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Les mots des marins à 2 heures du départ

27-07-2010

Les 45 solitaires, Laurent Gouezigoux en tête, ont quitté vers 10h30 les quais du bassin Paul Vatine qui les retenaient depuis presque 10 jours dans la cité du Havre. Derniers mots échangés au moment de larguer les amarres et de prendre le départ, tout à l’heure à 14 heures, de la première étape en direction de l’Espagne.

Eric Drouglazet (Luisina): « Se bouger pour être en tête au raz de Sein »
« La Solitaire, c’est toujours la grosse échéance de l’année. Je reviens toujours aussi motivé pour essayer de la gagner à nouveau. J’ai réussi à combler les déficits de vitesse que j’avais la saison passée et qui ne me permettaient pas de lutter avec les meilleurs. Cette année, Luisina est redevenu un bateau rapide donc je vais pouvoir naviguer sur ce Figaro comme j’aime le faire, à la force des bras et pas tenter des options désespérées. On a pas mal bossé sur les voiles. On avait des déficits flagrants à certaines allures. C’est comblé et validé. Savoir que j’ai une bonne mobylette permet d’être plus serein dans la tête. Après, ce qui me fait peur dans ce début de parcours, ce sont les algues qui peuvent arrêter le bateau et même modifier sa trajectoire. Alors le jour ça va, mais la nuit, on ne les voit pas et comme il faut quand même qu’on aille se coucher... on peut très bien faire 20 ou 30 minutes avec des algues dans la quille et ça, c’est une catastrophe. C’est un champ de mine, personne ne maîtrise et moi j’ai toujours l’impression d’en prendre plus que les autres ! Cette première étape va être très compliquée. Je ne suis jamais rassuré quand j’entends les routeurs qui disent que ça va être très simple. J’ai assez d’expérience pour dire que ça va être très compliqué. C’est une régate de 500 milles… mon vieux compagnon Jean Le Cam dirait la même chose. Il y a des endroits où il y aura beaucoup de courant, des renverses, une dorsale à traverser dans le golfe de Gascogne : tout ce qu’il faut pour faire un gros pataquès au mois d’aout. On ne pourra pas beaucoup dormir jusqu’au Raz de Sein, ensuite on pourra siester sous spi avec le pilote en mode vent mais il faudra se bouger pour être en tête au Raz de Sein… »

Jonny Malbon (Artemis) : « Plus relax que l’année dernière »
« Je n’ai pas trop mal dormi même si je me suis réveillé plusieurs fois, je ne sais pas trop pourquoi, j’imagine que c’est le stress. Mais bon, comme je me suis couché tôt, j’ai eu assez de sommeil. Donc je suis Ok. Je suis bien plus relax que l’année dernière. J’étais très très nerveux l’année dernière. Mais bon, le moment du départ est toujours un peu difficile, tout ce qu’on veut, c’est partir et être sur l’eau pour pouvoir se concentrer. »

Karine Fauconnier (Eric Bompard cachemire) : « J’ai mis mes œillères »
« J’ai bien dormi, impeccable et puis bien réveillée ce matin, pas trop tôt.
Je suis un peu concentrée quand même, j’ai mis mes œillères ce matin. On regarde bien les évolutions de la météo parce que ce n’était pas très clair. Il faut s’assurer des meilleures infos de dernière minute pour affiner la stratégie. Pour la météo, je travaille avec Jean-Yves Bernot du Centre d’Entraînement de Port La Forêt et puis j’ai rappelé mon vieil ami Pierre Lasnier
pour nous rappeler les bonnes années de Figaro lorsque j’avais commencé avec lui.
En Manche, on sera pas mal au contact avec les autres concurrents donc ce sera difficile d’aller dormir. Il y a les passages un peu chauds du raz Blanchard et de Guernesey, il y aura aussi les algues… Mais il faudra quand même trouver des petites plages de repos et avoir tous ses neurones pour le passage du Four avec plusieurs options possibles… »

Jeanne Grégoire (Banque Populaire) : « conditions de rêve »
« Je regrette déjà mon petit lit douillet. En me levant, je me suis dit : hum, j’en ai pour au moins trois jours et je ne risque pas de redormir avant demain matin ! Je me dis qu’il faudra que j’arrive à faire des pauses mais pas que je panique si je ne fais pas de sieste avant la sortie de anglo-normandes. Ce sera ça la logique… En tout cas les conditions sont de rêve pour cette première étape ».

Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom) : « des conditions favorables pour moi »
« J’ai passé une bonne dernière nuit avant ce départ d’étape qui ne sera pas si simple que ça par rapport à ce qu’il y a d’écrit sur le papier. Tout le problème sera de savoir quel bord tirer jusqu’à Barfleur et faire attention aux algues. Les conditions sont quand même hyper favorables pour moi physiquement (Fred s’est cassé le coude droit il y a quelques semaines et est toujours en phase de récupération, ndr) car c’est assez clément pour l’instant. Ca va peut-être me sauver un peu la mise sur le fait de pouvoir la terminer sans trop de mal. Je vais tout mettre en œuvre pour me préserver, être là à Gijón et essayer de récupérer au maximum pour la deuxième étape. »

Damien Guillou, bizuth (La Solidarité Mutualiste) : « J’ai réussi à débrancher »
« J’ai même mieux dormi que le nuit avant le prologue. Je n’ai pas pensé à la course, j’ai réussi à débrancher le cerveau hier soir en m’endormant ! Donc, ça va, je suis en forme. La première étape est un peu compliquée quand même. On sait qu’il va falloir faire gaffe à la toute la première partie qui est très importante. Mais ça va, je me sens bien, je ne suis pas si stressé que ça. On va partir avec peu de vent pour aller chercher la pointe de Cherbourg puis le raz Blanchard. Il y a des passages à niveau, donc il faut vraiment essayer d’être devant le paquet. Il ne faut pas faire d’erreur, pas prendre de risque, dès le début. Il ne faut pas passer avec du retard au raz Blanchard. Il faudra être dessus car c’est une zone dangereuse avec beaucoup de courant. En fait, il faudra être dessus au moins jusqu’à Guernesey. »

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