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La récupération : le nerf de la guerre de La Solitaire du Figaro

Publie le 10/09/2021

Avec plus de 1 800 milles dans les bottes et un sommeil au compte-goutte, les batteries des skippers sont à plat. « Ils vont repartir dimanche pour la dernière étape en mode dégradé, à 70% de leur capacité. » explique Aymeric Rabadeux, un des trois kinésithérapeutes-ostéopathes mis à disposition par l’organisation. Massages, longues nuits et siestes dans la journée, hydratation maximale et nourriture saine : voici le programme des deux jours de break avant le grand final qui les emmènera jusqu’au phare du Fastnet en mer d’Irlande puis en Loire Atlantique !

L’espace santé Medaviz où travaillent les kinésithérapeutes, c’est le rendez-vous « plaisir » des Figaristes. Les yeux encore embrumés d’une très longue nuit sous la couette, ils arrivent en trottinette pour se faire papouiller, lâcher les muscles et le mental, refaire la régate entre potes. « J’adore venir chez les kinés. Je viens débriefer, je viens pour tout lâcher. Et puis, je croise les autres marins. Il faut dire qu’on ne se voit pas beaucoup sur les escales de La Solitaire. » confie Tanguy Le Turquais en pleine discussion avec Violette Dorange. La jeune navigatrice écoute d’une oreille attentive les conseils du skipper de Quéguiner-Innoveo dont c’est la 5e participation à la plus dure des courses en solitaire à armes égales. « Il faut que tu boives beaucoup d’eau. Et idéalement, je te préconise un petit footing tranquille de 7 km histoire de te libérer les jambes et te vider la tête. » poursuit Tanguy qui participe à sa dernière course en Figaro Bénéteau 3. Pierre Le Boucher sort de sa séance : « C’est trop bon. C’est indispensable pour récupérer. Il va falloir que je fasse plus attention. Je n’ai bu que 4 litres d’eau sur les 4 jours et 4 nuits de course. » Une guerre d’épuisement cette Solitaire du Figaro… « Si nous n’avions pas les kinés, nous ne finirions pas les étapes » ajoute Benoît Mariette. Damien Cloarec est du même avis « C’est une vraie Solitaire de maboul avec des grandes étapes de plus 600 milles à chaque fois. C’est costaud ! Les séances chez le kiné sont primordiales. »

Cervicales et lombaires mises à mal

Les corps trinquent. En cause, les heures à la barre et aux réglages, les manœuvres de changements de voiles à répétition, les soubresauts violents de ces monotypes à foils. « La nuque, le dos et les genoux sont très sollicités. Leur position à la barre n’est pas naturelle, ils sont désaxés. On sent que tous les muscles sont hyper durs, déshydratés, comme s’ils avaient des crampes et des courbatures partout. » explique Aymeric Rabadeux, kinésithérapeute-ostéopathe, spécialisé dans la course au large.

Deux jours donc pour dormir un maximum et panser les corps meurtris d’efforts, de manque de sommeil et de nourriture saine. Deux jours de récupération nécessaire pour aller jusqu’au bout de la course et de soi-même, d’autant qu’il reste encore une quatrième étape.

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