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MAG //  Les préparateurs, aussi indispensables qu’invisibles

Publie le 11/09/2020

Hommes de l’ombre, marins à part entière, souvent très expérimentés, ils vivent trois semaines durant une aventure singulière dans les coulisses de La Solitaire, un peu sur la route, l’oeil rivé sur la cartographie de la course, et essentiellement sur les pontons, dans le vent, la pluie ou le cagnard. Les préparateurs techniques associés aux marins de la Solitaire vivent de l’intérieur les mille et une vicissitudes de la course, confiants en leur skippers, attentifs et inquiets de la bonne tenue des voiliers placés sous leur experte responsabilité. Complices dans le succès ou l’échec, ils devancent les attentes de leur skipper, prêts au pire, anticipant l’inattendu. Budget oblige, certains à l’instar d’Adrien Hardy (Attitude Ocean) s’en passent, quand d’autres mutualisent les compétences d’un seul préparateur assigné à deux bateaux. Solidaires, soudés par une expérience de vie commune, ces techniciens aux multiples compétences garantissent la quiétude du repos des marins, en réduisant au maximum les contraintes extra sportives liées à ce sport de voile éminemment mécanique.

Alexis Courcoux
Alexis Courcoux

Joseph Norroy, responsable logistique de La Solitaire du Figaro

« Le préparateur est l’élément indispensable au binôme skipper - bateau de La Solitaire du Figaro. Il s’agit d’une épreuve en solo dont on ne peut exclure le préparateur. Le skipper fait avancer le bateau, se bat pour le résultat. Une fois arrivé, il retrouve un peu de confort, afin de bien récupérer, et pendant ce temps, le préparateur prend le relais pour s’occuper du bateau. Il doit bien entendu débriefer avec le skipper pour établir sa liste de travail, prendre note de tout ce qui a pu disfonctionner en course, et y pallier dans le temps imparti entre deux étapes. Le bateau doit être fin prêt le jour du départ, toutes ses composantes validées par le jaugeur de la classe, garant de l’équité sportive de la course et qui s’assure qu’aucune modification ne vient avantager un bateau au sein de cette flotte monotype. Les fournisseurs techniques sont les mêmes pour tous. La Classe Figaro est très présente pour s’assurer que chaque bateau est semblable. Le préparateur est multifonctions, multi-compétent, hors grosse avarie. Il intervient sur le gréement, sur la coque en accord avec le jaugeur, et sait stratifier un appendice un peu abimé. Il veille sur l’avitaillement, en fonction des restrictions de poids liées à la jauge. L’alchimie qui fonctionne sur la Solitaire, c’est la symbiose entre le bateau et le préparateur. Ils sont souvent marins, compétiteurs. Ils travaillent avec l’organisation qui vit en huis clos durant toute la course. On est une grande famille au final. »

Axel, préparateur de Xavier Macaire

« On a notre routine d’arrivée, qui consiste en la vérification générale du bateau, vider l’eau s’il y en a à bord, et débriefer avec le coureur, afin de ne rien laisser au hasard pour le prochain départ. On peut ainsi être amené à intervenir sur toutes les composantes du bateau, moteur, mât, accastillage. Nous avons ainsi dû, à Saint-Quay, sortir le bateau à cause d’un bout pris dans l’hélice. Pour de tels travaux, c’est au préparateur de trouver les bons intervenants. La routine concerne le mât, l’accastillage et la carène. On plonge sous le bateau pour s’assurer du bon état de la carène et des appendices. Xavier se charge de sa liste de course pour l’avitaillement. Je m’assure qu’il n’aura rien à faire sur le bateau jusqu’au coup de canon. On est très attentif à la course, le nez sur la cartographie. On partage les heurs et malheurs de notre coureur. Il y a une petite rivalité entre préparateurs, en plus d’une belle solidarité entre les Teams. »

Lois Berrehar (Bretagne CMB Performance)

« Les préparateurs sont omniprésents, essentiels, et indispensables pour beaucoup d’entre nous. Partir serein, c’est savoir son bateau bien préparé. C’est un stress en moins, de savoir que tout est à sa place. Certains pièces maitresses doivent être surveillées et inspectées, comme le mât et l’accastillage. On a bien travaillé en amont car on se préparait à la Transat AG2R qui a été annulée, mais du coup le bateau était fin prêt au départ de Saint-Quay. Le préparateur nous permet de nous focaliser sur la récupération et sur la météo. Les préparateurs connaissent les impératifs de la jauge, des plombages et gèrent cela pour nous avant les départs. Je me garde la partie avitaillement. Le préparateur ne fait pas mon sac! Pour moi, le préparateur est un marin méticuleux et expérimenté. La Solitaire a un format de course particulier qui exige de la rigueur dans la préparation, dans le timing de la préparation. Goulven et Pierrick, les préparateurs, ont beaucoup d’expérience et savent anticiper ces contraintes spécifiques à La Solitaire. »

Cat Hunt

« Je m’occupe des bateaux d’Alan (Roberts - SeaCat Service) et de Jack (Bouttell - Fromagerie Gillot). On est une petite équipe de Southampton. C’est une expérience très riche, car la Classe Figaro est élitiste. Le niveau est incroyable. Mais il y a une grand solidarité au sein des équipes de préparateurs et les Frenchies sont très sympas et coopératifs avec nous. »

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