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ANALYSE // Le point de la mi-journée : Ronan Treussart

Publie le 07/09/2020

Tous les jours pendant que les 35 marins de La Solitaire du Figaro sont en mer, nous vous proposons l’analyse d’un expert de la course au large. Pour cette première de la deuxième étape, Ronan Treussart, six participations à la course au compteur et préparateur sur cette 51e édition de Corentin Douguet.

« Avant le départ, les différents routages donnaient cette trajectoire, je pense que l’ensemble de la flotte a eu un peu peur de petites bulles qui se baladaient dans la Manche et à droite de la flotte, là où est passé Armel, il y avait a priori moins de vent, donc il y avait un risque, je pense que l’ensemble des routeurs avait mis un « warning » sur cette route à droite en disant que ça pouvait être dangereux de tomber dans la molle. Finalement, Armel n’a pas eu vraiment de molle, il a réussi à passer juste devant. Ceux qui sont en tête du gros paquet, Pierre Leboucher, Tom Laperche, ne passent pas très loin derrière lui, Armel ne s’est pas décalé beaucoup, mais ça a joué en sa faveur. Il avait dit avant La Solitaire du Figaro qu’il allait être opportuniste, je pense qu’il avait envie de tenter des trucs, jusque-là, ça l’a fait, c’est plutôt pas mal, bravo à lui.

En ce moment, ils sont au portant dans pas beaucoup d’air, le vent devrait peu à peu rentrer avec de la pression, jusqu’à 20 nœuds au milieu de la Manche, ils continuent à faire des empannages après Startpoint, avec le risque d’avoir un peu de dévent après la pointe s’ils sont dans l’axe du vent. L’enjeu de la journée est de caler le dernier empannage pour traverser la Manche tribord amure jusqu’à la marque d’Antifer, en sachant que sur cette traversée, il y a quand même une marée entière, donc il faut arriver à bien jouer avec le courant. Ça signifie que sur cette portion, il va falloir à la fois être rapide, donc barrer sous spi, et réussir à bien se positionner par rapport à cette problématique de marée, c’est vraiment du placement.

Ensuite, jusqu’à Dunkerque, je pense qu’ils vont flirter en limite du DST de Calais (dispositif de séparation du trafic, interdit à na navigation), ce qui veut dire qu’il va y avoir pas mal d’empannages le long de cette zone, surtout après Le Touquet. Avec les bancs de sable en plus à gérer, il peut y avoir du jeu, empanner sous spi dans 17-20 nœuds de vent, ce n’est pas rien, il faut tirer sur les bouts, c’est physiquement engageant, des places peuvent très bien se jouer sur une manœuvre plus ou moins réussie. »

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