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Réduction de parcours : arrivée lundi au cap Ortegal

27-07-2008

En l’absence totale de vent sur les 100 derniers milles du parcours, la Direction et le Comité de course de la Solitaire du Figaro viennent de décider d’écourter cette première étape, partie vendredi de La Rochelle. L’arrivée sera jugée au cap Ortegal, devant Carino. Les premiers y sont attendus demain soir lundi. En tête, Nicolas Troussel (Financo) a pris l’avantage, avec 10 milles d’avance sur Christian Bos (Région Midi Pyrénées) et 15 milles sur Frédéric Duthil (Distinxion Automobile).

La décision a été prise vers 16h15 et l’avenant annoncé à tous les coureurs à 17h ce dimanche. En raison de la persistance du manque de vent mais surtout de la météo prévue entre le cap Finisterre et Vigo, cette première étape est écourtée. Une ligne d’arrivée va ainsi être installée aux abords du cap Ortegal, devant le port galicien de Carino. Soit une réduction d’environ 130 milles nautiques. Les premiers bateaux devraient couper cette ligne d’arrivée tard demain soir, lundi. Et il y aura vraisemblablement de gros écarts, déjà, probablement une quinzaine d’heures entre le vainqueur et le dernier.
Rarissime, ce genre de décision n’est facile à prendre pour personne et pose comme on imagine d’importants problèmes d’organisation, de logistique, de communication. Mais en mer, c’est toujours la météo qui décide. Et Richard Silvani, de Météo France est formel : « jusqu’à demain soir, sous l’influence d’un petit minimum dépressionnaire, il devrait y avoir de l’air jusqu’au cap Ortegal, dans l’ordre sud-est, puis ouest-sud-ouest et enfin ouest pour une quinzaine de nœuds jusqu’à cette nouvelle ligne d’arrivée. Le problème, c’est la descente le long des côtes de Galice qui aurait été très problématique, quasiment sans aucun vent, à des vitesses nulles et très aléatoires». A tel point que les premiers concurrents ne seraient pas arrivés à Vigo avant… mercredi et les derniers jeudi, à savoir la date prévue pour le départ de la deuxième étape ! Impossible, à tenir, évidemment.
Nicolas Troussel en tête
Une fois franchie la ligne, les bateaux rallieront au moteur le port de Vigo, d’où partira la deuxième manche à destination de Cherbourg-Octeville. Et nos marins dans tout cela ? Alors que certains commençaient à se rationner en eau, les choses ont évolué dans la flotte. Au ralenti, certes, et dans la pétole, mais elles ont évolué. Au pointage de 16h ce dimanche, Nicolas Troussel (Financo) s’est constitué un matelas intéressant d’une dizaine de milles sur l’étonnant Christian Bos (Région Midi Pyrénées) et de 15 milles sur Frédéric Duthil (Distinxion Automobile). Les sept qui complètent la liste du Top Ten sont entre 20 et 26 milles de Financo. On trouve là et dans l’ordre Christopher Pratt (DCNS 97), Erwan Tabarly (Athema), le Cap Verdien Antonio Pedro Da Cruz (Baiko) qu’on n’avait jamais connu à pareille fête, et encore Jeanne Grégoire (Banque Populaire), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) Gildas Morvan (Cercle Vert) et enfin Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), 10e à 26 milles. Voici ceux qui, pour le moment en tous cas, se sont les mieux sortis du « concours de lenteur », décrit ce matin par le leader Nicolas Troussel. Lequel – mais c’était avant de connaître cette décision de réduction de parcours – ne s’emballait pas outre mesure : « j’ai dû tirer les bons bords la nuit dernière et c’est top, mais c’est loin d’être fini ». Au final, dans cet océan d’incertitudes, c’est la pétillante bizuth franco-allemande Isabelle Joschke (par ailleurs très bien placée à la 13e place sur son Synergie) qui trouvait les mots justes, de sa petite voix douce : « je me suis déjà retrouvée dans des situations sans vent comme ça, mais jamais aussi longtemps. Il faut faire abstraction de la notion du temps, car le temps s’est arrêté… » Le chrono, lui, se déclenchera donc demain soir aux abords du cap Ortegal. Il sera doux pour certains et cruel pour d’autres, les derniers ayant plus de 50 milles de déficit.
Vers 16h, le champion de France en titre Nicolas Troussel avait timidement mais enfin démarré, à 6 nœuds, sous spi dans du sud-est qui tournera donc par le sud-ouest d’abord et jusqu’à l’ouest en fin de parcours. Le vainqueur 2006 peut désormais nourrir de légitimes ambitions et faire logiquement figure de favori pour cette première manche de fous à la recherche du vent perdu. Mais on sait trop ce que cette course recèle dans sa mallette à surprises pour en jurer mordicus dès ce soir. Pour les leaders, il reste en théorie une trentaine d’heures de navigation. Pour les autres, un peu plus… Il y aura forcément des insatisfaits, les marins en sont d’éternels. « L’année dernière on pestait parce qu’on avait 45 nœuds de vent, cette année c’est l’inverse » résume un Frédéric Duthil sur qui on peut compter pour attaquer encore et encore. Jusqu’au bout. Et on pourra faire tous les calculs imaginables, la Solitaire ne sera pas jouée à l’issue de cette première étape. Dès la deuxième, ce semi-marathon vers Cherbourg avec ses coefficients de marée de 100 et ses courants formidables du Raz Blanchard, tout pourra être remis en cause. Les rois d’Espagne ne seront pas forcément prophètes chez les vikings de Normandie. Et inversement.

B.M.

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