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Et maintenant l’autoroute de Gascogne

02-08-2008

Tirés d’affaire. Par le travers de La Corogne, la flotte a touché comme prévu un flux de sud-ouest qui devrait aller forcissant. Ce ne sont pas encore les grandes vitesses, mais on progresse à 6 ou 7 nœuds vers le but. Sur la route directe, Gildas Morvan (Cercle Vert) a pris l’avantage, mais il doit se sentir un peu seul car le peloton mené par Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) a préféré une route plus au large.

« Ciel couvert, nuit sans étoiles, encore un peu de résidu de mer s’atténuant… dans un vent de secteur sud-ouest d’une douzaine de nœuds, la flotte progresse sous spi, relativement groupée. Gildas Morvan a pris 7 milles d’avance en privilégiant une trajectoire proche de la route directe alors que le peloton est décalé dans l’ouest. » La carte postale de la nuit est signée Jacques Caraës à 5h ce matin, à bord du bateau Direction de course. Tout est dit, ou presque. La bonne nouvelle est que la flotte semble tirée d’affaire : le spectre de la pétole s’est enfin effacé et le fameux cap Finisterre - dont on disait qu’il serait le premier juge de paix de cette deuxième étape vers Cherbourg-Octeville – est dans le tableau arrière.
Le vent, plus stable, permet même aux marins solitaires d’enclencher de temps à autre leurs pilotes automatiques pour s’accorder de courtes périodes de repos. Vigilance tout de même, car la flotte frôle le rail des cargos de la pointe nord-ouest de l’Espagne. Il fait doux, légèrement humide sur les Figaro Bénéteau. Au pointage, il y a peu d’écart dans le gros du peloton, avec par exemple les 20 bateaux derrière Cercle Vert qui tiennent en 2,5 milles. Ce peloton est emmené pour l’instant par Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier, 2e), Christopher Pratt (DCNS 97), Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Jeanne Grégoire (Banque Populaire) et Erwan Tabarly (Athema). On trouve dans ce groupe le tenant du classement général Nicolas Troussel (Financo). Son dauphin Christian Bos (Région Midi Pyrénées) est 31e, à 11 miles de Cercle Vert et 2 milles de Financo. Plus à l’est, l’Italien Pietro D’Ali (Mc Louis) et Armel Tripon (Gedimat) sont les deux seuls autres bateaux à se rapprocher de l’idée du meneur Gildas Morvan, mais à une dizaine de milles derrière lui.
Rien n’est fait, mais à la vacation du matin le soulagement était le sentiment le mieux partagé : tous les solitaires s’accordaient pour estimer que le vent n’allait maintenant faire que forcir – sans doute jusqu’à une vingtaine de nœuds – ce qui permettra d’allonger la foulée vers la pointe de Bretagne. A bord de Suzuki Automobiles, Thierry Chabagny résumait la situation : « on arrive sous l’influence de la dépression, comme prévu. On entre sur l’autoroute pour traverser le golfe de Gascogne où on va enfin avaler des milles assez rapidement, ce qui n’a pas été le cas depuis le début de cette Solitaire. »

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