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L’ultime Manche

Publie le 21/06/2019

Cette cinquantième édition de La Solitaire URGO Le Figaro va de nouveau se dérouler en Manche, avec deux traversées au programme entre Roscoff et Dieppe. Et cette ultime étape peut encore créer des rebondissements au classement général. Analyse d’un dernier chapitre qui n’est pas encore écrit…

Alexis Courcous
Alexis Courcous

Une première fois au large (lors de la première étape entre Nantes et Kinsale), une deuxième fois en biais entre l’île de Wight et Portsall (lors de la deuxième étape entre Kinsale et Roscoff), une troisième et une quatrième fois entre Aurigny et Plymouth et entre Plymouth et Ouessant lors de la troisième régate. La Manche a donc été un terrain de jeu privilégié sur cette cinquantième édition de la Solitaire URGO Le Figaro. Et pour conclure entre Roscoff et Dieppe, ce sont deux autres traversées qui vont faire le tri parmi la flotte des 47 solitaires engagés : entre Portsall et le phare de Wolf Rock, entre la bouée Owers et Barfleur.

Entre chien et loup

Avec une brise de secteur Est annoncée pour le départ en baie de Morlaix samedi à 16h00, le parcours préliminaire d’une dizaine de milles va permettre au public de voir le départ et le passage de la bouée Radio France mouillée devant le port de Bloscon-Roscoff, mais aussi devant Primel et Le Diben lors de l’enroulement de la bouée spectacle. Avec une petite vingtaine de nœuds, ce préliminaire devrait offrir tous les ingrédients du suspens : qui sortira le premier aux abords de l’île de Batz et comment se positionneront les leaders au classement général dans cette meute ?

C’est donc sous spinnaker maxi et grand-voile haute que les solitaires vont débouler à plus de douze nœuds de moyenne vers la bouée Grande Basse de Portsall, une marque qu’ils connaissent bien à 35 milles de Roscoff… À la tombée de la nuit, tout le monde aura normalement enroulé cette marque avant de traverser perpendiculairement la Manche. Un grand bord Sud-Nord d’une centaine de milles pour parer le phare de Wolf Rock au petit matin, vu que le vent d’Est ne faiblira pas (15 -20 nœuds). Et au lever du jour dimanche, c’est un long, très long louvoyage qui attend les navigateurs avec une brise d’Est à Sud-Est d’une quinzaine de nœuds, mollissant parfois dans la journée. Le premier juge de paix sera donc la pointe de Star Point, à 80 milles dans l’Est de Wolf Rock qui devrait être parée de près vu que les coefficients de marée sont faibles la semaine prochaine (55 dimanche, 39 mercredi).

Bataille navale et juge de paix

Est-ce qu’il faudra tirer un grand bord au large en espérant une bascule du vent à l’Est-Sud Est, puis au Sud-Ouest ? Ou faudra-t-il se glisser d’une baie à une crique, d’un abri à une anse pour jouer avec un vent de secteur Est et le jusant toutes les six heures ? En tous cas, c’est la phase la plus ouverte en termes de choix de route qui s’offre aux skippers. Car il va falloir continuer à longer les côtes britanniques jusqu’à la bouée Owers, dans l’Est de l’île de Wight, à 150 milles de Star Point. Ce lundi sera donc une journée difficile parce que la brise devrait être instable et irrégulière avant de passer au secteur Nord en soirée de lundi. Or à partir de l’île de Wight, il devient difficile d’être totalement certain de l’évolution météorologique avec toutefois, une tendance à une brise d’Est faible à modérée avec des trous de vent…

Le final entre Barfleur et Saint-Marcouf puis la remontée vers Dieppe ne se présentent pas sous les meilleurs auspices : très probablement, du petit temps dans un flux souffreteux de Sud-Est pour terminer (si tout se passe bien) mercredi matin. C’est donc essentiellement l’ordre des marches du podium final qui pourrait être modifié suite à ce quatrième chapitre, et il ne semble pas que des écarts de plusieurs heures puissent être enregistrés. Mais à tout le moins du coup, force est de constater qu’entre le troisième Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) et le septième Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur), il n’y a que 41 minutes de delta ! Disruptif ?

La victoire ou la gagne ?

Alors y aurait-il un véritable match sur l’eau pour le gain de la victoire entre ces sept mercenaires ? Probablement entre eux pour le gain d’une, voire deux places mais de là à aller chercher la gloire suprême, il faudrait quand même que cette ultime manche soit aussi folle que les trois précédentes… Statistiquement parlant (et météorologiquement aussi), les chances sont faibles de détrôner « el dominator » Yoann Richomme (HelloWork-Groupe Télégramme) qui dispose d’un édredon de 1h 11’ 14’’ sur son dauphin et d’un matelas de plus de deux heures sur les cinq autres prétendants. Ne vaut-t-il mieux pas se concentrer sur des concurrents à portée de lance-pierres plutôt que de chercher un Graal sans Excalibur !

À chacun son Everest, mais atteindre l’Annapurna est déjà un exploit ! C’est donc avec le chronomètre en main qu’il faudra compter les minutes, peut-être les secondes car même ailleurs qu’en haut de tableau, il y a des combats qui s’annoncent : pour le classement des « bizuths » entre Benjamin Schwartz (Action contre la faim) et Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir) que seulement 51’ 23’’ séparent ; pour le classement Vivi des étrangers entre le Britannique Alan Roberts (Seacat Services) et la Suissesse Justine Méttraux (TeamWork) à 1h 02’ 43’’ ; entre les solitaires qui n’ont que quelques poussières d’écart comme Éric Péron (French Touch, 10ème) et Michel Desjoyeaux (Lumibird, 10ème) séparés de 9’52’’, ou entre Morgan Lagravière (Voile d’engagement, 13ème) et Sébastien Marsset (Handicap Agir Ensemble, 14ème) avec seulement 9 minutes d’écart ou entre Clarisse Crémer (Everial, 28ème) et Benoît Mariette (Génération Senioriales, 29ème) avec 2’ 27’’ de delta… Réponse à Dieppe mercredi matin.

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