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La guerre d’usure ne fait que commencer

28-07-2010

Les 45 solitaires ont mis dans leur sillage les deux passages clés de cette première étape que sont la pointe du Cotentin et les îles anglo-normandes. Ils tirent actuellement des bords dans un vent d’ouest léger au large des Côtes d’Armor. Et sont très loin d’être au bout de leur peine : un autre gros morceau les attend cette nuit à la pointe Bretagne. La guerre d’usure ne fait donc que commencer.

La première nuit de course fut blanche. La deuxième ne sera pas tellement plus foncée. Hier soir, il a fallu contourner ou plutôt escalader la presqu’île du Cotentin, sans se faire piéger par les courants. Ce mercredi matin, après une ‘ballade’ dans le Raz Blanchard, il a ensuite fallu frayer son chemin entre les îles anglo-normandes, une dizaine de coureurs ayant opté pour un passage plus sud, sous le vent de l’île Sark (Sercq en français).

Virtuoses de la canne à algues

Le tout au près, dans un champ d’algues marines, véritables ralentisseurs pour les Figaro Bénéteau 2. Ces algues s’accrochent par paquet dans les safrans, ou pire, autour des quilles des monotypes, transformant les marins en virtuoses de la canne à algues ou de la pêche à la main, tête dans l’eau. Dans ce contexte, pas question d’aller dormir, sous peine de perdre de précieuses longueurs. Mais l’exercice n’a pas semblé perturber Eric Peron (Skipper Macif 2009), impeccable depuis le début de cette première étape à destination de Gijón. Auteur mardi après-midi du meilleur départ en baie de Seine, il est toujours en tête après plus de 24 heures de course. Ses jours sont-ils comptés ? Malheureusement pour lui, une belle brochette de cadors lui collent à la roue. Au classement de 16 heures, on compte parmi ses poursuivants pas moins de quatre anciens vainqueurs de La Solitaire : le tenant du titre Nicolas Lunven (Generali), classé 4e avec à peine 0,4 milles de retard, suivi d’Armel Le Cléac’h (Brit Air), 5e, d’Eric Drouglazet (Luisina), 6e et un peu plus loin Yann Eliès (Generali- Europ Assistance), 11e à 1,10 milles. Ses plus proches poursuivants ne sont pas mal non plus : l’excellent Erwan Tabarly (Nacarat) est pointé en deuxième position à 0,1 mille (soit 185 mètres), de même qu’Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Dans le top 10, citons encore Frédéric Rivet (Vendée 1), Ronan Treussart (Lufthansa), François Gabart (Skipper Macif 2010) ou encore Laurent Gouezigoux (Trier c’est Préserver).

Tous derrière Peron, jusqu'à quand?

Mais les positions derrière Peron ne cessent de valser depuis l’aurore. Elles sont encore plus aléatoires depuis que les figaristes ont commencé à tirer des bords cet après-midi sous une chape grise et un clapot désordonné : ils avancent désormais en escadre, sur une ligne de 9 milles au large des Côtes d’Armor, dans un vent d’ouest d’une dizaine de nœuds. La bonne nouvelle pour le suspense de la course, c’est que les écarts enregistrés après la pointe du Cotentin (15 milles entre le leader et le dernier Francisco Lobato) ont eu tendance à se combler tout au long de la journée. Effets du courant, des algues, de la concentration ou de la distribution inégale du vent ? Les 30 premiers tiennent en à peine plus de 2 milles. Et les vitesses peuvent varier de 2 nœuds entre les concurrents.

Le spi au Four

Le passage de la pointe Bretagne cette nuit devrait permettre d’y voir plus clair dans la hiérarchie. C’est le troisième gros obstacle de ce tracé de 515 milles. Après le franchissement de la porte GMF (située entre les phares du Stiff à Ouessant et celui du Four), nos solitaires, entre courant et les cailloux, devront choisir entre deux itinéraires : le Fromveur ou le chenal du Four. Il sera alors peut-être temps d’hisser les spinnakers… et de ne plus jamais les rentrer pendant les 300 et quelques milles de traversée du golfe de Gascogne…

C.El

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