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FLASH // Départ de Dunkerque : cette étape est un « ogre » !

Publie le 12/09/2020

Le vent d’Ouest Sud Ouest qui s’est ébroué tôt ce matin sur les dunes de Dunkerque a levé dès l’entrée du grand port Nordiste, un clapot court et croisé. C’est sur ce terrain de jeu cabossé mais ensoleillé qu’a été donné à 16 heures tapantes le départ de la 3e étape de La Solitaire du Figaro. Terme d’une longue pérégrination de 492 milles le long des côtes de la Manche et autour de la pointe de Bretagne, Saint-Nazaire en Loire-Atlantique sacrera le marin le mieux inspiré et qui aura déjoué les innombrables pièges du parcours. En l’absence de bouée de dégagement, les 33 solitaires encore en lice (après les abandons de Robin Marais – Ma Chance Moi aussi - et de Corentin Douguet – NF Habitat) ont entamé au louvoyage l’entrée en Manche et le contournement des deux grands caps de la côte d’Opale, Blanc Nez et Gris Nez. Face aux courants et dans une radieuse lumière, les solitaires parvenaient à s’aligner dans un tempo parfait pour s’élancer dans le coup de canon en tribord amure. Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) s’imposait en costaud au bateau comité et entamait la belle sarabande des virements de bord en route vers la côte d’Opale.

15 à 20 nœuds de vent au louvoyage

Une étape annoncée décisive, majuscule et contrastée à souhait. Un véritable « ogre » selon Marc Mallaret (CER Occitanie). Voilà donc ce qui attend les protagonistes jusqu’à au moins mercredi prochain et l’arrivée possible dans l’estuaire de la Loire. D’ici là, il faudra négocier entre falaises et DST du Pas-de-Calais les allures au plus près du vent d’Ouest soufflant entre 15 et 20 nœuds, et appelé à fraichir cette nuit. Les premiers concurrents devraient se présenter devant Dieppe au petit matin, et laisser à tribord la bouée Daffodils mouillée à moins de 4 milles du rivage. Le vent faiblira alors pour prendre de l’Est et permettre l’envoi des spis, prélude à une belle traversée de la Baie de Seine. Cette course de placement déterminera bien entendu le passage des deux raz du Cotentin, Barfleur et Blanchard. Les prévisions pour la suite Bretonne du programme sont à ce jour évasives, et il sera demandé aux solitaires de déterminer avec les outils informatiques du bord la meilleure route pour contourner la pointe de Bretagne, dans ou contre les courants de Portsall et du Four.

De l’éloge du plaisir

On l’aura compris, La Solitaire du Figaro cumule toutes les difficultés, toutes les aspérités du métier de coureur au large. Étonnamment, c’est souvent au paroxysme de ces douloureux moments de dépassement, de doute, de torture physique et intellectuelles, que les coureurs trouvent un niveau de satisfaction, de plénitude et, avouent-ils, de plaisir. La compétition, son adrénaline associée qui anesthésie doutes et douleurs, l’osmose avec une machine de course, l’harmonie avec le rythme des éléments, la solitude choisie et désirée, tout cela participe à l’indicible et si peu évident plaisir de naviguer en course et à couteaux tirés quel que soit l’humeur des éléments. Pour le leader du classement général provisoire, Armel le Cléac’h (Banque Populaire), comme pour le dernier de cordée Kenny Rumball (RL Sailing), La Solitaire procure un plaisir proportionnel au stress et aux angoisses qu’elle génère.

Yann Eliès (Quéguiner Matériaux - Leucémie Espoir) : « des trucs incroyables ! »

« On fait des choses incroyables. On voit des trucs incroyables. On vit des trucs incroyables. On habite presque chez son concurrent. On est dans son salon. On fait des trucs incroyables, des bords sous spi à pleine vitesse… J’ai rarement vu l’Angleterre comme à StarPoint, des cartes postales incroyables, avec des baies qui t’appellent en te disant ; « viens voir ! » en vacances, ce serait magique. On revient sur La Solitaire car on y est vivant, avec plein d’émotions. La victoire et le résultat y participent. Le jour où je deviendrai trop con, trop vieux et trop râleur, il faudra que j’arrête ! Le plaisir sur cette 3e étape va être dans la glorieuse incertitude. Il va falloir créer, anticiper, imaginer, faire avec ce qui nous est donné. Il faut goûter l’instant présent, en fonction des conditions du jour. Hélas, la Bretagne qu’on connait bien, on risque de la voir un moment ».

Adrien Hardy (Ocean Attitude) : « Liberté ! »

« Pour moi, le plaisir est permanent, car les épreuves sont courtes et intenses, avec toujours des choses à faire, avec des adversaires au contact. C’est le bonheur du compétiteur. Question course, on mélange les navigations au large et dans les cailloux, avec des paysages superbes. Et par-dessus tout, je mets en avant la liberté. Notre terrain de jeu est extraordinaire, symbole de liberté, surtout dans l’ambiance du pays. Je suis ravi de quitter la terre ! »

Alberto Bona (Sebago) : « S’amuser fait partie du résultat ! »

« Mon objectif était d’entrer dans les 10. Je ne suis pas si loin. Tout va se jouer sur cette 3e étape. Elle sera difficile avec beaucoup d’incertitudes, surtout sur la fin. Tout est nouveau pour moi ici, le Nord, Normandie ou Bretagne. J’ai beaucoup navigué en Manche sur le Fastnet, mais La Solitaire se passe beaucoup au raz des côtes. C’est très stimulant. Le plaisir, c’est de faire une navigation propre, d’être heureux et bien en mer, de faire de belles trajectoires toute en gérant bien le bonhomme. S’amuser fait partie du résultat et c’est important de se faire plaisir ».

Xavier Macaire (Groupe SNEF) : « Le plaisir dans la performance. »

« Le plaisir est dans la réussite et dans la découverte, dans la performance et la progression. Quand on tente des coups et que ça marche. Il est dans l’abnégation, quand on se donne du mal, et il faut savoir prendre du plaisir dans l’effort. Par petite touche, il y a le plaisir de contempler. Quand je suis passé près des Scilly, c’était magnifique et j’en ai profité. Une pleine lune, un coucher de soleil… ce sont des moments dont on profite. La notion de liberté est réelle en solitaire car on doit tout gérer. Mais avec la proximité des concurrents, la stratégie vient vite limiter cette liberté ».

Marc Mallaret (CER Occitane) : « Le plaisir d’affronter les stars ! »

« Je trouve énormément de plaisir sur cette course. Malgré une préparation tardive. J’ai été surpris de la difficulté de la Classe. Je me suis posé des questions. Je n’ai rien lâché et je suis ravi d’être là. Je sais que je reviendrai sur La Solitaire. Le plaisir est de naviguer contre des stars, qui ont un niveau incroyable. En donnant le meilleur de soi-même, on trouve aussi du plaisir, malgré les résultats moyens. Je suis heureux de naviguer à ce niveau. Je sais désormais sur quoi travailler. J’ai coché cette troisième étape comme étant « l’ogre », la plus difficile, que tout le monde redoute car c’est là que ça va se jouer ».

Elodie Bonafous (Bretagne CMB Océane) : « Accomplissement et dépassement »

« Il y a un équilibre entre les moments durs et les moments de plaisir. Au final, la balance finit toujours par s’incliner vers le plaisir. Il y a le plaisir d’être sur l’eau, avec les paysages marins que l’on trouve en mer. On aime la compétition, le bateau. Je trouve beaucoup de satisfaction dans l’accomplissement et le dépassement de soi-même. Avec le recul, on s’étonne soi-même. Naviguer contre des stars si talentueuses, c’est un bonheur. On vit le moment présent, intensément. Cette troisième étape est un peu floue. Après le Cotentin, les choses ne sont pas très claires. Il va falloir rester aux aguets, prendre la course tronçon par tronçon ».

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « La compétition et la confrontation au plus haut niveau ! »

« Le plaisir est dans la compétition. C’est ce qui m’anime, face à un plateau très relevé. Le plaisir de se confronter au plus haut niveau. J‘aime les étapes ouvertes et compliquées. On connait des configurations sympas. On va dérouler toutes les côtes du Nord à la Bretagne. Il y aura des animaux marins, des lumières… tout ce qu’on aime et qui nous rend heureux sur l’eau ».

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