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Les premiers mots des vainqueurs de l’étape et du général

21-08-2007

Comme ses initiales augmentées, Michel Desjoyeaux, MDJ, reste Le Maître du Jeu. Celui qui, dans les jeux de rôles, décide du destin d’une bande d’aventuriers. Maîtrise d’abord le sien. Cette nuit aux Sables d’Olonne, à la faveur d’une troisième place sur cette dernière étape de gros temps où les anémomètres ont affiché jusqu’à 50 nœuds, le Roi du solo a remporté sa troisième Solitaire Afflelou Le Figaro. Exploit réalisé via un carton plein impressionnant : à chaque étape, « Mich’Desj » est monté sur le podium. Il rejoint ainsi avec trois victoires Jean Le Cam et Philippe Poupon sur les tablettes de La Solitaire. Au classement général avant jury, Michel Desjoyeaux devance le beau vainqueur de cette dernière étape, Fred Duthil (Distinxion) et le vainqueur de la précédente à La Corogne, Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom). Intercalé entre eux en Vendée, Gérald Véniard (Scutum), s’offre un podium mérité. Voici les premières déclarations de ces quatre coureurs qui composent d’une part le podium de cette quatrième et dernière étape de 340 milles entre La Corogne et Les Sables d’Olonne et le podium de cette 38eme Solitaire. A 6h04, 27 concurrents avaient passé la ligne d’arrivée. Nicolas Lunven (Bostik), passé en 18e position, remporte le classement des bizuths.

L’interview du vainqueur de La Solitaire Afflelou Le Figaro 2007 Michel Desjoyeaux (Foncia) : « j’étais venu chercher la bagarre» Troisième à l’étape, carton plein des podiums de cette 38e édition avec trois places de troisième et une victoire à Brest. Michel Desjoyeaux (Foncia) livre ses premières impressions…. Quelle saveur particulière pour cette troisième victoire dans La Solitaire ? « C’est surtout le niveau de la compétition et l’intérêt qu’il y a eu sur chaque étape qui donne une saveur particulière à cette victoire. Il y a eu des éditions où t’avais l’impression qu’il ne se passait rien, autant, celle là, il s’est toujours passé plein de choses. A tous les moments, ça valait le coup d’y réfléchir pour essayer de mieux faire la prochaine fois. On ne s’est jamais ennuyé. Y’a rien de pire, comme le dit Mouren, que les bords de ‘sanglier’ où tout se fait sur un seul bord, où il ne se passe rien. On n’a pas du tout eu ça cette année. Cela vient des conditions mais aussi du niveau de la flotte, de son homogénéité. Tous les bateaux marchent bien et tous les coureurs sont capables de prendre de bonnes initiatives, de ne pas être seulement des suiveurs. C’était ça que j’étais venu chercher : la bagarre, la confrontation. Avec nos gros bateaux (les 60 pieds open), on ne navigue pas énormément avec ce niveau de confrontation. Là, vous avez 50 concurrents avec une vingtaine qui sont d’un niveau suffisamment conséquent pour pouvoir se tirer la bourre… Il suffit de regarder la façon de sortir de la baie de La Corogne avant hier, il y avait des bateaux partout. Il n’y a que dans La Solitaire que tu trouves ça. » Cette quatrième étape… « Le fait de prendre un mauvais départ et de partir en milieu de paquet, puis d’enchaîner quelques bêtises (j’ai une écoute de spi qui s’est coincée dans un safran), ça a la faculté de développer chez moi des débordements d’énergie. Je n’ai rien lâché tant que je n’étais pas revenu aux avant-postes et ça n’a pas mis longtemps. Je me suis tiré la bourre avec Nico (Bérenger) et j’y ai laissé un spi. J’ai enchaîné 10 à 12 heures de barre complètement trempé… j’ai encore les mains blanches. J’ai mal aux mains à force d’avoir barré parce qu’à ces allures là, ça reste assez physique. » Une joie intériorisée… « C’est comme ça, je suis comme ça. Je me suis tellement bagarré pour revenir dans le match que j’ai tous les nerfs tendus. Tous les ‘cunninghams’ sont encore un peu pris. Et puis avec l’après-midi qu’on a passé à se faire rincer la gueule… moi qui n’aime pas l’eau, ce n’est pas très agréable. Enfin, ce qui me déçoit peut-être le plus, c’est que j’osais encore espérer la claquer cette étape. Vu le positionnement que j’avais avant de ne plus voir mes concurrents, à part Koné Ascenseurs, je croyais pouvoir la gagner!» L’interview du vainqueur de la dernière étape et 2e au général Frédéric Duthil (Distinxion) : « je ne savais pas que j’étais en tête !» Deuxième victoire d’étape dans cette Solitaire 2007 pour Frédéric Duthil ! A peine arrivé au ponton, le skipper de Distinxion a livré ses premières impressions. Etonné, ému et ravi… Fred, elle était dure celle-là, non ? « Enorme. Et ça fait du bien d’arriver car c’était super, super dur. On ne peut pas s’imaginer ce que c’est quand on n’est pas sur le bateau, on prenait sans arrêt des paquets de mer en pleine figure. Les deux dernières heures de course, on n’en pouvait plus, on s’appelait entre tous les concurrents à la VHF pour se dire ’vivement qu’on arrive ‘. On était tous à l’intérieur et sous pilote, plus personne ne voulait barrer tellement on avait notre compte !! » On dirait que tu es surpris ? « Mais une heure avant l’arrivée je ne savais pas que j’étais en tête ! J’étais persuadé que Michel Desjoyeaux était devant, je pensais que j’étais troisième ou quatrième… C’est incroyable d’être là alors que par exemple sous un grain très fort j’ai passé le spi sous le bateau, que j’ai eu un mal fou à le ramener. Je n’y croyais pas quand je me suis annoncé sur la ligne, je pensais vraiment que d’autres s’étaient déjà annoncés. Je suis super content, c’est génial. J’ai passé Gérald (Veniard) dans les 3 ou 4 derniers milles. Je n’ai pas eu le temps de m’habituer à cette joie là, je suis hyper content ! Gagner deux étapes de La Solitaire Afflelou Le Figaro, c’est un rêve… » Vous avez eu des conditions de mer et de vent très musclées… « Quand la dépression est rentrée ce matin, ça a vraiment bastonné. J’ai reçu jusqu’à 47 nœuds, ça commence à causer ! Il a fallu se battre comme des chiens. J’avais dit que c’était une étape de vitesse, sur le papier une étape pour moi, une étape de planchou (véliplanchiste, ndr), mais là c’est inespéré. Et en plus je finis sur le podium du classement général, et ça aussi c’est bon ! » La victoire au général de Michel Desjoyeaux ? « Quand j’ai commencé la voile il avait déjà gagné sa première Solitaire… La qualité des grands champions c’est de savoir se remettre en question. Il sait faire ça, j’espère que j’aurais la même motivation que lui après en avoir fait autant. Michel mérite vraiment sa victoire, il a navigué de manière exemplaire. » La première envie? « Je vais essayer de bien savourer ça avec toute ma famille et mes amis qui sont là. D’autant plus que c’est l’anniversaire de ma copine aujourd’hui… » CEl et BM

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