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Oh les filles !

24-07-2010

Allez, un peu de douceur dans ce monde de brutes qu’est la course au large en solo. Un brin de féminité dans cet entretien léger avec Jeanne Grégoire, Isabelle Joschke et Karine Fauconnier, les trois filles engagées dans la 41e Solitaire qui sont loin, très loin d’être des midinettes…

Comment dites-vous skipper ou marin au féminin ?

Jeanne : Heu… navigatrice ?

Isabelle : Marine ? En fait, il n’y a pas de mot féminin pour skipper. Les mots féminins qu’on a fabriqués sont tous ridicules : skippette, skippeuse. Quelque part, ça rabaissent un peu.

Karine : Skippette c’est pas terrible, marine, ça n’a pas beaucoup de sens. Quand on me demande ce que je fais, quel est mon métier, je dis navigatrice.

L’avantage d’être une fille sur la Solitaire ?


Karine :
….(grand blanc) ….

Jeanne :
J’aime bien me retrouver dans cette situation où tous les mois d’août, il y a 40 garçons qui te courent après (rires).

Isabelle : Sportivement, je ne sais pas s’il y a beaucoup d’avantages. Par contre, comme on est moins nombreuses, on attire plus les regards. Je pense qu’on se démarque forcément un peu des autres concurrents.

Karine : On sait parler avec les étoiles, on est des copines de Neptune. On communique avec les éléments… Non je te dis n’importe quoi là…

L’inconvénient d’être une fille sur la Solitaire

Karine : Etre obligée d’enlever tout son ciré pour faire pipi.

Jeanne :
Oui, et dans ces conditions, on est vraiment obligées de mettre le pilote automatique.

Isabelle : Il y a plein d’inconvénients à être un petit gabarit. Jeanne, toi, tu es peut-être un peu plus physique que moi…

Jeanne : Peut-être pas cette année…

Isabelle :
C’est pas le fait d’être une fille mais quand tu n’es pas très très grande et pas archi musclée, c’est moins simple dans les manœuvres

Jeanne :
Oui, quand tu es crevée, tu ne peux pas compter sur ta force. La différence ne se fait pas dans les manœuvres quand tout le monde est lucide, elle se fait quand tu es crevée que tu fais plus vite des bourdes, si tu as un peu plus de muscles pour réparer ta bourde, ça aide…

Un truc de fille que vous emmenez à bord…

Isabelle : Un gros peigne pour démêler les cheveux

Jeanne : Et un tout petit miroir pour être présentable à l’arrivée

Karine :
Je me fais des tresses avant de partir. Pas besoin de me démêler les cheveux. Quant au miroir, pour quoi faire ? Pour se faire peur ? Non ! Une fois qu’on est sur l’eau, on devient des marins, même si on reste des navigatrices !

Votre objectif sur cette 41e Solitaire du Figaro…

Karine : J’aborde cette édition comme quelqu’un qui revient après 10 ans d’absence et qui a eu peu de préparation. Je vais essayer de trouver du plaisir et en général, quand j’arrive à en trouver, les résultats sont là, naturellement. L’important sera aussi de partager cette passion avec Eric Bompard, mon nouveau partenaire qui découvre la voile et à qui il va falloir transmettre toute cette aventure humaine incroyable. C’est toujours une très belle aventure la Solitaire, on va loin.

Isabelle :
Moi j’ai envie d’être contente de moi. Ce qui veut dire faire le moins d’erreur possible dans les domaines que j’ai travaillés. Je pense que maintenant j’ai progressé et j’ai envie de le faire sentir. J’ai progressé dans la navigation au contact, dans la vitesse. Après, je pense que j’avais des atouts au large et j’ai envie de les conserver.

Jeanne :
Moi je reviens (après un an d’absence pour cause de maternité, ndr), donc on verra bien. Je veux bien naviguer, je veux me faire plaisir. Il y a plein de coups stratégiques à faire parce que le parcours est super riche sur cette course. Si je fais des erreurs, j’ai envie de comprendre pourquoi et si je fais des trucs bien aussi. J’ai envie d’arriver à Cherbourg avec le grand sourire et puis on verra bien après.


Propos recueillis par Camille El Beze

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