Déjà du jeu, Péron et Tabarly en tête avant Guernesey
28-07-2010

La tête de flotte est désormais entre la pointe du Cotentin et Guernesey. Eric Péron (Skipper Macif 2009) et Erwan Tabarly (Nacarat) mènent la danse juste après le passage du raz Blanchard. Il y a eu beaucoup de jeu cette nuit... et des écarts ce matin.
La pleine lune nous guide, sur fond de mer gris argent. Les premières lueurs de l'aube dévoilent les rives de la Presqu'île du Cotentin et on distingue déjà Guernesey, masse sombre loin sur l'horizon. Beau temps, belle mer... avec deux heures d'avance ici sur le meilleur horaire prévu, comme on dit au Tour de France, les feux épars des Figaro révèlent des concurrents toujours au près, dans un vent qui mollit : une petite dizaine de nœuds d'ouest. Son renforcement au nord-ouest est attendu dès ce matin, ce qui permettrait de faire la route directe.
Ce joli spectacle n'est paisible qu'en apparence. En réalité, rivés à la barre, peu ont fermé l'œil, tant il y a eu des coups à jouer cette nuit. La route idéale était un collé-serré à la côte, suivi d'un virage très largement arrondi ensuite. "Pour résumer", explique le directeur de course Jacques Caraës, "ceux qui s'en sont le mieux sortis sont d'abord allés jouer dans les cailloux, très près de la côte sous la pointe de Barfleur, puis ont enchaîné par une sortie vers le large. Dans les deux cas, ils se sont fait aspirer par le courant, qui était par exemple de six nœuds dans le raz Blanchard". Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr) a même constaté un différentiel de sept nœuds entre sa vitesse surface et sa vitesse sur le fond. Joli tapis roulant, non?
A ce petit jeu nocturne du rase-caillou et chasse-courant (n'oublions pas nos amies les algues sans cesse accrochées aux safrans) deux hommes ont tiré les marrons du feu : Eric Péron (Skipper Macif 2009) et Erwan Tabarly (Nacarat) sont quasiment à égalité en tête. Ils ont parfaitement tricoté. A l'inverse, Karine Fauconnier (Eric Bompard Cachemire), leader hier soir, va regretter son option trop tôt au large : elle se retrouve 43e à plus de 12 milles du leader ce matin.
Si la route est encore longue et que rien n'est joué évidemment, il y a déjà des écarts relativement importants. Kito de Pavant (Groupe Bel, 37e), par exemple, devra trouver une solution pour refaire ses 10 milles de retard ce matin. Lui aussi a joué une carte au large trop tôt. Même chose pour un autre grand favori : Gildas Morvan (Cercle Vert) qui se retrouve ce matin 32e à 7,5 milles. Rien n'est perdu bien sûr... et il y a beaucoup d'occasions de se refaire - à commencer par ce passage des anglo-normandes - mais il faudra pour cela cravacher pendant que les autres tenteront peut-être d'enfin se reposer.
A part ça? "A part ça tout va bien" sourit Jacques Caraës. Pour l'anecdote, on a assisté cette nuit à la VHF à une belle démonstration de solidarité : Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne) a reçu de ses adversaires une foule de conseils pour tenter de remettre en service son pilote automatique défaillant. C'était sympa à entendre, dans la grande tradition de La Solitaire.
BM, à bord de DC Mer
Ce joli spectacle n'est paisible qu'en apparence. En réalité, rivés à la barre, peu ont fermé l'œil, tant il y a eu des coups à jouer cette nuit. La route idéale était un collé-serré à la côte, suivi d'un virage très largement arrondi ensuite. "Pour résumer", explique le directeur de course Jacques Caraës, "ceux qui s'en sont le mieux sortis sont d'abord allés jouer dans les cailloux, très près de la côte sous la pointe de Barfleur, puis ont enchaîné par une sortie vers le large. Dans les deux cas, ils se sont fait aspirer par le courant, qui était par exemple de six nœuds dans le raz Blanchard". Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr) a même constaté un différentiel de sept nœuds entre sa vitesse surface et sa vitesse sur le fond. Joli tapis roulant, non?
A ce petit jeu nocturne du rase-caillou et chasse-courant (n'oublions pas nos amies les algues sans cesse accrochées aux safrans) deux hommes ont tiré les marrons du feu : Eric Péron (Skipper Macif 2009) et Erwan Tabarly (Nacarat) sont quasiment à égalité en tête. Ils ont parfaitement tricoté. A l'inverse, Karine Fauconnier (Eric Bompard Cachemire), leader hier soir, va regretter son option trop tôt au large : elle se retrouve 43e à plus de 12 milles du leader ce matin.
Si la route est encore longue et que rien n'est joué évidemment, il y a déjà des écarts relativement importants. Kito de Pavant (Groupe Bel, 37e), par exemple, devra trouver une solution pour refaire ses 10 milles de retard ce matin. Lui aussi a joué une carte au large trop tôt. Même chose pour un autre grand favori : Gildas Morvan (Cercle Vert) qui se retrouve ce matin 32e à 7,5 milles. Rien n'est perdu bien sûr... et il y a beaucoup d'occasions de se refaire - à commencer par ce passage des anglo-normandes - mais il faudra pour cela cravacher pendant que les autres tenteront peut-être d'enfin se reposer.
A part ça? "A part ça tout va bien" sourit Jacques Caraës. Pour l'anecdote, on a assisté cette nuit à la VHF à une belle démonstration de solidarité : Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne) a reçu de ses adversaires une foule de conseils pour tenter de remettre en service son pilote automatique défaillant. C'était sympa à entendre, dans la grande tradition de La Solitaire.
BM, à bord de DC Mer



