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Frédéric Duthil maillot jaune virtuel, TOUT se joue maintenant !

Enorme suspense sur cette dernière nuit de la 40e Solitaire du Figaro. Le pointage à Fairway of Needles, sur fond de grand beau temps et vent de sud de 10 noeuds, est annonciateur d’une nuit sous haute tension. Car ce qu’on peut calculer après les écarts très faibles en temps constatés au passage de la marque Fairway of Needles, près de l’île de Wight, donne le tournis. Qu’on en juge : si le classement général devait être figé maintenant – en additionnant les temps de passage à la marque et le général après jury à Dingle - ce serait Frédéric Duthil (BBox Bouygues Telecom) qui remporterait cette Solitaire, avec… 4 minutes et 18 secondes d’avance sur Nicolas Lunven (CGPI), 5 minutes et 29 secondes sur Yann Eliès (Generali), 12 minutes et 59 secondes sur Armel Le Cléac’h (Brit Air), 15 minutes et 13 secondes sur Michel Desjoyeaux (Foncia), 18 minutes et 47 secondes sur Charles Caudrelier Benac (Bostik) et 25 minutes et 19 secondes sur Gildas Morvan (Cercle Vert)… On a bien lu. Les trois premiers de ce « général virtuel extrapolé » tiendraient en 5 minutes et sept bateaux en 25 minutes… Or tous sont passés dans les 10 premiers à Fairway of Needles ! Donc tous sont dans le match pour ce final extraordinaire qui garantit un suspense que l’on n’a pas vu depuis des années sur La Solitaire.
Si l’on pousse ce petit calcul – pas si absurde quand on constate qu’après 400 milles de course les 10 premiers sont passés à la marque en 28 minutes – on constate que 13 bateaux tiennent en une heure à ce « classement général » aussi virtuel que provisoire. La liste de ces treize-là est d’ailleurs close par le tenant du titre Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne). Mais ni Jérémie Beyou (Bernard Paoli), ni Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), ni Erwan Tabarly (Athema) et guère plus Nicolas Bérenger (Koné Elevators) ou encore Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires) n’ont dit leur dernier mot…
Absolument TOUT est possible donc dans ces 16 à 20 dernières heures de course sous haute tension, où il n’y aura probablement pas d’arrêt-buffet bien marqué comme on le craignait encore il y a quelques heures, et tout juste un ralentissement probable cette nuit. L’hypothèse météo la plus plausible désormais est que la traversée de la Manche s’effectue via deux virements de bord dont les timings seront absolument déterminants, le vent de sud devant aller mollissant (mais jusqu’à 6 noeuds minimum, ce qui permettra tout de même de progresser), puis partir au sud-est… puis revenir au sud. « Sans compter que sur l’arrivée à Dieppe, on peut très bien avoir du thermique de ouest à nord-ouest », ajoute Sylvain Mondon de Météo France. Pas aussi compliqué que craint au départ, donc, mais pas simplissime non plus !
Pour l’heure, les spis sont tombés et c’est au reaching sous génois que les solitaires progressent à vitesse encore soutenue (environ 8 noeuds), toujours emmenés par Frédéric Duthil, Charles Caudrelier et Michel Desjoyeaux. Tous les trois et leurs dix plus proches rivaux savent que ces dernières heures sont absolument décisives. Tous vont tout donner. Et ce sera forcément magique à Dieppe, quand arriveront les premiers demain mercredi, entre 12h et 15h selon les dernières estimations. A Dieppe, où il y a fort à parier qu’il faudra sortir les calculettes…

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