Qu’elle est loin l’auberge espagnole !
26-07-2008
En 24 heures, les 50 solitaires ont parcouru au mieux 70 milles sur la route… et ça ne va pas s’arranger avant la nuit de dimanche à lundi, voire pire. Les spis portent à peine, la vitesse moyenne n’excède pas 3 noeuds. Christian Bos (Région Midi Pyrénées) est en tête, mais il n’y a pas d’écarts réellement pertinents. Les gros bras sont aux avant-postes, sur la route directe. Deux marins tentent malgré tout de secouer le cocotier : Armel Tripon (Gedimat) et Christophe Lebas (Lola) ont lancé une attaque au sud.
Patience et longueur de temps. Le répit « venté » de la nuit a été de courte durée. Nouvel arrêt buffet depuis 13h ce samedi pour les 50 marins de la Solitaire du Figaro. Hélas, la brise des Rias Baixas ne porte pas 380 milles dans le nord-est, soit à la latitude de l’estuaire de la Gironde où les concurrents sont de nouveau encalminés. On se prend à rêver qu’une des jolies grues Titan du port de Vigo décide d’enjamber le golfe de Gascogne pour s’en aller, à pas d’insecte géant, extirper les Figaro du calme blanc qui les piège. On ose à peine jeter un œil aux pointages, tant on bat des records de lenteur. En tête à 16h, au nord de la route, Christian Bos (Région Midi Pyrénées) est encore à 380 milles du but. Le nouveau leader n’a parcouru que 70 milles en 24 heures. Trois nœuds de moyenne depuis le départ de la Rochelle hier, 5,5 kilomètres/heure… Confirmation sur l’eau à bord du catamaran direction de course cet après-midi : «nous sommes au sud de la flotte, il fait grand beau, le soleil tape, mais il n’y a pas de vent du tout. Calme plat. On n’avance pas. Je viens d’avoir Patrick Eliès, qui est au nord et c’est strictement la même chose là-bas». Contraints au pénible jeu du chasse-risées, avec sa part d’aléatoire, les skippers n’ont d’autre choix que se mettre dans le rouge pour régler, barrer, adapter la voilure en permanence en espérant le mini grain, le mini nuage, le petit souffle venu d’on ne sait où. « C’est le pot au noir dans le golfe de Gascogne », s’amuse Malko Szekely (Région Basse-Normandie). « Le spi à du mal à porter » entend-on ici et là lors de la vacation radio.
Tripon et Lebas attaquent au sud
Les vitesses des bateaux sont de nouveau très faibles, entre 1,5 et 3 nœuds conquis à la faveur d’une risée, voire d’un grain orageux qui fait décoller l’un et laisse son voisin encalminé. « J’étais à côté d’Armel Tripon ce matin, mais ce petit cochon vient de s’en aller dans une risée et de me coller deux milles en une heure », témoigne Christophe Lebas, un des deux animateurs du jour. En effet, alors que le peloton choisit de privilégier la route directe, les skippers de Gedimat et Lola, eux, tentent une attaque au sud. Investissement payant à long terme ? Rien n’est moins sûr. « Il n’y a pas d’air et je ne pense pas qu’il va y en avoir avant un bout de temps » poursuit Christophe Lebas, « je ne suis pas mécontent de ma position, mais comme on ne voit rien venir, je ne vais pas m’énerver ». Tout le problème est là : aucun renforcement du vent n’est prévu avant la nuit de dimanche à lundi, au mieux ! Où seront alors les bateaux quand arrivera l’influence d’une dépression qui doit remonter Cap Finisterre? On se perd en conjectures et on commence déjà à imaginer une arrivée mardi pour les premiers, et pas lundi comme initialement prévu. On confirme avec un de ces logiciels qui superpose cartes météo et fichiers de vent. On clique sur l’option « effacer tous les symboles de vent supérieurs à 5 nœuds »… et la carte devient instantanément immaculée. « On ne voit pas grand chose venir », soupire Jacques Caraës, « il faut attendre… ». Attendre, guetter le moindre souffle et ne pas tirer de conclusions hâtives quand 37 bateaux tiennent en dix petits milles. Tout juste peut-on considérer que la plupart des gros bras sont dans les vingt premiers ; que juste derrière Christian Bos, on ne trouve quasiment que des favoris. Comme Erwan Tabarly (Athema, 2e), Nicolas Troussel (Financo, 3e), Gildas Morvan (Cercle Vert, 4e). Le talentueux Vincent Biarnès (Côtes d’Armor, 5e), lui, précède d’un souffle Fred Duthil (Distinxion Automobile), Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Christopher Pratt (DCNS 97). Jeanne Grégoire (Banque Populaire), complète le Top Ten, à 6,4 milles du leader. Cette étape, qu’on imaginait facile sur le papier, est en train d’enfanter d’un monstre. Un de ces combats de veilleurs, de régleurs et de barreurs où chaque hectomètre arraché à la route est une conquête. Une « guerre des nerfs », comme dit Jacques Caraës. La Solitaire aime bien brasser les contrastes : l’an dernier, la flotte avait gagné l’Espagne en bravant une furieuse tempête. Cette année, c’est la pétole qu’il faut terrasser. Pas sûr que tous les marins préfèrent.
BM
Tripon et Lebas attaquent au sud
Les vitesses des bateaux sont de nouveau très faibles, entre 1,5 et 3 nœuds conquis à la faveur d’une risée, voire d’un grain orageux qui fait décoller l’un et laisse son voisin encalminé. « J’étais à côté d’Armel Tripon ce matin, mais ce petit cochon vient de s’en aller dans une risée et de me coller deux milles en une heure », témoigne Christophe Lebas, un des deux animateurs du jour. En effet, alors que le peloton choisit de privilégier la route directe, les skippers de Gedimat et Lola, eux, tentent une attaque au sud. Investissement payant à long terme ? Rien n’est moins sûr. « Il n’y a pas d’air et je ne pense pas qu’il va y en avoir avant un bout de temps » poursuit Christophe Lebas, « je ne suis pas mécontent de ma position, mais comme on ne voit rien venir, je ne vais pas m’énerver ». Tout le problème est là : aucun renforcement du vent n’est prévu avant la nuit de dimanche à lundi, au mieux ! Où seront alors les bateaux quand arrivera l’influence d’une dépression qui doit remonter Cap Finisterre? On se perd en conjectures et on commence déjà à imaginer une arrivée mardi pour les premiers, et pas lundi comme initialement prévu. On confirme avec un de ces logiciels qui superpose cartes météo et fichiers de vent. On clique sur l’option « effacer tous les symboles de vent supérieurs à 5 nœuds »… et la carte devient instantanément immaculée. « On ne voit pas grand chose venir », soupire Jacques Caraës, « il faut attendre… ». Attendre, guetter le moindre souffle et ne pas tirer de conclusions hâtives quand 37 bateaux tiennent en dix petits milles. Tout juste peut-on considérer que la plupart des gros bras sont dans les vingt premiers ; que juste derrière Christian Bos, on ne trouve quasiment que des favoris. Comme Erwan Tabarly (Athema, 2e), Nicolas Troussel (Financo, 3e), Gildas Morvan (Cercle Vert, 4e). Le talentueux Vincent Biarnès (Côtes d’Armor, 5e), lui, précède d’un souffle Fred Duthil (Distinxion Automobile), Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Christopher Pratt (DCNS 97). Jeanne Grégoire (Banque Populaire), complète le Top Ten, à 6,4 milles du leader. Cette étape, qu’on imaginait facile sur le papier, est en train d’enfanter d’un monstre. Un de ces combats de veilleurs, de régleurs et de barreurs où chaque hectomètre arraché à la route est une conquête. Une « guerre des nerfs », comme dit Jacques Caraës. La Solitaire aime bien brasser les contrastes : l’an dernier, la flotte avait gagné l’Espagne en bravant une furieuse tempête. Cette année, c’est la pétole qu’il faut terrasser. Pas sûr que tous les marins préfèrent.
BM


