Des écarts énormes, du jeu toujours
05-08-2008
C’est l’heure des comptes à Cherbourg-Octeville, où les derniers sont arrivés ce matin, après avoir du attendre le passage d’une marée supplémentaire au raz Blanchard. Les écarts seraient historiques si Nicolas Troussel, déjà lui, n’était passé par là en 2006. Avec plus de 6h18 sur son dauphin Gildas Morvan et 7h30 sur Erwan Tabarly qui se hisse sur le podium, il peut voir venir. Sauf qu’il va y avoir forcément du jeu sur l’énorme dernière étape. Chez les bizuths, l’histoire est diamétralement opposée : à peine plus de 9 minutes entre François Gabart et Adrien Hardy.
D’ordinaire sur La Solitaire, on compte en minutes. Cette année - comme en 2006 - on compte en heures. Voilà la blague la plus courue sur les pontons de Cherbourg-Octeville aujourd’hui. Car, certes Gildas Morvan a fait une superbe opération : au terme d’une étape de feu, le skipper de Cercle Vert passe de la 10e à la 2e place, à 6h18 de Nicolas Troussel (Financo). Certes, Erwan Tabarly récolte les fruits de sa magnifique régularité : 4e de la première étape et 5e de la deuxième, le skipper d’Athema se hisse sur la troisième place du podium, aux dépends d’un Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) qui n’a pourtant pas démérité en ne concédant « que » 3 heures à Gildas Morvan, mais qui recule d’une place néanmoins, au 4e rang.
Mais à y regarder de plus près, le grand gagnant c’est encore et toujours Nicolas Troussel l’extra-terrestre. En terminant 2e de l’étape, (1er et 2e en deux étapes où courent 50 bateaux…) le pilote de Financo a encore creusé, dans des proportions qu’on trouverait remarquables d’ordinaire : au départ de Vigo, il était leader avec 5h33 et 6h31 d’avance sur ses dauphins ; aujourd’hui, il possède respectivement 6h18 et 7h33 de capital. Il a simplement changé d’adversaires directs, mais en repoussant respectivement ses deux dauphins de trois quarts d’heure et d’une heure… « Il va falloir que les autres soient bons pour me reprendre mes six heures d’avance» a-t-il plaisanté à son arrivée.
« Cette victoire, la plus belle de mes 4 étapes gagnées, est ma vengeance sur Nicolas Troussel et je les ai prévenus à la VHF : je vais être énervé jusqu’à l’Aber Wrac’h » a répondu Gildas Morvan. En outre, Erwan Tabarly n’a pas l’intention de laisser les deux larrons s’expliquer en duel : « je ne suis qu’à une heure de la deuxième place, ça se joue… ».
« C’est jouable », voilà aussi l’avis d’une quinzaine d’autres solitaires qui peuvent encore espérer monter sur le podium à l’Aber Wrac’h, puisque si leurs débours au premiers atteignent plus de 10 heures et 15 minutes à partir de l’Italien Pietro D’Ali (Mc Louis), ils se tiennent en 4 heures entre eux. Et cette année, l’expérience prouve que 4 heures n’est pas si insurmontable, surtout quand on va s’attaquer à un monstre de 825 milles nautiques en guise de dessert, cette fameuse dernière étape entre Cherbourg-Octeville et l’Aber Wrac’h via l’île de Man. La plus longue manche en 39 ans de Solitaire du Figaro. Il va y avoir une bagarre formidable à tous les étages pour glaner quelques places, voire réaliser l’exploit de déloger un ou plusieurs des trois cadors de ce podium très expérimenté. Troussel, Morvan, Tabarly… ça en impose, mais impossible n’est pas figariste. Car si le grand perdant de cette deuxième étape est Christian Bos (Région Midi Pyrénées) qui dégringole de la 2e place à 5h33 à la…33e place à 13h35, certains ont réalisé de très belles opérations. Jeanne Grégoire (Banque Populaire) par exemple, se retrouve en 6e position et prouve une fois de plus que ce sport n’a pas de sexe.
Christopher Pratt (DCNS 97, 5e) a son mot à dire, tout comme Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) qui a grappillé deux marches pour émarger 7e. Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), sûr de sa vitesse, est dans le coup lui aussi (8e à 9h20). Enfin, Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) ont fait d’excellentes opérations en reprenant respectivement… 12 et 15 places ! Ils sont désormais dans ce fameux Top Ten, à un rang en meilleure adéquation avec leurs réputations et leur talents. Pour résumer, les gros bras sont devant. Et ils vont se battre entre eux comme des chiffonniers, c’est certain.
Très serré au classement Bénéteau des bizuths
Chez les débutants dans la course, les « bizuths », le constat est diamétralement opposé : il n’y a pas d’écart ou si peu. Tous ont énormément souffert dans cette deuxième étape et il a fallu attendre le 28e bateau pour accueillir le premier d’entre eux : Malko Szekely (Région Basse-Normandie, à 4h37 de Gildas Morvan). A cette exception notable, la remontée d’Espagne a été cruelle pour tous, les 4 derniers fermant même la marche ce matin. Après avoir pris une marée de retard au raz Blanchard, ils en ont terminé avec un déficit de… 14 à 15 heures sur Cercle Vert. Mais le fait le plus marquant dans cette histoire de bizuths est le duel extraordinaire que se livrent François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Ces deux-là sont inséparables : cette nuit, ils sont arrivés 37e et 38e… avec moins de 5 minutes d’écart. En voilà au moins qui respectent les habitudes et convenances figaristes… Ils avaient 4 minutes d’écart à Vigo, ils sont désormais à 9 minutes et 33 secondes l’un de l’autre – toujours au profit de François Gabart. Sur 50 navigateurs, ils sont les seuls finalement à rappeler que les secondes sont importantes, ce qui a un petit coté surréaliste quand on se souvient de la victoire d’Armel Le Cléac’h devant Alain Gautier pour… 13 secondes, en 2003. Mais attention ici aussi à ne pas résumer hâtivement la situation à un duel. Le jeune Britannique Andy Greenwood (Imtech, 34e à l’étape) leur a repris près d’une heure hier et il émarge troisième bizuth, à 2h35 de François Gabart. Et par les temps qui courent, 2h35 ce n’est après tout qu’une demi « Troussel », puisque le nom est devenu désormais le synonyme de dégelée, rouste, valise, déculotté, taule, bâche et compagnie le plus couru des pontons.
BM
Mais à y regarder de plus près, le grand gagnant c’est encore et toujours Nicolas Troussel l’extra-terrestre. En terminant 2e de l’étape, (1er et 2e en deux étapes où courent 50 bateaux…) le pilote de Financo a encore creusé, dans des proportions qu’on trouverait remarquables d’ordinaire : au départ de Vigo, il était leader avec 5h33 et 6h31 d’avance sur ses dauphins ; aujourd’hui, il possède respectivement 6h18 et 7h33 de capital. Il a simplement changé d’adversaires directs, mais en repoussant respectivement ses deux dauphins de trois quarts d’heure et d’une heure… « Il va falloir que les autres soient bons pour me reprendre mes six heures d’avance» a-t-il plaisanté à son arrivée.
« Cette victoire, la plus belle de mes 4 étapes gagnées, est ma vengeance sur Nicolas Troussel et je les ai prévenus à la VHF : je vais être énervé jusqu’à l’Aber Wrac’h » a répondu Gildas Morvan. En outre, Erwan Tabarly n’a pas l’intention de laisser les deux larrons s’expliquer en duel : « je ne suis qu’à une heure de la deuxième place, ça se joue… ».
« C’est jouable », voilà aussi l’avis d’une quinzaine d’autres solitaires qui peuvent encore espérer monter sur le podium à l’Aber Wrac’h, puisque si leurs débours au premiers atteignent plus de 10 heures et 15 minutes à partir de l’Italien Pietro D’Ali (Mc Louis), ils se tiennent en 4 heures entre eux. Et cette année, l’expérience prouve que 4 heures n’est pas si insurmontable, surtout quand on va s’attaquer à un monstre de 825 milles nautiques en guise de dessert, cette fameuse dernière étape entre Cherbourg-Octeville et l’Aber Wrac’h via l’île de Man. La plus longue manche en 39 ans de Solitaire du Figaro. Il va y avoir une bagarre formidable à tous les étages pour glaner quelques places, voire réaliser l’exploit de déloger un ou plusieurs des trois cadors de ce podium très expérimenté. Troussel, Morvan, Tabarly… ça en impose, mais impossible n’est pas figariste. Car si le grand perdant de cette deuxième étape est Christian Bos (Région Midi Pyrénées) qui dégringole de la 2e place à 5h33 à la…33e place à 13h35, certains ont réalisé de très belles opérations. Jeanne Grégoire (Banque Populaire) par exemple, se retrouve en 6e position et prouve une fois de plus que ce sport n’a pas de sexe.
Christopher Pratt (DCNS 97, 5e) a son mot à dire, tout comme Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) qui a grappillé deux marches pour émarger 7e. Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), sûr de sa vitesse, est dans le coup lui aussi (8e à 9h20). Enfin, Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) ont fait d’excellentes opérations en reprenant respectivement… 12 et 15 places ! Ils sont désormais dans ce fameux Top Ten, à un rang en meilleure adéquation avec leurs réputations et leur talents. Pour résumer, les gros bras sont devant. Et ils vont se battre entre eux comme des chiffonniers, c’est certain.
Très serré au classement Bénéteau des bizuths
Chez les débutants dans la course, les « bizuths », le constat est diamétralement opposé : il n’y a pas d’écart ou si peu. Tous ont énormément souffert dans cette deuxième étape et il a fallu attendre le 28e bateau pour accueillir le premier d’entre eux : Malko Szekely (Région Basse-Normandie, à 4h37 de Gildas Morvan). A cette exception notable, la remontée d’Espagne a été cruelle pour tous, les 4 derniers fermant même la marche ce matin. Après avoir pris une marée de retard au raz Blanchard, ils en ont terminé avec un déficit de… 14 à 15 heures sur Cercle Vert. Mais le fait le plus marquant dans cette histoire de bizuths est le duel extraordinaire que se livrent François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Ces deux-là sont inséparables : cette nuit, ils sont arrivés 37e et 38e… avec moins de 5 minutes d’écart. En voilà au moins qui respectent les habitudes et convenances figaristes… Ils avaient 4 minutes d’écart à Vigo, ils sont désormais à 9 minutes et 33 secondes l’un de l’autre – toujours au profit de François Gabart. Sur 50 navigateurs, ils sont les seuls finalement à rappeler que les secondes sont importantes, ce qui a un petit coté surréaliste quand on se souvient de la victoire d’Armel Le Cléac’h devant Alain Gautier pour… 13 secondes, en 2003. Mais attention ici aussi à ne pas résumer hâtivement la situation à un duel. Le jeune Britannique Andy Greenwood (Imtech, 34e à l’étape) leur a repris près d’une heure hier et il émarge troisième bizuth, à 2h35 de François Gabart. Et par les temps qui courent, 2h35 ce n’est après tout qu’une demi « Troussel », puisque le nom est devenu désormais le synonyme de dégelée, rouste, valise, déculotté, taule, bâche et compagnie le plus couru des pontons.
BM



