche jamais rien, c’est ça qui est important. Après, j’ai longtemps hésité pour l’option nord Scilly. Je me suis dit que ça pouvait être une très bonne option sur le papier donc je l’ai tentée. Sinon, en vitesse pure et dure, si j’étais resté dans le groupe avec les autres, à un moment donné ça aurait été difficile de passer devant. Je me suis posé des questions avant de partir au nord. Je vois qu’il n’y a que Tom qui a suivi avec moi. L’option était intéressante, même si je n’étais pas du tout sûr que ça allait payer. Je suis quelqu’un qui aime bien les risques. J’ai pris deux options dans la course : une première qui aurait pu être payante aussi mais finalement, il y eu un plus un peu plus de vent et finalement c’est revenu derrière. Je n’ai pas perdu de place mais je n’en ai pas gagné. Et une deuxième qui s’avère très bonne. J’ai eu plus de pression hier que cette nuit. Toute la journée, on était dans la pétole et j’étais loin de tout, isolé. Et finalement, on s’est séparés. Chacun est parti un peu de son côté. On avait eu un bulletin météo à l’Iridium qui disait “hautes pressions”. Ce n’est vraiment pas plaisant quand tu es un marin. Je me suis dit que le vent allait revenir par l’ouest comme c’était prévu donc je suis parti à l’ouest. Tom est parti de l’autre côté. On était vraiment seuls au monde et là, toute la journée, je me suis dit que j’étais planté là et que tout le monde avait dû passer. Je voyais que Tom avait fait de la route directe pendant un temps et après je ne voyais plus personne jusqu’au classement de 17h00 où j’ai appelé la Direction de Course. Ils m’ont dit que j’étais toujours en tête. J’ai repris de l’espoir et j’ai continué à fond. Quand le vent est revenu, je savais que j’étais sûrement le premier à en retoucher et que j’avais un petit peu d’avance. C’était mon premier Fastnet. Il a une petite saveur particulière parce que c’est quand même un endroit mythique. Il faisait nuit et il pleuvait. J’ai vu le Fastnet quand je suis passé à 20 mètres du caillou mais c’était un moment très sympa, mystique. Je n’avais que deux personnes en visu derrière moi à l’AIS. J’avais une petite avance, c’était confortable. Je me suis même reposé en fin de nuit sans trop de problèmes. Le bateau filait, tout était réglé. ça allait bien. En Figaro, c’est rare d’avoir autant d’avance sur le 2e. C’est une étape atypique par rapport à ce que l’on fait d’habitude où on est plutôt collés-serrés. Là, c’est du large et c’est ce qui me plaît le plus. C’est ce qui change du reste des courses que l’on fait le reste de l’année, où on est beaucoup sur du mix inshore/large. Là, on a vraiment plus d’options à jouer. Je remercie la Direction de Course pour le parcours qui est vraiment exceptionnel. Il était super, avec plein de choses à faire.»

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