Tant qu’il y a du mille, il y a de l’espoir
29-07-2008
Les arrivées se sont enchaînées toute la nuit et encore ce mardi matin et midi au Cap Ortegal, les bateaux repartant ensuite en convoyage vers Vigo, où Nicolas Troussel est attendu en début de soirée. Le 50e, Fabrice Amadeo (Aquarelle.com) en a fini avec plus de 21 heures de retard sur la ligne. Le vent y était tombé dès le passage du 3e hier soir. Le vainqueur a considérablement corsé l’addition : à l’exception de Frédéric Duthil et Christian Bos, la plupart des grands favoris sont relégués à plus de 7 heures de Financo, quand ce n’est pas 8, 9, 10, 11 ou plus. Mais le profil particulier des 2e et 3e étapes, très piégeuses, incite à garder espoir malgré tout. La Solitaire n’est pas finie.
Les arrivées se sont enchaînées toute la nuit et encore ce mardi matin et midi au Cap Ortegal, les bateaux repartant ensuite en convoyage vers Vigo, où Nicolas Troussel est attendu en début de soirée. Le 50e, Fabrice Amadeo (Aquarelle.com) en a fini avec plus de 21 heures de retard sur la ligne. Le vent y était tombé dès le passage du 3e hier soir. Le vainqueur a considérablement corsé l’addition : à l’exception de Frédéric Duthil et Christian Bos, la plupart des grands favoris sont relégués à plus de 7 heures de Financo, quand ce n’est pas 8, 9, 10, 11 ou plus. Mais le profil particulier des 2e et 3e étapes, très piégeuses, incite à garder espoir malgré tout. La Solitaire n’est pas finie.
Alors que Nicolas Troussel est attendu cet après-midi au ponton de Vigo, au terme de son convoyage depuis la ligne d’arrivée, c’est l’heure des comptes et on a pu joindre en mer quelques concurrents, tous ayant désormais franchi la ligne. Les classements sont tombés et ils sont effectivement cruels, pour tout le monde ou presque. Un peu à l’image de 2006, quand Troussel, déjà, avait assommé la flotte avec des écarts similaires à st Gilles-Croix-de-Vie. C’était déjà sur une traversée du golfe de Gascogne dans le petit temps, mais dans l’autre sens - à l’époque 2h d’avance sur Chabagny, 7h sur Armel Le Cléach et 8h au minimum sur tous les autres. Cette fois, le skipper de Financo engrange plus de 5h30 de capital sur son dauphin Christian Bos (Région Midi Pyrénées), 6h30 sur le 3e Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) et grosso modo de 7h30 à 8h sur les sept autres qui ont réussi à se hisser dans le Top Ten.
Bravo les bizuths !
Parmi eux, mention spéciale aux deux premiers bizuths François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) qui réalisent l’authentique exploit de se hisser aux 6e et 7e place, à 4 minutes et 20 secondes l’un de l’autre. Il n‘y a bien que pour eux qu’on compte les secondes ! Outre le podium, seuls Erwan Tabarly (Athema, 4e) et Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 5e) ont échappé à leur boulimie juvénile. « Je n’aurais pas rêvé mieux » estime Gabart, « ça met en confiance » répond Hardy. Chapeau, les bleus, leur match dans le match est lui aussi superbe, très haut perché au général. Et leur performance d’autant plus criante lorsqu’on considère que le troisième débutant dans l’épreuve, le jeune britannique Andy Greenwood (Imtech), est crédité de la 36e place, soit 30 places et plus de trois heures derrière François Gabart.
Mais si Nicolas Troussel était « intouchable » comme dit Christian Bos, qu’il a « largement mérité sa victoire » selon Frédéric Duthil et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs, 9e), il ne faut pas se méprendre : tous se sont très bien battus, sont allés au bout d’eux-mêmes. Tous ont traqué comme des déments la risée, la bonne trajectoire, le bon changement de voile, la bonne vitesse, repoussé le sommeil. Le problème est que, pour une fois, une bonne place n’équivaut pas à un bon classement. La Solitaire est une course au temps, pas aux points. Ainsi, d’ordinaire Christopher Pratt (DCNS 97), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Gildas Morvan (Cercle Vert) pourraient se satisfaire tranquillement de leurs respectives 8e, 9e et 10e places. Tout le problème est que ce rang est aujourd’hui à plus ou moins 8 heures du vainqueur… On dirait presque qu’il y a eu deux courses, que 49 bateaux se tiennent dans des écarts plus ou moins « normaux » (encore que).
Pour résumer, grosso modo les 10 premiers sont dans des écarts compris entre 5h30 et 8h, on accuse entre 8h et 9h du 10e au 15e. Entre 9h et 10h de retard, du 16e au 30e, on retrouve beaucoup de favoris comme Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Eric Drouglazet (Luisina) ou encore Corentin Douguet (E.leclerc Mobile) et Antoine Koch (Sopra Group 1). A partir du 36e, on est à 11h et plus de déficit. La pétole suivie du près, sur la fin, a été impitoyable. Est-on pour autant dans la même situation qu’en 2006, quand Nicolas Troussel avait gagné La Solitaire dès la 2e étape ? Oui et non. Oui si l’on considère qu’il ne reste - comme il a deux ans - que deux étapes. Non quand on regarde de plus près leur profil, des monstres jamais courues sur la solitaire : celle vers Cherbourg-Octeville, d’abord, qui s’élancera jeudi à 16h, comporte trois passages à niveaux qui peuvent être dévastateurs dans des coefficients de marée de 90 à 100. Selon les positionnements, l’un peut très bien passer et l’autre voir la barrière se refermer devant lui sans pouvoir rien faire (impossible de lutter contre des courants qui peuvent être supérieurs à 10 nœuds). Donc il y a du temps à reprendre ici, sans parler de la troisième et dernière étape qui sera la plus longue jamais courue avec ses 825 milles. Finalement, c’est Erwan Tabarly, 4e, qui résume le mieux la situation : « tout est encore possible. Tant que la course n’est pas finie, il y a de l’espoir… même si les chances sont minces. »
BM
Alors que Nicolas Troussel est attendu cet après-midi au ponton de Vigo, au terme de son convoyage depuis la ligne d’arrivée, c’est l’heure des comptes et on a pu joindre en mer quelques concurrents, tous ayant désormais franchi la ligne. Les classements sont tombés et ils sont effectivement cruels, pour tout le monde ou presque. Un peu à l’image de 2006, quand Troussel, déjà, avait assommé la flotte avec des écarts similaires à st Gilles-Croix-de-Vie. C’était déjà sur une traversée du golfe de Gascogne dans le petit temps, mais dans l’autre sens - à l’époque 2h d’avance sur Chabagny, 7h sur Armel Le Cléach et 8h au minimum sur tous les autres. Cette fois, le skipper de Financo engrange plus de 5h30 de capital sur son dauphin Christian Bos (Région Midi Pyrénées), 6h30 sur le 3e Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) et grosso modo de 7h30 à 8h sur les sept autres qui ont réussi à se hisser dans le Top Ten.
Bravo les bizuths !
Parmi eux, mention spéciale aux deux premiers bizuths François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement) qui réalisent l’authentique exploit de se hisser aux 6e et 7e place, à 4 minutes et 20 secondes l’un de l’autre. Il n‘y a bien que pour eux qu’on compte les secondes ! Outre le podium, seuls Erwan Tabarly (Athema, 4e) et Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 5e) ont échappé à leur boulimie juvénile. « Je n’aurais pas rêvé mieux » estime Gabart, « ça met en confiance » répond Hardy. Chapeau, les bleus, leur match dans le match est lui aussi superbe, très haut perché au général. Et leur performance d’autant plus criante lorsqu’on considère que le troisième débutant dans l’épreuve, le jeune britannique Andy Greenwood (Imtech), est crédité de la 36e place, soit 30 places et plus de trois heures derrière François Gabart.
Mais si Nicolas Troussel était « intouchable » comme dit Christian Bos, qu’il a « largement mérité sa victoire » selon Frédéric Duthil et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs, 9e), il ne faut pas se méprendre : tous se sont très bien battus, sont allés au bout d’eux-mêmes. Tous ont traqué comme des déments la risée, la bonne trajectoire, le bon changement de voile, la bonne vitesse, repoussé le sommeil. Le problème est que, pour une fois, une bonne place n’équivaut pas à un bon classement. La Solitaire est une course au temps, pas aux points. Ainsi, d’ordinaire Christopher Pratt (DCNS 97), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Gildas Morvan (Cercle Vert) pourraient se satisfaire tranquillement de leurs respectives 8e, 9e et 10e places. Tout le problème est que ce rang est aujourd’hui à plus ou moins 8 heures du vainqueur… On dirait presque qu’il y a eu deux courses, que 49 bateaux se tiennent dans des écarts plus ou moins « normaux » (encore que).
Pour résumer, grosso modo les 10 premiers sont dans des écarts compris entre 5h30 et 8h, on accuse entre 8h et 9h du 10e au 15e. Entre 9h et 10h de retard, du 16e au 30e, on retrouve beaucoup de favoris comme Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Eric Drouglazet (Luisina) ou encore Corentin Douguet (E.leclerc Mobile) et Antoine Koch (Sopra Group 1). A partir du 36e, on est à 11h et plus de déficit. La pétole suivie du près, sur la fin, a été impitoyable. Est-on pour autant dans la même situation qu’en 2006, quand Nicolas Troussel avait gagné La Solitaire dès la 2e étape ? Oui et non. Oui si l’on considère qu’il ne reste - comme il a deux ans - que deux étapes. Non quand on regarde de plus près leur profil, des monstres jamais courues sur la solitaire : celle vers Cherbourg-Octeville, d’abord, qui s’élancera jeudi à 16h, comporte trois passages à niveaux qui peuvent être dévastateurs dans des coefficients de marée de 90 à 100. Selon les positionnements, l’un peut très bien passer et l’autre voir la barrière se refermer devant lui sans pouvoir rien faire (impossible de lutter contre des courants qui peuvent être supérieurs à 10 nœuds). Donc il y a du temps à reprendre ici, sans parler de la troisième et dernière étape qui sera la plus longue jamais courue avec ses 825 milles. Finalement, c’est Erwan Tabarly, 4e, qui résume le mieux la situation : « tout est encore possible. Tant que la course n’est pas finie, il y a de l’espoir… même si les chances sont minces. »
BM


