Navigation à vue à 30 milles de l’arrivée !
11-08-2010

Moins de deux minutes, c’est le laps de temps qui sépare les cinq premiers au phare du Fastnet doublé ce mercredi à 13h30…. 116 secondes après 300 milles de course ! Adrien Hardy (Agir Recouvrement) est le premier à envoyer le spi après le rocher, suivi de Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) et Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne). Mais rien, absolument rien n’est joué à 30 milles du finish, alors que le vent est instable sous les falaises irlandaises et que des options se dessinent au portant. Les écarts sont dérisoires et les prétendants à la victoire, qui naviguent à vue, sont morts de faim. Verdict à Kinsale aux environs de 20 heures.
Cette troisième étape ne révolutionnera probablement pas de manière radicale les crédits et débours en temps du classement général provisoire. Vu la manière dont les choses se profilent à 30 milles de la ligne d’arrivée, les écarts risquent d’être ridicules et la victoire se jouer pour une poignée de secondes.
Hardi Adrien !
Après 20 heures de louvoyage incertain, c’est finalement Adrien Hardy qui a pris les devants cet après-midi au Fastnet. A 13h30, dans le sud-ouest de l’Irlande, le spectacle des Figaro Bénéteau 2 doublant le célèbre rocher est de toute beauté. Portés par une belle houle et une quinzaine de nœuds d’ouest, les marins, éclaboussés de lumière, envoient bientôt leurs grands spinnakers. Le skipper d’Agir Recouvrement, 26 ans, est très en forme depuis le départ de Brest donné il y a un peu plus de 48 heures. Souvent pointé dans le top 5, il a réussi à prendre l’avantage en se positionnant plutôt au Nord de la flotte, après le passage du front au milieu de la mer Celtique. Mais son statut de leader est éminemment précaire. Le jeune Adrien est en effet sous la menace directe d’une poignée de briscards qui titillent déjà son tableau arrière. Au Fastnet, Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) passe en effet en deuxième position, avec à peine plus de 30 secondes de retard, bord à bord avec Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne) et Gildas Morvan (Cercle Vert). Ces trois-là ont doublé la marque en l’espace de 22 secondes ! Nicolas Lunven (Generali), 5e n’est pas très loin derrière non plus. Pour résumer, les 10 premiers (dont Armel Le Cléac’h sur Brit Air) se tiennent en moins de 14 minutes et deux variables risquent de bouleverser la donne d’ici Kinsale : les 45 derniers milles de côtier sous les falaises irlandaises et la possibilité ou non pour les skippers d’utiliser leur grand spi pour le début de ce tronçon.
Falaises et spinnakers
Neuf d’entre eux auraient en effet déchiré leur spi léger pendant la traversée de la Manche et n’ont à leur disposition, à moins d’avoir réparé, que leur spi lourd (plus petit). Dans cette liste (à prendre avec précaution), figureraient François Gabart, Fabien Delahaye, Sébastien Josse, Jean-Pierre Nicol, Laurent Pellecuer, Armel Tripon, Bernard Stamm, Jean-Charles Monnet et Loïc Le Garrec. Deuxième paramètre : la navigation sous les reliefs irlandais.
A Kinsale, nous sommes dans le fief de Marcus Hutchinson. Marcus est aujourd’hui directeur des relations extérieures de TeamOrigin, l’équipe britannique en campagne pour la 34e America’s Cup. Mais il est aussi le plus français des marins irlandais. Marcus a déjà participé deux fois à La Solitaire du Figaro (1998 et 2000) et ne manque que très rarement une arrivée d’étape pour peu qu’elle ait lieu dans son cher pays. Installé à Kinsale depuis 2008 où il navigue très souvent en famille, il connaît le coin comme sa poche : « Cette dernière portion de parcours, c’est un peu comme en Manche, mais à une échelle réduite. Il y a pas mal de pointes et de baies entre le Fastnet (qui n’est qu’à 5 milles de la côte) et ici. La route directe fait passer les coureurs devant deux caps importants : Galley Head, à 30 milles de Kinsale puis Old Head à 5 milles de l’arrivée. Et bien évidemment, il y a des courants qui longent la côte dans les deux sens. Il peut y avoir jusqu’à 3 nœuds à Old Head. Je pense que la pleine mer est aux alentours de 18 heures, les premiers devraient donc arriver ici avec le courant, ce qui est plus simple. Mais attention aux retardataires. Le vent, s’il vient de terre, est perturbé par les reliefs car il y a des falaises, des vallées… bref, ce n’est pas si simple ». D’après Sylvain Mondon, le différentiel de vent pourrait être de 5 nœuds sous l’effet des dévents.
A terre ou au large ?
Cet après midi, les coureurs ont déjà choisi leur trajectoire. Leur dilemme est le suivant : raccourcir la route en passant plus près des côtes au risque d’y trouver du vent plus faible et/ou perturbé ou passer plus au large pour bénéficier d’un flux plus clair, le prix à payer étant une rallonge en distance. Les leaders Adrien Hardy et Yann Eliès ont choisi la première option, tandis que Gildas Morvan a décidé de se dégager des perturbations côtières. Mais nul ne sait à l’heure actuelle qui aura le dernier mot.
La ligne d’arrivée, que les premiers devraient franchir entre 20 et 21 heures ce soir est mouillée au sud-est de la rivière de Kinsale, entre le bateau comité et la balise de « Bullmann ». Attendons-nous à une belle photo finish !
C.El
Hardi Adrien !
Après 20 heures de louvoyage incertain, c’est finalement Adrien Hardy qui a pris les devants cet après-midi au Fastnet. A 13h30, dans le sud-ouest de l’Irlande, le spectacle des Figaro Bénéteau 2 doublant le célèbre rocher est de toute beauté. Portés par une belle houle et une quinzaine de nœuds d’ouest, les marins, éclaboussés de lumière, envoient bientôt leurs grands spinnakers. Le skipper d’Agir Recouvrement, 26 ans, est très en forme depuis le départ de Brest donné il y a un peu plus de 48 heures. Souvent pointé dans le top 5, il a réussi à prendre l’avantage en se positionnant plutôt au Nord de la flotte, après le passage du front au milieu de la mer Celtique. Mais son statut de leader est éminemment précaire. Le jeune Adrien est en effet sous la menace directe d’une poignée de briscards qui titillent déjà son tableau arrière. Au Fastnet, Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) passe en effet en deuxième position, avec à peine plus de 30 secondes de retard, bord à bord avec Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne) et Gildas Morvan (Cercle Vert). Ces trois-là ont doublé la marque en l’espace de 22 secondes ! Nicolas Lunven (Generali), 5e n’est pas très loin derrière non plus. Pour résumer, les 10 premiers (dont Armel Le Cléac’h sur Brit Air) se tiennent en moins de 14 minutes et deux variables risquent de bouleverser la donne d’ici Kinsale : les 45 derniers milles de côtier sous les falaises irlandaises et la possibilité ou non pour les skippers d’utiliser leur grand spi pour le début de ce tronçon.
Falaises et spinnakers
Neuf d’entre eux auraient en effet déchiré leur spi léger pendant la traversée de la Manche et n’ont à leur disposition, à moins d’avoir réparé, que leur spi lourd (plus petit). Dans cette liste (à prendre avec précaution), figureraient François Gabart, Fabien Delahaye, Sébastien Josse, Jean-Pierre Nicol, Laurent Pellecuer, Armel Tripon, Bernard Stamm, Jean-Charles Monnet et Loïc Le Garrec. Deuxième paramètre : la navigation sous les reliefs irlandais.
A Kinsale, nous sommes dans le fief de Marcus Hutchinson. Marcus est aujourd’hui directeur des relations extérieures de TeamOrigin, l’équipe britannique en campagne pour la 34e America’s Cup. Mais il est aussi le plus français des marins irlandais. Marcus a déjà participé deux fois à La Solitaire du Figaro (1998 et 2000) et ne manque que très rarement une arrivée d’étape pour peu qu’elle ait lieu dans son cher pays. Installé à Kinsale depuis 2008 où il navigue très souvent en famille, il connaît le coin comme sa poche : « Cette dernière portion de parcours, c’est un peu comme en Manche, mais à une échelle réduite. Il y a pas mal de pointes et de baies entre le Fastnet (qui n’est qu’à 5 milles de la côte) et ici. La route directe fait passer les coureurs devant deux caps importants : Galley Head, à 30 milles de Kinsale puis Old Head à 5 milles de l’arrivée. Et bien évidemment, il y a des courants qui longent la côte dans les deux sens. Il peut y avoir jusqu’à 3 nœuds à Old Head. Je pense que la pleine mer est aux alentours de 18 heures, les premiers devraient donc arriver ici avec le courant, ce qui est plus simple. Mais attention aux retardataires. Le vent, s’il vient de terre, est perturbé par les reliefs car il y a des falaises, des vallées… bref, ce n’est pas si simple ». D’après Sylvain Mondon, le différentiel de vent pourrait être de 5 nœuds sous l’effet des dévents.
A terre ou au large ?
Cet après midi, les coureurs ont déjà choisi leur trajectoire. Leur dilemme est le suivant : raccourcir la route en passant plus près des côtes au risque d’y trouver du vent plus faible et/ou perturbé ou passer plus au large pour bénéficier d’un flux plus clair, le prix à payer étant une rallonge en distance. Les leaders Adrien Hardy et Yann Eliès ont choisi la première option, tandis que Gildas Morvan a décidé de se dégager des perturbations côtières. Mais nul ne sait à l’heure actuelle qui aura le dernier mot.
La ligne d’arrivée, que les premiers devraient franchir entre 20 et 21 heures ce soir est mouillée au sud-est de la rivière de Kinsale, entre le bateau comité et la balise de « Bullmann ». Attendons-nous à une belle photo finish !
C.El



