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Deuxième étape : un semi-marathon avec obstacles

31-07-2008

La deuxième étape de cette Solitaire du Figaro entre Vigo et Cherbourg-Octeville s’élance donc demain vendredi, à 10h. C’est un gros morceau : 590 milles avec des passages à niveaux redoutables aux pointes de Bretagne et du Cotentin dans de forts coefficients, donc des courants puissants. Nicolas Troussel a une marée d’avance, mais là aussi les écarts pourraient être importants.

Alors que Jean-Pierre Nicol (Gavottes) n’est arrivé dans le port de Vigo qu’hier soir mercredi et que le départ a été repoussé à demain vendredi (10h), c’est déjà le moment de préparer la météo et de repartir après un court répit pour les 50 marins de La Solitaire. Et pas pour une petite manche tranquille : il faut remonter vers Cherbourg-Octeville, 590 milles dans le nord des cartes. Une étape que beaucoup jugent piégeuse, non par sa longueur mais par la succession de difficultés qu’elle présente. La première d’entre elles sera de s’extirper des côtes espagnoles et de gagner le cap Finisterre. Le vent d’ouest puis sud sur la zone de départ – volontairement déplacée très en dehors de la baie de Vigo, près des îles Cies à 1h30 du port galicien - sera faible en effet : 5 à 8 nœuds plein vent arrière... Il y aura au moins 60 milles difficiles à faire, pour remonter vers le nord dans du petit temps jusqu’au fameux cap, avant de pouvoir récupérer un système dépressionnaire. Ce dernier offrira aux concurrents du vent d’ouest-sud-ouest de 15 à 25 nœuds samedi. On peut donc s’attendre à une traversée rapide du golfe de Gascogne si l’on parvient à accrocher ce train-là. La traversée proprement dite ne devrait donc pas poser trop de problèmes, à fond sous spi et sans doute une mer relativement formée. « Il faudra toutefois bien se positionner pour préparer le passage de la pointe de Bretagne, car là-bas c’est très ouvert, le jeu est quasiment libre », explique Erwan Tabarly (Athema, 4e), « il peut y avoir du jeu à Sein, à Ouessant, ou dans le Fromveur entre Ouessant et Molène ». La seule interdiction notable est de ne pas couper le dispositif de séparation du trafic, le fameux « rail des cargos » de Ouessant, ce qui interdit une option extrême ouest.
Gare aux courants
Les coefficients de marée seront très importants au moment d’aborder ces passages, de l’ordre de 98 à 100. Autrement dit, les courants seront très forts et ils pourraient bien être une donnée majeure de cette deuxième manche. Il risque fort d’y avoir une belle partie de poker menteur dès les abords du Finistère, français celui-là. D’autant que la situation au classement général s’y prête. Comme il le dit lui-même, le leader Nicolas Troussel a dans son escarcelle « une marée d’avance ». C’est énorme… et paradoxalement accessible à la fois, puisque chacun de ces passages peut potentiellement faire gagner ou perdre 6 heures. « C’est ce que les autres vont se dire pour se motiver et m’attaquer… mais je n’ai pas l’intention de les laisser faire », sourit le skipper de Financo. Et même sans parler du leader, il reste de toutes façons beaucoup de jeu à tous les niveaux. Christian Bos (Région Midi Pyrénées), 2e, résume : « pour beaucoup je suis l’homme à abattre. Beaucoup de gars se disent que Nico est devenu intouchable et que la meilleure place à prendre c’est la mienne ! Mais je vais me battre pour la défendre, croyez moi… »
Il y a beaucoup à gagner et à perdre, donc au cours de cette étape piégeuse. D’autant que le général est somme toute relativement serré, avec 27 bateaux qui tiennent en deux heures et demi du 4e au 30e… Et faire 4 ou 30 à La Solitaire n’est évidemment pas tout à fait la même chose non plus. Chez les bizuths, rien n’est joué encore avec à peine plus de 4 minutes entre les deux leaders de ce classement des débutants, François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir recouvrement).
En outre, le cap Finisterre et la pointe de Bretagne - après une négociation normalement rapide du golfe de Gascogne dans sa plus grande longueur - ne seront que les premiers obstacles du steeple-chase. Car en Manche aussi, il y aura forcément du jeu dans les anglo-normandes, avant de se présenter devant le juge de paix que sera le Raz Blanchard, à la pointe du Cotentin. A ce cap Horn français, on peut se retrouver dans 10 nœuds de courant ! Autrement dit terriblement accélérer ou au contraire se voir interdire l’accès aux derniers milles du parcours vers Cherbourg-Octeville. En un mot comme en cent, cette étape ne va rien épargner aux 50 marins et de mémoire de figariste, on ne se souvient pas avoir cumulé tant de difficultés en une seule manche. Voilà qui promet, mais n’anticipons pas : le premier challenge sera de gagner le cap Finisterre où il pourrait bien déjà y avoir des écarts difficiles à remonter sous spi dans le Golfe. « Les douze premières heures pourraient bien être les plus délicates de ce semi-marathon » résume le directeur de course, Jacques Caraës.
BM



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