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Engluage

Publie le 24/06/2019

Tout a commencé à partir en vrille lorsque la brise s’est retirée du jeu sous les coups de minuit : le gros de la flotte décalée au large, s’est retrouvé englué dans un trou de vent tandis que les quatre solitaires longeant la terre, progressaient encore contre la marée descendante. Au lever du jour, la porte de sortie était du côté de… la Manche !

Alexis Courcoux
Alexis Courcoux

Il ne faut jamais dire jamais ! Napoléon III le déclara sans ambages. Alors en ce début de lundi où le vent s’était mis aux abonnés absents, où la brise fut partie, où l’air s’était déclaré en RTT, le peloton regardait abasourdi, le remake de l’étape précédente. Mais au lieu des trois mousquetaires échappés d’Aurigny, ce fut un quartet qui vint prendre la poudre d’escampette le long des rives du Devon. Sous la houlette d’Adrien Hardy (Sans nature, pas de futur) et de Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Eric Delamare (Enjoy to sail) et Tom Dolan (Smurfit-Kappa) glissaient lentement mais sûrement de l’autre côté de la pointe de Start Point, poussés par le courant montant depuis 4h00.

Certes leur progression depuis la baie de Plymouth fut souvent laborieuse, mais au milieu de la Manche, le peloton était encore moins à la fête dans un magma sans nom qui ne permettait même pas de mouiller par plus de 70 mètres de fond… Empêtrés comme des mouches dans un ruban à glu, l’arrêt dura suffisamment pour permettre au quatuor plus au Nord de contourner ce cap et de piquer vers l’île de Wight, quand les leaders d’avant ayant entraînés dans leur sillage le gros de la troupe, devaient désormais composer avec le DST des Casquets, celui-là même qui avait provoqué (entre autres) tant de tracas lors de la troisième étape.

Au lever du jour

Combien de temps cet engluement allait-t-il durer ? C’était bien la question que se posaient les tenants de la route du large qui espéraient l’arrivée de la nouvelle brise d’Ouest avant le lever du jour… Or à l’heure d’un croissant de lune qui dardait enfin ses maigres reflets sur une mer d’huile, l’air commença à s’ébrouer : une fébrile activité s’empara alors d’un peloton compacté par ce brutal arrêt, et les premiers à bénéficier de cette vibration éolienne furent les plus à l’Ouest. Mais Outre-Manche aussi il y avait du mouvement avec l’inversion de marée qui permettait au quatuor de parer Start Point… Pour un nouveau départ !

Difficile de dire qui a raison ou tort car cette faible brise occidentale ne devrait pas déborder à plus de huit nœuds toute la journée et des bulles de chaleur venues du Sud devraient encore perturber ce nouveau flux maigrichon. La progression vers l’île de Wight s’annonce donc une nouvelle fois laborieuse avec des arrêts ou à tout le moins, des ralentissements sensibles, avec des alternances de courants favorables ou non tout au long de ce chemin de croix, la marée basse à Torquay ayant lieu vers 17h00.

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