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Chenilles processionnaires

09-08-2011

En cette deuxième nuit de mer, les 46 solitaires encore en course naviguent toujours contre le vent au Sud des côtes britanniques et la flotte s’étire au large du cap Lizard derrière Eric Drouglazet (Luisina) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls). Le vent de secteur Nord-Ouest commence progressivement à mollir avec l’arrivée d’une dorsale venue de l’Atlantique…

Depuis le départ de Ouistreham dimanche après-midi, les concurrents de La Solitaire du Figaro n’ont pratiquement fait que du près dans la brise et sur une mer formée. Mais en cette fin de deuxième nuit, les conditions deviennent plus maniables aux abords de la pointe extrême de la Cornouaille. Le premier solitaire à virer de bord la nuit dernière vers 22h fut le Britannique Sam Goodchild (Artemis) situé le plus à l’Est de la flotte alors que le gros du peloton a patienté jusqu’à minuit avant de basculer tribord amure, cap à l’Ouest quasiment devant l’entrée de Plymouth. Sur une mer nettement moins houleuse et bénéficiant d’une brise de Nord-Ouest 17 nœuds, les Figaro Bénéteau allongeaient la foulée à plus de 7 nœuds de moyenne : ils devaient parer le cap Lizard vers 5h30 et il leur restait 25 milles de plus pour contourner la pointe de Land’s End.

Etalement latéral

La traversée de la Manche a quelque peu étalé la meute qui navigue par petits groupes à la queue-leu-leu dans un carré de 15 milles de côté, Yanning Livory (One Network Energies) et Louis-Maurice Tannyères (St Ericsson) étant les plus au Sud. En pointe et au plus près des côtes, Eric Drouglazet (Luisina) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) naviguent de conserve avec un groupe compact dans leur sillage où se retrouvent le premier bizuth Morgan Lagravière (Vendée), Thierry Chabagny (Gedimat), Erwan Tabarly (Nacarat) et Jérémie Beyou (BPI). En fait, ceux qui ont tardé à se recadrer en entrant encore plus dans la baie de Plymouth à l’image de Frédéric Rivet (Vendée 1) ou d’Adrien Hardy (Agir Recouvrement) ont un peu perdu de terrain sur les leaders.

Quant à Eric Péron (Macif 2009) qui était positionné le plus à l’Ouest lors de la traversée de la Manche, il se retrouve 7 milles plus au Sud que le groupe de tête et cet écart ne devrait pas franchement diminuer au passage de la pointe de la Cornouaille. En fait, la bascule du vent est plus tardive et plus lente que prévue et les solitaires ne devraient pas tirer de bord dans la baie de Penzance puisque le vent s’oriente progressivement au Nord en mollissant. Il faut donc s’attendre à ce que le passage de Land’s End génère un effet de « chenilles processionnaires » puisque tous les concurrents vont se suivre, cap au Nord vers la mer d’Irlande…

Grosse fatigue

Cette fin de nuit est importante pour les organismes qui ont été particulièrement secoués depuis la pointe de Barfleur : les solitaires n’ont pas vraiment pu se reposer entre les algues à surveiller pour qu’elles ne se coincent pas dans les safrans, les vagues à négocier pour éviter que le bateau ne s’arrête, le vent à observer pour s’adapter à ses variations, la navigation à assurer pour décider du moment de virer… Cette fin de nuit est donc propice à un petit break pour changer de vêtements et se sécher, s’alimenter plus normalement, et si possible prendre un peu de repos avant une remontée vers l’Irlande qui s’annonce aussi très prégnante lorsque le flux de Sud-Ouest va imposer l’envoi du spinnaker… jusqu’à l’arrivée à Dún Laoghaire !

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