Les pépins de Cherbourg
17-08-2010

Le jeu de mot est facile mais c’est bien une histoire de pépins qui se joue vers Cherbourg, dans tous les sens du terme. D’abord parce qu’on est toujours sous spi – sous «pépin », comme on dit dans le jargon - dans un flux de nord-nord-ouest soutenu. Ensuite parce que les premières avaries surviennent : Jérémie Beyou, 4e au classement général, a déchiré sa grande voile ballon.
Aragorn confirme qu’il veut être le seigneur des annales. Le nom de baptême de Brit Air, le Figaro d’Armel Le Cléac’h, est une fois de plus lisible par tous ses adversaires. Et oui, cet Aragorn là est inscrit dans le tableau arrière du bateau... Une fois de plus « Le Chacal » impressionne. Même s’il n’est pas localisé au pointage de 16h, le patron de cette Solitaire du Figaro 2010 contrôle parfaitement la situation : il se trouve toujours dans le groupe des quatre bateaux de tête mené ce soir par un Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile) en grande forme, à 231 milles de l’arrivée à Cherbourg-Octeville. Eric Péron (Skipper Macif 2009) et François Gabart (Skipper Macif 2010, 2e au général et 2e au pointage), sont tout près : ces quatre hommes tiennent en 0,2 mille, soit… 370 mètres ! Et devinez qui les suit, à 2,5 milles ? Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne), le troisième du classement général…
Des pépins sous pépin
Le Fastnet enroulé la nuit dernière après une furieuse bagarre au ras des splendides côtes irlandaises, les solitaires ont lâché les chevaux avec la bascule au nord-ouest : sous spi, ils ont dévalé la mer Celtique à grande vitesse, surfant à plus de 11 nœuds de moyenne, pointes à 18. Pour garder un meilleur angle, et donc de la vélocité, leurs trajectoires dessinent une belle sinusoïde, juste avant de doubler le travers de Bishop Rock, marque de parcours qui interdit cette fois le passage dans les îles Scilly, à la pointe Sud-Ouest de l’Angleterre.
Sous pépin et à fond, voilà le résumé de la situation générale. Côté pépins dans l’autre sens du terme, un d’importance est survenu ce matin : Jérémie Beyou (BPI), premier candidat au podium avec sa 4e place au classement général provisoire, est parti dans un départ à l’abattée. Il y a cassé son tangon et déchiré son grand spi… avant de réussir à le réparer au prix d’un bricolage digne d’un MacGyver de la mer. D’autres petits ennuis sont avoués au fil des vacations : drisse cassée pour Sébastien Josse (Vendée), palan de grand voile abîmé pour Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), cocotier de spi pour Louis-Maurice Tanyères (ST Ericsson), « figure de style d’un autre monde » pour Romain Attanasio (Savéol), etc. L’empannage en solo dans 25 nœuds de vent et des talus de mer laisse forcément quelques traces.
Beaucoup d’écart latéral
Reste l’énorme plaisir de la glisse, salué par tous. Ces surfs furieux, sensuels et grisants, quand la quille chante et que le bateau vibre de partout. Reste encore le sel de la course, de la stratégie. En cette ultime occasion d’améliorer son classement, chacun cherche à attaquer, à différentes longitudes. Une bonne quinzaine de bateaux est ainsi écartelée sur plus de 20 milles nautiques entre le plus Ouest (Adrien Hardy, Agir Recouvrement) et le plus Est, à savoir l’Italien Pietro D’Ali (I.Nova 3). Entre ces deux extrêmes, quelques milles sur le tribord des cinq bateaux leaders pré-cités, un autre tiers de la flotte joue la carte « plus de route mais plus de pression ». On y trouve entre autres Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) et des toujours prétendants au podium final comme Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Erwan Tabarly (Nacarat), ou encore Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham).
Toute la flotte vise un point en milieu de Manche pour déclencher le deuxième grand empannage de la journée – entre 20h et minuit - et « descendre » ainsi vers la marque Lizen Ven, près de l’île Vierge. Là, on verra qui a eu raison avant d’entamer (dans un vent mollissant qui se renforcera ensuite dans les îles anglo-normandes, à l’approche d’un nouveau front) les 140 derniers milles vers Cherbourg-Octeville. Où l’organisation a gaiement sorti les parapluies pour se préparer à accueillir les premiers, dans la soirée de demain mercredi.
BM
Des pépins sous pépin
Le Fastnet enroulé la nuit dernière après une furieuse bagarre au ras des splendides côtes irlandaises, les solitaires ont lâché les chevaux avec la bascule au nord-ouest : sous spi, ils ont dévalé la mer Celtique à grande vitesse, surfant à plus de 11 nœuds de moyenne, pointes à 18. Pour garder un meilleur angle, et donc de la vélocité, leurs trajectoires dessinent une belle sinusoïde, juste avant de doubler le travers de Bishop Rock, marque de parcours qui interdit cette fois le passage dans les îles Scilly, à la pointe Sud-Ouest de l’Angleterre.
Sous pépin et à fond, voilà le résumé de la situation générale. Côté pépins dans l’autre sens du terme, un d’importance est survenu ce matin : Jérémie Beyou (BPI), premier candidat au podium avec sa 4e place au classement général provisoire, est parti dans un départ à l’abattée. Il y a cassé son tangon et déchiré son grand spi… avant de réussir à le réparer au prix d’un bricolage digne d’un MacGyver de la mer. D’autres petits ennuis sont avoués au fil des vacations : drisse cassée pour Sébastien Josse (Vendée), palan de grand voile abîmé pour Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), cocotier de spi pour Louis-Maurice Tanyères (ST Ericsson), « figure de style d’un autre monde » pour Romain Attanasio (Savéol), etc. L’empannage en solo dans 25 nœuds de vent et des talus de mer laisse forcément quelques traces.
Beaucoup d’écart latéral
Reste l’énorme plaisir de la glisse, salué par tous. Ces surfs furieux, sensuels et grisants, quand la quille chante et que le bateau vibre de partout. Reste encore le sel de la course, de la stratégie. En cette ultime occasion d’améliorer son classement, chacun cherche à attaquer, à différentes longitudes. Une bonne quinzaine de bateaux est ainsi écartelée sur plus de 20 milles nautiques entre le plus Ouest (Adrien Hardy, Agir Recouvrement) et le plus Est, à savoir l’Italien Pietro D’Ali (I.Nova 3). Entre ces deux extrêmes, quelques milles sur le tribord des cinq bateaux leaders pré-cités, un autre tiers de la flotte joue la carte « plus de route mais plus de pression ». On y trouve entre autres Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) et des toujours prétendants au podium final comme Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Erwan Tabarly (Nacarat), ou encore Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham).
Toute la flotte vise un point en milieu de Manche pour déclencher le deuxième grand empannage de la journée – entre 20h et minuit - et « descendre » ainsi vers la marque Lizen Ven, près de l’île Vierge. Là, on verra qui a eu raison avant d’entamer (dans un vent mollissant qui se renforcera ensuite dans les îles anglo-normandes, à l’approche d’un nouveau front) les 140 derniers milles vers Cherbourg-Octeville. Où l’organisation a gaiement sorti les parapluies pour se préparer à accueillir les premiers, dans la soirée de demain mercredi.
BM



