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PAROLES // Francis Le Goff : « De belles perspectives pour la suite »

Publie le 03/09/2020

Directeur de course de La Solitaire du Figaro, Francis Le Goff revient sur la première étape qui s’est achevée jeudi matin en Baie de Saint-Brieuc par la victoire de Xavier Macaire (Groupe SNEF) devant Loïs Berrehar (Bretagne CMB Performance) et Alexis Loison (Région Normandie).

Alexis Courcoux/La Solitaire du Figaro
Alexis Courcoux/La Solitaire du Figaro

Comment s’est passée cette première étape du point de vue du directeur de course ?
Plutôt très bien, il n’y a pas eu d’inquiétudes majeures. Quand on est directeur de course, on en a toujours avant le départ. Là, tout s’est bien passé, je dois avouer que le fait que la classe Figaro Bénéteau ait accepté la possibilité de faire marche arrière au moteur pour enlever les algues assez facilement, système qui semble assez efficace puisque plusieurs l’ont utilisé alors que certains étaient sceptiques au départ, a beaucoup limité le nombre de plongées. Il n’y en a eu que trois, ça soulage sérieusement, parce que c’était le gros dossier de l’an dernier et que très vite en sortant de la Baie de Saint-Brieuc, on a vu qu’il y avait des algues partout.

Comment les trois bateaux suiveurs se sont-ils organisés pour suivre la flotte ?
Le premier segment en manche a été un sacré casse-tête, parce que juste devant Trégastel, la flotte a éclaté : les premiers sont montés au nord, d’autres ont continué vers l’ouest, voire très à l’ouest, nous étions très étendus, il y avait 46 milles d’écart latéral entre les deux extrémités de la flotte, ce qui n’était pas évident pour positionner les trois bateaux. Mais au final, on a réussi à les suivre, on n’a pas eu trop de difficultés radio, avec une belle complémentarité entre les trois bateaux, celui qui fait plus du média (voir photo), celui de la direction de course et celui qui suit plus à l’arrière de la flotte.

Quel regard portes-tu sur l’aspect sportif ?
C’était sympa de suivre les choix sur le début de course. Vu les écarts très faibles à la fin, on se dit « tout ça pour ça », mais on a quand même vu des choses, des skippers qui ont engrangé de la confiance. Ce n’est pas tant l’écart-temps qu’il faut regarder, mais la capacité de certains à tenir la pression. Ça ouvre de belles perspectives pour la suite. La course n’est pas plombée d’entrée, mais on voit quand même les forces en présence, on a vu ceux qui manquaient un peu d’entraînement, mais sont finalement parvenus à revenir à la fin parce que le vent plus fort les a ramenés, on a aussi vu les audacieux, notamment certains qui ont passé au retour le DST des Scilly au sud (Erwan Le Draoulec, Kevin Bloch, Robin Marais) et ont enchaîné derrière des vitesses jusqu’à 14,8 nœuds, même s’ils ont fini par être freinés. On parlait d’homogénéité au départ, c’est toujours vrai, mais on voit quand même se dégager des mecs solides.

Dont les trois premiers, quel regard portes-tu sur leurs performances respectives ?
Xavier n’a pas montré de signes d’inquiétude sur l’eau, y compris, il faut quand même le souligner, lorsqu’il a pris un bout dans l’hélice, ce qui aurait pu changer beaucoup de choses, d’autant qu’il l’avait encore en arrivant à Saint-Quay. Il est resté serein, ce sont des petits signes qui ne trompent pas, j’aurai peut-être tort, mais je me dis que sa performance ne sera pas en dents de scie pour la suite. Loïs a été impressionnant après le Fastnet, il y a vraiment du solide chez les plus jeunes ! Ils étaient déjà présents sur les courses d’avant-saison, sur l’eau, c’est une copie propre, il n’y a pas de brouillon. Et Alexis, je me dis que peut-être au final, sa coupure forcée (il a été blessé et opéré au genou en mai) lui a été bénéfique. Il avait du retard après le Fastnet, il fait un énorme bord retour, il n’a pas été loin d’être devant à un moment donné, c’est resté propre jusqu’à la fin.

Finalement, c’était un bon résumé de La Solitaire du Figaro, avec de la stratégie, de la vitesse et de l’endurance ?
Je n’ai pas encore le recul suffisant de 20 ou 25 années de Figaro pour m’épancher sur le sujet, mais pour les suivre en mer depuis maintenant quatre éditions, on se rend vraiment compte de l’engagement, du surpassement de ces marins. Ce n’est pas tout de dire qu’on revient au profit du vent qui rentre par l’arrière, mais il faut aller le chercher ce retour, et là, on ne se bat plus contre une personne, il faut arriver à occulter tout ce qui se passe autour pour ne s’occuper que de sa vitesse, et chez tous.

Un mot sur la deuxième étape qui s’élance dimanche, sais-tu déjà à quoi elle ressemblera ?
Du point de vue de la sécurité, ça va être zen, mais il va falloir se creuser la tête pour savoir quel parcours on va faire, car il y a une énorme dorsale sur toute la Manche, sa position exacte est en revanche encore différente selon les modèles. On va se laisser du temps pour choisir le parcours, mais ce qui est certain, c’est que c’est de notre responsabilité à tous d’honorer l’engagement que les marins mettent que de leur laisser les moyens de s’exprimer. Ce qui veut dire qu’il faut leur laisser le temps de se reposer entre deux étapes. Je donnerai sans doute des intentions aux skippers demain vendredi.

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