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Tous petits airs pour l’entame

04-08-2009

Sous un ciel voilé parsemé de quelques trouées bleues, les 52 solitaires ont fini par s’ébrouer tout doucement dans les petits airs galicien, après deux heures de retard dans la baie de la Corogne. A 16h34 à la bouée Radio France, Armel Tripon (Gedimat) menait la cohorte qui tente désormais de gagner le large, scindée en deux groupes : 13 leaders et… les autres qui accusent un retard estimé à un mille. En route pour une lente nuit.

Une paire d’heures de retard sur la feuille de route de cette deuxième étape, c’est bien un moindre mal. L’année dernière à Vigo, il avait fallu patienter pendant presque cinq heures dans un vent aux abonnés absents (avant de laisser filer les figaristes sur un départ dit « à l’anglaise »). Rien de tout cela cette fois, même s’il a fallu attendre l’établissement du vent, même si un rappel général puis le passage d’un cargo ont perturbé le timing de l’organisation sportive. Du coup, le parcours en baie sous les reliefs espagnols a été simplifié au maximum pour ne pas perdre trop de temps dans les calmes.
A 15h59, dans un vent de nord-ouest de 5 nœuds et bercée par une douce houle, l’armada des monotypes a donc pris le départ de ce deuxième acte. Jérémie Beyou (Bernard Paoli), un peu trop pressé, doit revenir au coup de canon pour repasser la ligne, tandis qu’Eric Peron (Macif) et Paul Meilhat (Domino’s Pizza) partent bien lancés dans un souffle de vent frais. Au près, à tout petit train, la flotte s’étale alors sur toute la largeur du plan d’eau, entre la Tour d’Hercule et le Cap de Seixo Blanco, pour laisser à tribord la bouée Radio France avant de poursuivre la route en direction du large.

Des écarts dès la première marque


A la marque, après 1,5 milles de navigation poussive, c’est le groupe parti à gauche, à terre donc, qui prend le meilleur au pointage : Armel Tripon (Gedimat) mène la danse, devant Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr) et Armel Le Cléac’h (Brit Air). Autour des solitaires dont certains ont hissé le spi, le vent a nettement faibli et la mer est devenue lisse. Surtout, il y a beaucoup d’écart entre les 13 leaders partis à terre et les autres, ceux du bord à droite, qui ont mis quasiment deux fois plus de temps à couvrir ce premier bord de 1,5 mille ! Une heure et demie après le départ, le groupe des 13 bateaux de tête emmené par Armel Tripon avait creusé le trou sur le reste de la flotte.. mais les voiles fasseyantes indiquaient que la soirée risquait d’être fort, fort longue…

Ce coup d’envoi dans les petits airs présage des conditions qui risquent de régner toute la nuit au sortir des côtes espagnoles. Or, il s’agira probablement d’un des moments clé de ces 365 milles à destination de Saint-Gilles-Croix-de Vie. Encore une première nuit de veille puisque tout le jeu consiste à rester véloce – en tous cas le moins lent possible quoi qu’il advienne - pour ne pas se faire distancer. On le sait, les premières heures de course sont souvent cruciales. Elles le seront d’autant plus dans ce voyage retour vers les côtes françaises, dont le déroulé pourrait s’apparenter d’abord à une course d’escargots, tout droit sur un seul bord.

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