header
Visuel panoramique
Version anglaise
historique
Image article

09/06/2005 12:29

1995 : Philippe Poupon, premier triple vainqueur

Arcachon – Kinsale - La Rochelle – Gijon - Brest

On les a cherché longtemps, on a scruté la rade de Brest, arpenté le plan d'eau pour trouver finalement loin, très loin, deux bateaux blancs qui glissaient doucement. L'un derrière l'autre, séparés de moins de 500 mètres, les frères ennemis n'arrivaient pas à se départager. Ils avaient autorisé toute la flotte à leur passer sur le corps pour mieux se combattre, n'hésitant pas à se pousser dans les quatre coins du plan d'eau comme des boxeurs dans les cordes et d'y perdre de précieuses minutes. Un coup je te vois, un coup, je ne te vois pas.

En virant Belle-Ile, la veille de l’arrivée de la dernière étape, Philippe Poupon croyait avoir tout perdu; le lendemain matin, c'était au tour de Philippe Vicariot de voir ses espoirs s'effondrer. " Quand le jour s'est levé, il a croisé à 100 mètres de moi alors que je le croyais trois milles derrière. Dur à avaler... " expliquait l’ingénieur brestois. " Nous nous sommes bien bagarrés ", avouait dans un sourire malicieux un " Philou " détendu. Car lui, le prince de la sérénité, a connu le doute : " A Belle-Ile, je ne me sentais pas très fier, puis je suis revenu. " Tout s'est joué en fait au passage du Raz de Sein. Distancé, Fleury Michon revenait dans le tableau arrière de Santé Rhône-Alpes en jouant plus habilement que celui-ci dans les courants. " La guerre des nerfs, ajoutait Poupon. Très psychique. Il faut penser à la victoire sans trop gamberger ". Philippe Poupon, dans cette 26e édition, a construit sa victoire à la régulière, sans jamais tomber dans le piège où sont tombé un à un tous les autres favoris comme Jean Le Cam qui parvient, in extremis, à sauver sa troisième place au général.

La première étape entre Arcachon et Kinsale a laissé des traces, Vicariot éliminant d'emblée nombre de navigateurs. Sauf " Philou ". Il a toujours su ensuite limiter la casse, éviter le faux pas. Il remporte ainsi sa troisième victoire dans La Solitaire, exploit unique en 26 éditions, sans avoir gagné d'étape. Comme il le fit en 1982, année où Damien Savatier avait déjà emporté la dernière étape.

Car le sacre de Philippe Poupon s'achève aussi sur le retrait d'un vieux briscard. " Le Figaro est une course tellement désagréable que cela fait du bien quand ça s'arrête " plaisantait Damien Savatier, le skipper de Concorde Assurances, beau vainqueur de la dernière étape. Une grande figure se retire ; une autre gagne Le Figaro.

A 41 ans, marin référence des années 80, " Philou " a gagné les plus prestigieuses épreuves : Transat anglaise en 1988, Route du Rhum en 1986, La Route de la Découverte 1984, etc... accrochant aussi en 1987 un titre de champion du monde des skippers. Seul le Vendée Globe s'est toujours refusé au marin finistérien, rochelais d'adoption depuis une quinzaine d'années.

Jean Le Cam cédait sans regret sa couronne de vainqueur 1994 à Philippe Poupon. " On se l'est passé et repassé. Mais je reviendrais l'année prochaine. En tous cas, je suis très content de ma place de troisième. J'ai tellement transpiré la dernière nuit pour la conserver que je suis ravi ". Le skipper de Guy Cotten Chattawak a effectué, en effet, une remontée étonnante, passant de la quarantième place à la dix-huitième.

Cette Solitaire aura été pour certains une course à élimination. Plusieurs favoris ont vécu une épreuve en demie teinte, d'autres une déroute. La faute, en partie, à une première étape : Philippe Vicariot relégua nombre de navigateurs à des places qui ne leur sont pas coutumières. Seuls ceux, tels Philippe Poupon ou Jean Le Cam, qui ont réussi à réduire les dégâts sur le skipper de Santé Rhône Alpes, peuvent encore nourrir de légitimes prétentions au classement général. Et pour un Alain Gautier ou un Michel Desjoyeaux qui se paient le luxe de remporter chacun une étape (respectivement à La Rochelle et à Gijon), sauvant ainsi une Solitaire mal partie, nombreux sont ceux qui ruminèrent amèrement leur classement actuel. "La première étape a instauré le désordre, analyse Hervé de Kergariou, deuxième en 94, 18ème cette année après trois étapes. Cette fois il ne suffisait pas d'avoir la vitesse. Il faut surtout ne pas tomber dans un trou de vent et être très régulier. J'imaginais bien avant le départ que le vainqueur puisse s'imposer sans remporter une étape". Philippe Poupon a suivi cette voie.

1. Philippe Poupon. 2. Philippe Vicariot. 3. Jean Le Cam. 4. Franck Cammas. 5. Marc Thiercelin.

multimedia Multimedia

Decouvrez toutes les images et les sons de la course

ok
newsletter

Recevez toutes les informations de la course directement dans votre boite aux lettre

messages

Envoyez directement votre message à un skipper en course