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Une entame en douceur

Publie le 22/06/2019

Les conditions météorologiques attendues n’ont plus rien à voir avec la réalité du plan d’eau : le départ a ainsi été perturbé par une bascule soudaine du Sud-Est au Nord-Est, puis un trou de vent a bloqué la flotte en baie de Morlaix, avant un retour de brise au secteur Est. Une fois l’île de Batz parée, c’est vers le large sous spinnaker que les 47 Figaro Bénéteau 3 se sont dirigés pour contrer une marée montante jusqu’à 22h00.

Alexis Courcoux
Alexis Courcoux

Ce début de match tout en douceur a quelque peu ralenti la flotte qui n’a pu retrouver une brise stable que vers la bouée d’Astan devant Roscoff, un flux de secteur Est d’une douzaine de nœuds. Et comme elle apparaissait plus soutenue au large et qu’en sus, le flot venait contrer la progression vers l’Ouest, tout le monde se suivait à la queue-leu-leu à une dizaine de nœuds de moyenne. Et c’est Yann Eliès (St Michel) qui menait le bal après un bon départ et une rapide réaction au trou de vent des Duons. C’est donc le déclenchement de l’empannage pour aller chercher la bouée Grande Basse de Portsall qui permettait d’optionner légèrement, sachant que la marée s’inversait vers 21h30 devant l’Aber Wrac’h. Le passage autour de la marque était donc important puisque les premiers devaient bénéficier en priorité de cette inversion de courant.

Routage et décalage

Les premiers à revenir sur la marque en bâbord amures étaient ainsi Eric Péron (French Touch) et Henri Leménicier (Eurêka) suivis plus au Nord par les deux premiers à la bouée Radio France : Yann Eliès (St Michel) et Morgan Lagravière (Voile d’Engagement). Et l’un des derniers à enclencher la manœuvre fut Pierre Leboucher (Guyot Environnement) handicapé en l’absence de grand spinnaker dès le parcours côtier… Les routages prédisaient un amerrissage sur la bouée de Portsall vers 21h00, mais déjà les leaders étaient en retard sur ces prédictions : il restait encore 15 milles pour les premiers et plus de vingt milles pour les retardataires comme Joan Mulloy (Believe in Grace-Businesspost.ie) ou les deux Klaxoon.

C’est donc plutôt sur les coups de minuit que la flotte va pouvoir faire route vers le Nord-Ouest en direction de Wolf Rock, soit cent milles dans un flux de secteur Est qu’on annonçait modéré, et qui semble plutôt se stabiliser au faible. Bref, c’est déjà une longue, très longue ultime manche qu’il va falloir gérer pendant trois jours au moins, car le ciel se couvrait, des millions de mouches batifolaient dans les cockpits, des bouffées de chaleur s’étendaient vers le Nord et le baromètre montrait un électroencéphalogramme plat à 1 030 hPa ! Rien de bon à l’horizon…

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