FRENG

Actualités

MAG // Souvenirs de Fastnet

Publie le 01/09/2020

Les 35 marins de La Solitaire du Figaro franchiront dans la soirée de mardi le célèbre phare du Fastnet, au sud-ouest de l’Irlande. Un endroit qui, pour la plupart, est synonyme de nombreux souvenirs, qu’ils nous ont fait partager avant le départ de la première étape.

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire)

« En 2001 sur La Solitaire du Figaro : on part de Saint-Quay-Portrieux et on devait aller à Dingle en contournant le Fastnet à bâbord. J’étais bien placé, dans l’ouest, je pouvais potentiellement passer le Fastnet en tête, mais à 100 milles du phare, une dépression s’était creusée, la direction de course avait alors décidé pour des raisons tout à fait compréhensibles d’annuler l’étape et de demander à tous les bateaux de se diriger vers Crosshaven pour attendre que le mauvais temps passe. On a finalement vu Le Fastnet 36 heures plus tard en convoyage, une fois que le temps s’était calmé. »

Yann Eliès (Quéguiner Matériaux-Leucémie Espoir)

« Le premier souvenir qui me vient à l’esprit, c’était une course du Fastnet en double sur mon Imoca Generali avec Sébastien Audigane. Un gros maxi avait perdu sa quille et avait chaviré dans 30 nœuds de vent, nous n’avions aucune visibilité, à fond, la tête dans le guidon comme tu peux être en Imoca quand tu arrives au portant à une marque de passage et que tu repars au près juste derrière, c’était la guerre à bord, il y en avait partout. On a alors attendu les « Mayday » (« au secours ») de l’équipage du maxi, j’ai un peu eu le sentiment de revivre ce que les marins ont enduré en 1979 (édition tragique, marquée par la mort de 15 participants). Sinon, j’ai un autre souvenir de retour de Dingle sous spi, dans 20 nœuds, sous le soleil, c’était magnifique de longer toute la côte irlandaise, je n’ai jamais vu autre chose d’aussi beau. »

Alexis Loison (Région Normandie)

« Je me souviens d’une belle bagarre avec Nicolas Lunven sur la course Douarnenez-Fastnet Douarnenez, qui avait un peu le même profil que cette première étape, j’avais passé le Fastnet en tête, j’étais content. Sinon, l’année dernière, j’ai disputé la course du Fastnet avec Jean-Pierre Kelbert (patron du chantier JPK), qui le passait pour la première fois. On a vu l’hélicoptère se pointer pour faire des images de nous, je lui ai dit que c’était plutôt bon signe, et effectivement, c’était un très bon signe (ils se sont imposés en IRC 3). Je me souviens enfin d’un passage de nuit dans le brouillard, avec le halo du phare, c’était à la fois magique et lugubre. »

Frédéric Duthil (Technique Voile-Cabinet Bourhis Generali)

« Mon meilleur souvenir, c’est mon premier Fastnet en Mini, en 2002, en proto avec François Lebourdais. On avait à l’époque peu d’éléments de routage, peu de fichiers météo, on était arrivés au Fastnet dans 45 nœuds de vent, ce qu’on n’avait pas du tout prévu au départ, c’était une de mes premières nav engagées, nous étions montés au près, nous étions trempés de la tête aux pieds, c’est un sacré souvenir, parce que depuis, je ne l’ai plus jamais passé dans des conditions aussi dures que celle-là. »

Loïs Berrehar (Bretagne CMB Performance)

« Pour moi, ce sera la sixième fois que je passerai là-haut. La première fois en solitaire, c’était l’année sur la première étape de La Solitaire du Figaro, ce n’est pas un bon souvenir en termes de classement, sportivement, ce n’était clairement pas la fête, mais le spectacle était magique : nous l’avions franchi en fin de journée, sous un grand soleil, les côtes sud de l’Irlande sont vraiment très belles. En équipage, j’en garde un super souvenir, puisque j’avais gagné la course du Fastnet en 2015 en IRC Z sur Bretagne Télécom avec Nicolas Groleau, j’avais 21 ans, c’était la deuxième fois que j’y allais. »

Tanguy Le Turquais (Groupe Quéguiner-Innoveo)

« Des souvenirs marquants du Fastnet, je n’en ai pas tant que ça, parce que j’ai dû le passer à une dizaine de reprises en course et finalement, je ne l’ai vu qu’une fois, entre les fois où je l’ai passé de nuit et celles où il y avait trop de brouillard pour le voir ! Du coup, mon souvenir marquant, c’était sur le Mini-Fastnet avec Ambrogio Beccaria, on a passé le phare en tête, et juste derrière, il y avait Clarisse (Crémer, sa compagne) avec Erwan Le Draoulec, c’était un moment assez sympa de le passer avec elle juste derrière, il faisait grand beau, il y avait des pêcheurs, des phoques, et en plus, c’était le jour de mes 29 ans ! ».

Robin Marais (Ma chance Moi aussi)

« Je me souviens d’un passage en Mini, on le passe au portant et juste après, un rideau de brume s’abat derrière nous, on ne le voyait plus du tout, c’était assez magique. Et d’un autre en Class40 en 2015 avec Cédric de Kervanoael, c’était vraiment très sport, dans 30 nœuds de vent, on n’arrive pas à rouler le gennaker, ça se termine par un départ à l’abattée loin de la route et près de la côte dans le noir. On fini par réussir à rouler le gennak, j’y laisse beaucoup de plumes, je descends dans le bateau pour faire un point sur la nav, je me blesse la main sur une écharde qui dépassait, il y a du sang partout dans le bateau. »

Share