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PAROLES // Alexis Loison : « La Manche, c’est une histoire sans fin »

Publie le 05/09/2020

Troisième de la première étape à 7 minutes et 3 secondes du vainqueur, Xavier Macaire, Alexis Loison s’est rassuré, lui qui abordait cette Solitaire du Figaro 2020 avec quelques doutes en raison d’une préparation perturbée par une blessure au genou. Le skipper de Région Normandie aborde la deuxième étape, qui s’élance dimanche à 11h vers Dunkerque, avec le plein de confiance.

As-tu bien récupéré de la première longue étape ?
Je sors du kiné, ça fait du bien, j’ai eu aussi pas mal de repos et il reste encore un dodo avant le départ de la deuxième étape. C’était une étape dure, mais on a quand même eu pas mal de temps de repos en mer, donc je n’ai pas l’impression d’en être sorti trop amoché et d’avoir beaucoup puisé dans mes réserves. Et depuis hier, on connaît le parcours de la deuxième étape, donc on commence à bosser la météo.

Après quatorze participations à La Solitaire du Figaro, a-t-on ses petites routines entre deux étapes ?
Oui, on a des timings qui se font naturellement. On sait par exemple que c’est la veille du départ qu’on va aller acheter des fruits, aujourd’hui, c’est la journée des briefings météo, celui de l’organisation et celui du pôle de Port-la-Forêt. Tout se passe bien et j’ai un préparateur qui connaît la musique par cœur, je n’ai même pas besoin de passer au bateau, il a la job-list, il sait ce qu’il a à faire, je sais que le bateau sera prêt pour demain.

La première étape était-elle une étape pour rien ?
Si on regarde les écarts, oui, c’était une première étape pour rien. Mais pour moi, elle a été importante, parce qu’elle a montré que j’étais dans le match. OK, il n’y a pas d’écart, mais j’ai acquis de la confiance, j’étais bien content d’être aux avant-postes tout le long, d’avoir une vitesse intéressante, je suis franchement content de savoir que j’ai mon mot à dire sur cette Solitaire du Figaro.

Cela veut-il dire que tu en doutais ?
On a toujours des doutes. Mais là, je n’avais pas pu trop me mesurer aux autres cette année, je n’avais fait qu’une course, la Drheam-Cup, où je sortais vraiment de convalescence, je boitais encore, c’était limite raisonnable de prendre le départ et j’avais d’ailleurs eu mal en fin d’étape. Du coup, j’avais fait l’impasse sur la Solo Concarneau, puis quelques speed-tests avec Fred Duthil comme on a les mêmes voiles pour me comparer. C’est quelqu’un de très très bon qui sait faire avancer vite un bateau, mais comme il manquait lui aussi d’entraînement, je me demandais si j’avais un bon lièvre, la réponse c’est que j’ai un très bon lièvre, qui est en plus d’excellent conseil. Là, j’ai vu pendant l’étape que ça allait bien, il n’y a pas de raison que ça n’aille pas aussi bien sur les suivantes.

Cette étape t’a-t-elle permis d’en savoir plus sur tes concurrents ?
Il y a des bateaux que je n’ai pas vus de l’étape, qui étaient derrière et sont finalement revenus dans le match, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a un très gros niveau, tout le monde navigue proprement, c’est hyper ouvert. Et comme il n’y a pas eu d’écarts sur la première étape, on est toujours à égalité pour la seconde.

Et penses-tu qu’il peut y avoir des écarts sur cette deuxième étape ?
Il devait y en avoir sur la première, il n’y en a pas eu, si sur la deuxième, on dit qu’il n’y en aura pas, il y en aura certainement (Sourire). Ce qui est sûr, c’est que la situation météo a l’air assez claire, mais il y a une zone assez pétoleuse lundi, qui peut générer des écarts s’il y en a qui parviennent à s’échapper avec du vent. Et on est quand même en Manche, où il y a des passages à niveau, des garde-barrières, qui font qu’on peut vite prendre une demi-heure, se dire au début que ce n’est pas grave, sauf qu’à la pointe d’après, on prend une heure et ça devient l’escalade infernale.

La Manche, c’est un peu ton terrain de jeu, tu connais par cœur ?
Je pense qu’on ne peut pas la connaître par cœur. A chaque fois que je navigue dessus, j’apprends de nouvelles choses, c’est une histoire sans fin. Par contre, c’est vrai que ce sont des endroits où je suis souvent allé, j’ai des schémas en tête. C’est un peu comme jouer à domicile, on a ses repères. Mais je dis toujours que nul n’est prophète en son pays, qu’on peut se faire aveugler par trop de confiance en se disant que ça passe par là, en voulant jouer le courant et en fait on reste planté sous une pointe, en loupant un coup météo. Donc j’essaie vraiment de rester rationnel, c’est un terrain de jeu extraordinaire, j’adore naviguer dans ces coins, tous les ingrédients sont réunis, mais il est vraiment piégeux.

En revanche, la Mer du Nord et Dunkerque, c’est moins connu ?
J’ai fait quelques Tours de France à la voile du temps où c’était en monocoque, Farr 30 et M34, avec un équipage de la Normandie, avec « maître » Benoît Charon notamment, qui est un sacré renard dans ces coins-là aussi et qui m’a beaucoup appris. Il a donc fallu que je me replonge dans mes souvenirs, aller chercher dans des vieux ordis si je n’avais pas gardé des documents, j’ai d’ailleurs trouvé des petites merveilles dont j’espère pouvoir me servir. Et Benoît m’a aussi envoyé quelques documents. C’est un peu la fin de l’étape, donc si ça se trouve, les jeux seront déjà faits, mais si ça peut permettre d’éviter les petites bêtises, c’est bon à prendre.

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