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Partie d’échecs océanique

Publie le 15/09/2021

Ce matin, la flotte était toujours très étalée en latéral ; plus de 50 milles séparaient Jesse Fielding (opportunity – State Street Marathon sailing) au nord de la flotte d'Arthur Hubert (MonAtoutEnergie.fr) marin le plus septentrional.

Avec une portée AIS* de 5 milles, impossible pour les concurrents de placer précisément les pions sur cet échiquier océanique et donc d’anticiper les potentiels déplacements de leurs adversaires. Il faut faire sa route, rester concentré sur ses trajectoires et surtout essayer de se reposer avant d’attaquer la dernière ligne droite. Tous témoignent aujourd’hui d’une fatigue inexorablement accumulée au fil des jours et de ce mois de course intense à l’instar de Pierre Quiroga ( Skipper Macif 2019) : “Je dors, je dors, et le corps ne récupère plus aussi bien. Je patauge dans la semoule. Quand je me réveille, je ne suis pas opérationnel. C’est dur. Les nuits en mer commencent à être longues, ça devient interminable, le soleil met du temps à se lever, ça n’aide pas le cerveau à se réveiller”.

*AIS pour Automatic Identification System. Ce système permet d’émettre et de recevoir les données de positionnement, cap, vitesse,... des bateaux. Ces informations sont reçues par tous les capteurs AIS alentours.

Emportés par la houle

En mer, les surfs sous spi s’enchaînent. La grande houle qui propulse les Figaro Bénéteau 3 modifie le vent apparent forçant les marins à rester à la barre et aux réglages.

La flotte divisée jusqu’en milieu de journée s’est regroupée à la faveur d’un premier empannage. Tout reste encore à faire pour les 34 solitaires en course. L’approche des côtes bretonnes va certainement se révéler piégeuse. Les prévisions météo que les marins ont embarquées, il y a 5 jours, à Roscoff sont désormais obsolètes et surtout les hommes et femmes déjà usés par 3 jours de course vont devoir redoubler d’attention pour ne rien manquer des effets de sites inhérents à l’atterrage.

Achille Nebout (Primeo Énergie - Amarris) “Les fichiers commencent à être loin de la réalité, ça va être compliqué à la fin. Demain, il faudra prendre en compte le vent thermique, la pétole près des côtes bretonnes. Je me suis bien reposé, c’est un bon point ! Moralement, c’était dur hier, mais je me dis que tout est possible. Ça va jouer jusqu’à la fin, c’est clair, et je suis dans de bonnes dispositions pour attaquer les deux derniers jours.”

Deux options se profilent en cette fin de journée : empanner aux alentours de 18h30 pour tirer un grand bord proche de la côte, ou attendre 22h30 pour se caler sur la route directe… L’issue de l’étape se joue peut-être là !

Les dernières prévisions laissent présager d’un passage au large de Penmarc’h, entre 6h et 9h demain, jeudi.

Pendant ce temps, les trois bateaux accompagnateurs de La Solitaire du Figaro sillonnent la prairie comme ils se plaisent à le dire, pour garder un œil sur leurs protégés et leur apporter réconfort et divertissements ; des distractions bienvenues qui ponctuent agréablement les quarts des coureurs.

Partager notre passion

À terre, les équipes d’Oc Sport Pen Duick préparent activement l’arrivée des solitaires. Direction générale et administrative, direction de course, multimédia, presse et communication, arbitrage, relations partenaires, logistique mer et terre, équipe médicale, animation, électriciens et électrotechniciens spécialisés, l’organisation de La Solitaire du Figaro mobilise une équipe d’environ 70 personnes sur une durée d’un mois.

Oc Sport Pen Duick compte une douzaine de permanents ; l’équipe est renforcée par de précieux prestataires, détaille Alex Picot, chef de projet de La Solitaire. L’itinérance de la course nécessite une logistique importante sur l’eau avec 3 bateaux accompagnateurs mais aussi pour monter, habiller, faire vivre puis démonter et transporter le village et tout le matériel nécessaire à son fonctionnement. Faire vivre et partager la course au plus grand nombre reste notre plus belle ambition. Nous avons la chance d’évoluer dans un milieu incroyable, entouré de gens passionnés, véhiculant des valeurs fantastiques de courage, d’abnégation, de combativité, de sportivité mais aussi d’humanité et de solidarité. C’est une chance de pouvoir offrir et transmettre tout cela.”

Ici, après un mois d’exercice, chacun, dans l’organisation sait ce qu’il a à faire, tout le monde a pris son rythme. Ce mercredi, veille d’arrivées, le village a ouvert ses portes à Saint-Nazaire. Les semi-rigides sont à l’eau, les bouées gonflées, prêtes à être mouillées, le village est opérationnel, paré aux couleurs des partenaires, les stands et les animations battent leur plein… Il ne manque plus que les 34 solitaires pour que la fête soit complète. Ceux-ci sont attendus en début de soirée demain, jeudi.

Le village a été inauguré ce jour par Michel Ménard, Président du Département de Loire-Atlantique ; un département pleinement engagé puisque la Loire-Atlantique, terre maritime par excellence, accompagnera La Solitaire du Figaro en tant que partenaire majeur de l’événement : le territoire accueillera les départs et arrivées de l’épreuve ces cinq prochaines années.

Photo : Adrien François
Photo : Adrien François

Ils ont dit :

Joseph BIZARD (Directeur général OC Sport Pen Duick)

Cette inauguration à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique est hautement symbolique, avec toute l’émotion d’une Solitaire dont le dénouement est proche. Cela fait maintenant quatre semaines que les marins sont en mer, qu’ils ont parcouru plus de 2 500 milles nautiques. Ils ont vécu des moments intenses, sur un parcours inédit, le plus long jamais proposé sur une Solitaire du Figaro. Il est certain que nombre d’entre eux nous diront à quel point cette édition était difficile et Ô combien ils souhaitent y retourner. Malgré les contraintes sanitaires, le public a été au rendez-vous et il le sera encore jusqu’à dimanche sur ce village. La Solitaire du Figaro est un événement populaire et de territoires, c’est pourquoi avant même de clôturer cette édition, nous pouvons affirmer que, de ce point de vue, la course est un véritable succès. Nul doute qu’elle le sera encore pour les cinq années à venir, au sein du Département de Loire-Atlantique, partenaire majeur de l’épreuve.

Michel MENARD (Président du Département de Loire-Atlantique)

Le Département de Loire-Atlantique est un département maritime, et cette belle course met cela en lumière ! C’est à la fois une grande épreuve sportive mais aussi une fête populaire. La mer est attrayante, exigeante et parfois dangereuse. C’est pourquoi le département vient aussi en soutien aux associations qui assurent le sauvetage en mer et sauvent des vies, la SNSM et SOS Méditerranée. Je remercie tous les acteurs de ce bel événement, toutes les équipes mobilisées.

Beatrice PRIOU (Adjointe en charge des sports, Mairie de Saint-Nazaire) :

Les habitants du territoire ont un réel intérêt pour le nautisme, les grands événements et le sport en général. Saint-Nazaire porte une vraie ambition maritime que nous allons accompagner par de nombreux projets. D’un point de vue sportif, nous nous attendons à un finish de grande qualité ! Le public sera au rendez-vous. Je remercie tous les acteurs et particulièrement les associations - qui font la richesse de notre ville - qui participent à l’animation du village.

Lydia MEIGNEN (Syndicat mixte Les Ports de Loire-Atlantique) :

Après avoir bataillé des heures durant contre des conditions météo parfois réfractaires, après avoir fait souvent le deuil d’heures de sommeil, nos courageux navigateurs et navigatrices - que j’entends saluer tout particulièrement - vont voir s’ouvrir à eux l’estuaire de la Loire en guise de ligne d’arrivée tant attendue. Le partenariat scellé avec le Département de Loire-Atlantique et ses acteurs va, en s’appuyant sur le rayonnement de cette mythique course au large, donner à voir toute la palette de sa personnalité maritime. Une personnalité forte, rayonnante, aux multiples facettes. Parmi ces facettes, comment ne pas citer nos ports, ces espaces de rencontres et de partages si particuliers qui matérialisent cette porte d’entrée de la mer vers notre territoire. Ces ports portent haut l’identité maritime de la Loire-Atlantique.

Jérôme GUIZIOU (Directeur du développement - Nantes Saint-Nazaire Port) :

Le grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire est ravi de recevoir de nouveau La Solitaire du Figaro. Les valeurs de la course sont celles que l’on souhaite véhiculer : le dépassement de soi, le défi permanent, l’adaptation… C’est aussi un moyen de faire découvrir notre port.

Andréa PORCHER (Conseillère régionale - Région Pays de la Loire) :

Je suis très heureuse de représenter la Région des Pays de la Loire, partenaire officiel de la course. Quelle fierté d’accueillir une nouvelle fois La Solitaire du Figaro dans notre belle région ! Nous sommes heureux de voir cette course légendaire s’y ancrer. C’est une occasion unique de mettre en lumière la place majeure que le nautisme occupe dans notre région : c’est une filière économique d’avenir, une filière pourvoyeuse d’emplois et d’activités touristiques, une filière essentielle pour notre territoire. Nous pouvons tous être très fiers de cette 52e édition, toujours aussi palpitante.


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