« Les figaristes sont tous des fous »
11-08-2011

Il faut être un peu dingue ou un peu maso pour venir à bout d’une étape comme celle qui s’est achevée mercredi sur les pontons de Dún Laoghaire en Irlande. Bateaux et marins en sont sortis cassés. Au lendemain de cette épreuve de force qui restera sans doute longtemps dans les mémoires, l’heure est au bilan technique et humain.
Les visages bouffis, encore tout froissés de sommeil, les coureurs émergent aujourd’hui d’une nuit de 15 heures, ce qui est bien le minimum syndical après une telle étape. Les mots de la veille pour décrire les maux de cette navigation de 65 heures résonnent encore dans les salons feutrés du National Yacht Club de Dún Laoghaire. « Tous les figaristes sont des fous et moi y compris » lançait le tonique Britannique Phil Sharp, yeux rouges et tignasse hirsute à l’arrivée. « Un calvaire presque du début à la fin » pour Damien Guillou, victime de soucis techniques à répétition, « un combat contre soi-même » pour Arnaud Godart-Philippe, « un tempo impressionnant » pour Thomas Ryuant , « la plus dure de toutes » pour pas mal d’autres, bref, quelque chose de physiquement dur, d’inconfortable, pour ne pas dire désagréable. Les bizuths ont eu leur dose d’avanies et de stress, au point que certains se demandent s’ils y reviendront, comme Morgan Lagravière qui s’écroulait mercredi sur les pontons. Les plus expérimentés qui en ont vu d’autres, relativisent : « ça a été pénible pour tout le monde », reconnaît Romain Attanasio juste après son passage chez les kiné-ostéopathes dont le « cabinet » ne désempli pas. Mais finalement, à l’exception de David Sineau qui a abandonné au large de Cherbourg après son talonnage, tout le monde est arrivé au bout de l’aventure et ce sentiment de travail accompli est peut-être la plus belle de toutes les récompenses.
Une étape qui casse
Ces 440 milles où toutes les gammes du parfait petit figariste ont été passées en revue ont fait quelques dégâts. Matériels d’abord. Vingt-quatre spinnakers, pas moins, ont explosé en vol, notamment pendant l’équipée sauvage le matin de l’arrivée où l’armada s’est retrouvée malgré elle le spi en l’air dans 35 nœuds de vent, exécutant des pointes de vitesse à plus de 18 nœuds ! Cette chevauchée au portant (« une piste noire » pour le savoyard Alexis Littoz) restera sans doute dans les esprits. Sept génois ont aussi été troués ou déchirés. Si bien que des techniciens d’une voilerie française ont fait le déplacement en Irlande pour procéder à des réparations. Les soucis de ballast, de pilotes automatiques, d’électronique ont aussi été légion. Certains coureurs ont été la proie de problèmes en chaîne comme Fabien Delahaye qui n’avait « jamais cassé autant de trucs sur une étape de Solitaire » : pas de pilote pendant 30 heures, latte forcée de grand-voile HS, table à carte qui s’écroule, plus d’alarme de réveil et spi qui explose dans les derniers milles. Anthony Marchand a lui aussi vécu son chemin de croix : privé de pilote et d’une grande partie de son électronique, il est resté accroché à la barre pendant toute l’étape.
Pantins chancelants
Côté physique, les corps ont été meurtris par l’inconfort extrême des conditions de navigation (mer formée, bateau qui tape, grains, humidité générale). Dans la liste des bobos on trouve courbatures, contractures, bleus, maux de dos et surtout, des mains qui ont doublé de volume, quand elles ne sont pas à vif, comme celles d’Eric Drouglazet. Hier, sur les pontons de Dún Laoghaire, les Solitaires avaient des allures de pantins chancelants. Mais après une longue nuit de sommeil et un passage sous les mains expertes des kinés, ils retrouvent peu à peu forme humaine. Ils ont trois jours pour reprendre des forces. Pendant cette escale irlandaise, il y aura beaucoup de siestes et peu de soirées au pub, peut-être une virée express à Dublin ou un traditionnel golf. Mais pas d’excès. Nous sommes à mi-parcours de cette 42e Solitaire, il reste encore deux étapes à courir et toujours de nombreux enjeux au classement…
Une étape qui casse
Ces 440 milles où toutes les gammes du parfait petit figariste ont été passées en revue ont fait quelques dégâts. Matériels d’abord. Vingt-quatre spinnakers, pas moins, ont explosé en vol, notamment pendant l’équipée sauvage le matin de l’arrivée où l’armada s’est retrouvée malgré elle le spi en l’air dans 35 nœuds de vent, exécutant des pointes de vitesse à plus de 18 nœuds ! Cette chevauchée au portant (« une piste noire » pour le savoyard Alexis Littoz) restera sans doute dans les esprits. Sept génois ont aussi été troués ou déchirés. Si bien que des techniciens d’une voilerie française ont fait le déplacement en Irlande pour procéder à des réparations. Les soucis de ballast, de pilotes automatiques, d’électronique ont aussi été légion. Certains coureurs ont été la proie de problèmes en chaîne comme Fabien Delahaye qui n’avait « jamais cassé autant de trucs sur une étape de Solitaire » : pas de pilote pendant 30 heures, latte forcée de grand-voile HS, table à carte qui s’écroule, plus d’alarme de réveil et spi qui explose dans les derniers milles. Anthony Marchand a lui aussi vécu son chemin de croix : privé de pilote et d’une grande partie de son électronique, il est resté accroché à la barre pendant toute l’étape.
Pantins chancelants
Côté physique, les corps ont été meurtris par l’inconfort extrême des conditions de navigation (mer formée, bateau qui tape, grains, humidité générale). Dans la liste des bobos on trouve courbatures, contractures, bleus, maux de dos et surtout, des mains qui ont doublé de volume, quand elles ne sont pas à vif, comme celles d’Eric Drouglazet. Hier, sur les pontons de Dún Laoghaire, les Solitaires avaient des allures de pantins chancelants. Mais après une longue nuit de sommeil et un passage sous les mains expertes des kinés, ils retrouvent peu à peu forme humaine. Ils ont trois jours pour reprendre des forces. Pendant cette escale irlandaise, il y aura beaucoup de siestes et peu de soirées au pub, peut-être une virée express à Dublin ou un traditionnel golf. Mais pas d’excès. Nous sommes à mi-parcours de cette 42e Solitaire, il reste encore deux étapes à courir et toujours de nombreux enjeux au classement…



