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Au Four et… au moulin

16-08-2011

En approchant des côtes bretonnes, les 46 solitaires de La Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire doivent faire face au courant de marée montante, flot contraire qui peut atteindre plus de six nœuds en certains passages. Jérémie Beyou (BPI), toujours en tête de la flotte fait office d’ouvreur de piste, car il y a plusieurs passages pour atteindre la mer d’Iroise…

Il y a du grain à moudre… Mais aussi de quoi perdre sa mise ! Car avec près de 90 de coefficient de marée, les courants à la pointe de la Bretagne sont extrêmement puissants et même si le vent est encore au rendez-vous ce mardi matin avec du Sud-Ouest d’une petite quinzaine de nœuds, il va falloir négocier un chenal du Four contraire. Devant le port du Conquet et jusqu’à la pointe de Saint-Mathieu qui marque l’atterrissage sur la rade de Camaret, le goulet entre les roches qui débordent Ouessant, Molène et l’île de Béniguet est fort étroit (moins de 2 milles) et donc le flot de marée repousse les bateaux vers le Nord, jusqu’à quatre nœuds et plus. Le plus fort du courant contraire a lieu de 5h à 8h, soit exactement lorsque le peloton va s’engager dans ce dédale de cailloux…

Chimère, Four ou Helle ?

Passer par le Fromveur, c'est-à-dire au Sud de Ouessant en laissant le phare de Kéréon et la bouée des Pierres Vertes à bâbord semble une impasse : le courant dépasse les six nœuds et il faut louvoyer… Reste trois chemins : le chenal de la Chimère à raser l’île de Molène par l’Est, mais si le flot n’est que de 2,5 nœuds, le passage est particulièrement étroit (500 mètres) au milieu de roches affleurantes. Le chenal de la Helle semble le plus logique, en rasant l’île de Béniguet par la passe de Morgol où le courant refoule 3 nœuds. Enfin le chenal du Four par la Grande Vinotière, devant Le Conquet. Quatre voies qui de toute façon vont imposer une navigation extrêmement précise et des bords à tirer à raser les cailloux…

La nuit a été propice à quelques retours à l’image de Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) qui pointe ce mardi matin à la 4ème place, bord à bord avec Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham) et Erwan Tabarly (Nacarat). Les trois solitaires suivent la même route que le leader Jérémie Beyou (BPI) qui semble avoir stocké du sommeil dans la nuit, tout comme Nicolas Lunven (Generali) car leur avance avait un peu fondu à l’atterrissage sur Ouessant. Plus à terre, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Marc Emig (Ensemble autour du monde) s’engagent dans le Four. Derrière, le peloton s’est regroupé et l’effet « compression » devrait augmenter au lever du jour en raison du courant contraire : il est plus fort pour les leaders qui commencent à entrer dans le Four.

Un terme sous thermique

Ce débordement de la pointe de Bretagne peut créer d’importants écarts dès la pointe de Saint-Mathieu parée, parce que le flot est nettement moins défavorable à ce niveau. Puis la renverse de courant deviendra bénéfique aux leaders qui aborderont le passage du raz de Sein avec la marée descendante… De quelques encablures de marge, le delta peut passer en quelques quarts d’heure à plus d’un mille ou deux !

En tous cas, la brise de Sud-Ouest est encore présente pour 12 à 16 nœuds, ce qui devrait permettre à toute la flotte de sortir de cette zone délicate sans accrocs. Mais dans la baie d’Audierne, le vent s’annonce moins soutenu et c’est réellement à Penmarc’h que la hiérarchie va s’établir. Le ciel couvert et gris de la pointe de la Bretagne devrait laisser place à du grand bleu et, en bordure Nord d’une dorsale, les effets de brise thermique vont jouer dès cet après-midi. L’arrivée des premiers aux Sables d’Olonne, terme de cette troisième étape de La Solitaire du Figaro, est programmée pour mercredi en fin de matinée…

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